Nation

Le gouvernement El Mansouri obtient la confiance de la Chambre des représentants

La Chambre des représentants a adopté, jeudi 22 octobre, le programme gouvernemental 2026-2031 présenté par la Cheffe du gouvernement, Fatima-Zahra El Mansouri, avec 204 voix favorables contre 127 voix défavorables. Ce vote est intervenu au terme d'une journée de débats animés entre majorité et opposition, marquée par des échanges sur les engagements sociaux et économiques du nouvel Exécutif, les moyens de leur mise en œuvre et la composition du gouvernement.

Ph : Saouri

22 Octobre 2026 À 19:55

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La nouvelle équipe gouvernementale de Fatima-Zahra El Mansouri a obtenu, jeudi, la confiance de la Chambre des représentants. À l'issue d'une longue journée de débats et d'échanges parfois houleux entre les groupes de la majorité et ceux de l'opposition, 204 députés ont voté en faveur du programme gouvernemental, contre 127 qui s'y sont opposés.

Le scrutin a été précédé d'une séance consacrée à la discussion du programme gouvernemental pour la période 2026-2031, au cours de laquelle les différentes formations politiques ont exposé leurs positions sur les priorités du nouvel Exécutif. La majorité a défendu les orientations présentées par la Cheffe du gouvernement, tout en insistant sur la nécessité de traduire les engagements annoncés en résultats concrets. L'opposition, de son côté, a remis en question plusieurs choix gouvernementaux, notamment les garanties de financement, les objectifs en matière d'emploi et la place accordée à certaines promesses électorales. Avant le vote, Mme El Mansouri a répondu aux interventions des groupes parlementaires, revenant notamment sur les critiques formulées par les partis de l'opposition.

La majorité défend le programme tout en revendiquant son rôle de contrôle

Au nom du groupe Authenticité et Modernité (PAM), Hicham Sabiry a défendu les orientations du programme gouvernemental, tout en rappelant que l'appartenance à la majorité ne dispense pas les parlementaires de leurs responsabilités de contrôle et d'évaluation. « La majorité parlementaire n'est pas une simple figurante du gouvernement », a-t-il affirmé, estimant qu'un Exécutif fort doit pouvoir s'appuyer sur une majorité capable de le soutenir sans renoncer à son indépendance institutionnelle. Il a également appelé à accélérer l'adoption des textes relatifs à la lutte contre l'enrichissement illicite, aux conflits d'intérêts et à la déclaration obligatoire du patrimoine.

Pour le groupe istiqlalien de l'Unité et de l'Égalitarisme, Rahal El Makkaoui a réaffirmé le soutien de son parti au gouvernement, en mettant l'accent sur la protection du pouvoir d'achat, la lutte contre la corruption et l'amélioration des services publics. Il a notamment salué les engagements relatifs à la revalorisation des aides sociales et des pensions, ainsi que les mesures annoncées pour mieux encadrer les marchés et les circuits de distribution.

Le président du groupe istiqlalien a toutefois insisté sur la nécessité de définir des politiques publiques financées, assorties d'objectifs mesurables et susceptibles de produire des effets directs sur les conditions de vie des citoyens.

L'USFP et le PPS expliquent leur entrée dans la majorité

Le passage de l'Union socialiste des forces populaires (USFP) de l'opposition à la majorité a occupé une place importante dans l'intervention de Lahcen Lachgar, président du groupe socialiste. Celui-ci a justifié ce choix par les convergences entre le programme gouvernemental et les priorités de son parti, notamment en matière de lutte contre la corruption, de réforme institutionnelle, de justice sociale et de déconcentration administrative. Il a néanmoins prévenu que le soutien socialiste ne constituerait pas un blanc-seing. Son groupe entend notamment suivre les engagements relatifs à la lutte contre la vie chère, à la réforme des retraites et à l'amélioration des services de santé et d'éducation.

Pour Lahcen Lachgar, le prochain projet de loi de finances constituera un premier test de la capacité du gouvernement à traduire ses annonces en mesures concrètes.

De son côté, Ahmed El Abbadi, président du groupe du Parti du progrès et du socialisme (PPS), a expliqué que la participation de sa formation à la majorité résultait d'un débat interne et des engagements pris par la Cheffe du gouvernement lors des consultations.

Tout en soutenant le programme, il a appelé à des mesures pour rétablir la confiance des jeunes dans les institutions, notamment en œuvrant à la libération des jeunes interpellés dans le cadre du mouvement « Gen Z » et d'autres mobilisations pacifiques.

Le PPS a également insisté sur la nécessité de combattre les situations de rente, les conflits d'intérêts et l'enrichissement illicite, tout en accordant la priorité au pouvoir d'achat, à l'emploi et à la qualité des services publics.

Le RNI vote contre la confiance et critique les choix gouvernementaux

Dans les rangs de l'opposition, Yassine Okacha, président du groupe du Rassemblement national des indépendants (RNI), avait annoncé que sa formation voterait contre l'octroi de la confiance au gouvernement. Il a reproché au programme de reprendre une grande partie des orientations de la précédente législature, malgré la volonté de changement affichée par la nouvelle Cheffe du gouvernement. Le responsable du RNI a également critiqué ce qu'il considère comme un manque de cohérence dans la composition de l'Exécutif et une insuffisance de garanties concernant le financement et la mise en œuvre des engagements.

Sur le plan social, il a notamment relevé l'absence d'objectifs chiffrés concernant la création d'un million d'emplois nets et la réduction du chômage à 7 % à l'horizon 2031, engagements qu'il a attribués au parti conduisant la nouvelle majorité.

Yassine Okacha a également estimé que plusieurs dossiers n'avaient pas reçu l'attention nécessaire, notamment les Marocains résidant à l'étranger, les personnes en situation de handicap, l'économie informelle, la gestion des risques, l'économie du soin et le développement des zones montagneuses.

Tout en revendiquant les acquis économiques de la précédente législature, il a assuré que son parti exercerait une opposition indépendante, fondée sur l'évaluation des politiques publiques et la présentation de propositions alternatives.

Le PJD demande des comptes sur les engagements électoraux

Le groupe Justice et Développement (PJD), par la voix de son président Driss El Azami El Idrissi, a également critiqué le contenu du programme gouvernemental, en s'interrogeant sur le devenir de plusieurs promesses électorales.

Parmi les engagements évoqués figurent la création d'un million d'emplois, la baisse de l'impôt sur le revenu, la revalorisation du soutien social direct et des pensions, ainsi que l'amélioration de la couverture médicale. Le responsable du PJD a particulièrement insisté sur la nécessité de préciser les sources de financement des mesures annoncées et les échéances de leur mise en œuvre. Il a également exprimé des réserves sur la composition du gouvernement et sur la place accordée à certains dossiers, notamment le développement rural et les Marocains du monde.

Sur le terrain de la gouvernance, Driss El Azami a annoncé quatre propositions de loi portant sur les conflits d'intérêts, l'enrichissement illicite, la protection des fonctionnaires dénonçant des faits de corruption et la déclaration obligatoire du patrimoine.

Le PJD a assuré vouloir laisser au gouvernement le temps nécessaire pour engager son action, tout en exerçant une opposition ferme et en soumettant ses propres propositions.

Pouvoir d'achat, corruption et emploi au cœur des échanges

Malgré leurs divergences, les différents groupes parlementaires se sont retrouvés sur plusieurs préoccupations. La lutte contre la corruption et les conflits d'intérêts a notamment été évoquée aussi bien par les formations de la majorité que par celles de l'opposition.

La question du pouvoir d'achat a également occupé une place centrale dans les débats. Plusieurs intervenants ont insisté sur la nécessité de lutter contre la spéculation, d'améliorer les circuits de distribution et de veiller à ce que les aides publiques bénéficient effectivement aux ménages.

En matière d'emploi, les parlementaires ont souligné l'importance de dépasser les seuls dispositifs de formation et d'insertion pour favoriser la création de postes durables, particulièrement au profit des jeunes.

Les réformes de la santé, de l'éducation et des retraites, ainsi que la réduction des disparités territoriales, ont également figuré parmi les principaux sujets abordés. Les questions de souveraineté nationale, notamment le Sahara marocain, ainsi que Sebta et Melilia et la cause palestinienne, ont aussi été évoquées au cours des interventions.
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