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Marche verte : 51 ans après, le Sahara marocain à l’heure d’une nouvelle ère politique et de développement

De l’épopée historique du 6 novembre 1975 aux évolutions politiques et diplomatiques d’octobre 2026, les provinces du Sud connaissent une nouvelle étape de leur trajectoire. Portée par la vision royale, cette dynamique conjugue investissements structurants, modernisation des infrastructures, diversification économique et ouverture sur l’Afrique. À travers les grands projets engagés et les nouvelles orientations de développement, le Sahara marocain affirme progressivement sa vocation de pôle économique et stratégique, avec un enjeu central : traduire ces avancées en emplois, en opportunités et en progrès durable pour les populations locales.

06 Novembre 2026 À 09:37

Le 6 novembre 1975 demeure une date majeure dans l’histoire contemporaine du Maroc. La Marche verte, événement fondateur mobilisant 350 000 volontaires marocains dans un élan pacifique, a marqué un tournant dans l’histoire nationale et profondément inscrit la question du Sahara dans la conscience collective. Au-delà de sa portée historique, elle incarne un symbole de mobilisation populaire, d’attachement à l’intégrité territoriale et d’unité nationale. Cinquante et un ans après cet événement, cet héritage s’inscrit dans une nouvelle séquence, où les provinces du Sud occupent une place centrale dans les ambitions économiques, diplomatiques et géostratégiques du Royaume.

La Marche verte ne renvoie plus uniquement à un moment historique. Elle constitue également un point de référence pour comprendre les transformations engagées dans les provinces du Sud et les ambitions qui accompagnent leur développement. Sous l’impulsion de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, la stratégie nationale a progressivement associé la défense de l’intégrité territoriale à une politique de développement économique, de modernisation des infrastructures et de renforcement de l’ancrage africain du Maroc. La concrétisation de cette vision Royale remonte notamment au lancement, en 2015, du nouveau modèle de développement des provinces du Sud. Porté par des investissements structurants, ce programme a vu son enveloppe globale passer de 77 à 85 milliards de dirhams, traduisant l’ampleur des ambitions du Royaume pour ces territoires. Cette approche repose sur une conviction fondamentale : la consolidation de l’unité nationale passe également par la valorisation des territoires, le renforcement de leur compétitivité et l’amélioration des conditions de vie de leurs populations.

Des territoires en mutation, une nouvelle dynamique économique

Autrefois caractérisées par une économie peu diversifiée, les provinces du Sud connaissent aujourd’hui une transformation économique marquée. En 2024, la croissance a atteint 7,6% à Laâyoune-Sakia El Hamra, 7% à Dakhla-Oued Eddahab et 4,6% à Guelmim-Oued Noun, contre 4,4% au niveau national. Cette dynamique repose sur le développement du BTP, de la pêche, des industries de transformation, des énergies renouvelables et du tourisme.

La diversification progressive du tissu productif traduit ainsi l’émergence de nouveaux pôles économiques et renforce l’attractivité des territoires. L’enjeu est désormais de consolider cette dynamique pour accroître la valeur ajoutée locale et favoriser la création d’emplois durables.

Les grands chantiers : renforcer la connectivité et l’attractivité des provinces du Sud

La transformation des provinces du Sud repose sur la réalisation d’infrastructures structurantes destinées à améliorer leur connectivité et à renforcer leur attractivité économique. La voie express Tiznit-Dakhla, longue de 1 055 kilomètres, constitue un axe majeur de continuité territoriale, tandis que le futur viaduc de l’oued Sakia El Hamra à Laâyoune complète la modernisation du réseau routier. À Dakhla, le futur port Atlantique, mobilisant un investissement de plus de 15 milliards de dirhams, ambitionne de devenir une plateforme portuaire, industrielle et logistique intégrée. Ces projets, complétés par des zones d’activités et des plateformes logistiques, doivent faciliter les échanges commerciaux, attirer les investisseurs et favoriser l’émergence de nouveaux pôles de production et de distribution.

PLF 2027 : de nouveaux investissements pour accélérer la transformation régionale

Dans le cadre du PLF 2027, les trois régions du Sud bénéficient de près de 1,7 milliard de dirhams de nouveaux investissements destinés à renforcer la connectivité, l’enseignement supérieur et les infrastructures économiques. Guelmim-Oued Noun mobilise 551,44 millions de dirhams, notamment pour la construction de deux établissements universitaires et l’amélioration du réseau routier. À Laâyoune-Sakia El Hamra, 400,49 millions de dirhams sont consacrés notamment à l’extension de la zone industrielle et à la création de l’École nationale des technologies avancées. Dakhla-Oued Eddahab concentre la plus importante enveloppe, avec 748,37 millions de dirhams, destinés principalement à la connexion du port Dakhla Atlantique au réseau routier, à l’aménagement de sa zone industrielle et logistique et au développement de la formation supérieure. Ces investissements traduisent une approche intégrée du développement territorial, associant infrastructures, formation et activités productives. L’objectif est de renforcer l’attractivité des régions, de rapprocher les compétences des besoins économiques et de favoriser la création d’emplois et de valeur ajoutée locale.

Énergie, pêche et industrie : les moteurs de la diversification

Les provinces du Sud disposent aujourd’hui de plusieurs leviers pour renforcer leur tissu productif et diversifier leur économie. Les énergies renouvelables, notamment éoliennes et solaires, ouvrent de nouvelles perspectives industrielles, en particulier dans le domaine de l’hydrogène vert, avec sept projets sélectionnés dans le cadre de l’Offre Maroc. Parallèlement, la pêche demeure une spécialisation majeure, avec des opportunités importantes dans la transformation, la conservation et le conditionnement des produits de la mer. L’aquaculture, la valorisation des phosphates et les projets de dessalement complètent cette dynamique. L’enjeu est désormais de développer des chaînes de valeur intégrées, capables de stimuler l’investissement privé, de créer des emplois qualifiés et d’accroître la valeur ajoutée locale.

Le développement humain, véritable mesure de la transformation

Malgré les investissements engagés, l’amélioration des conditions de vie et l’accès à l’emploi restent des défis majeurs dans les provinces du Sud. En 2025, le taux de chômage y atteignait 22,8%, contre 13% au niveau national, soulignant la nécessité d’accompagner les grands projets économiques par des politiques de formation et d’insertion professionnelle. Les nouveaux établissements universitaires prévus dans le cadre du PLF 2027 à Guelmim, Laâyoune et Dakhla constituent, à cet égard, un levier pour développer les compétences locales et répondre aux besoins des secteurs émergents. L’enjeu est désormais de mieux articuler investissements, formation et emploi, afin que les populations locales bénéficient directement des retombées du développement régional. La réussite de cette transformation se mesurera ainsi autant à la réalisation des infrastructures qu’à leur capacité à générer durablement de la richesse, des emplois et des opportunités pour les générations futures.

Une nouvelle séquence diplomatique et institutionnelle

La transformation des provinces du Sud s’inscrit également dans un contexte diplomatique marqué par l’évolution du dossier du Sahara marocain. La diplomatie du Royaume a progressivement placé l’initiative marocaine d’autonomie au centre de sa démarche de règlement politique. La résolution 2797 du Conseil de sécurité, adoptée le 31 octobre 2025, constitue une étape importante dans cette évolution en retenant la proposition marocaine d’autonomie comme base des négociations. Cette orientation s’inscrit dans une dynamique internationale de soutien croissant à cette initiative, défendue par le Maroc comme cadre d’une solution politique durable sous sa souveraineté. Les développements institutionnels intervenus en octobre 2026 autour du mandat de la MINURSO ont également ouvert une nouvelle séquence dans le processus diplomatique. Ils témoignent de l’évolution des paramètres du dossier, sans pour autant signifier que l’ensemble des divergences et des obstacles au règlement définitif ont disparu. Pour le Royaume, l’enjeu consiste désormais à transformer les acquis diplomatiques en perspectives concrètes de règlement politique, tout en maintenant son attachement au cessez-le-feu et à une solution négociée. Cette démarche s’inscrit dans la continuité d’une stratégie associant diplomatie, développement territorial et consolidation des partenariats internationaux.

Le Sahara marocain, une plateforme stratégique pour l’Afrique

Grâce à sa position géographique et à son ouverture sur l’Atlantique, le Sahara marocain constitue un espace stratégique pour renforcer les échanges entre le Royaume, l’Afrique de l’Ouest et les pays du Sahel. La voie express Tiznit-Dakhla et le futur port Dakhla Atlantique sont appelés à former un corridor logistique intégré, facilitant la circulation des marchandises et l’accès aux marchés africains et internationaux. La réalisation de la route reliant le port à la ville de Dakhla, ainsi que le développement de sa future zone industrielle et logistique, viennent renforcer cette ambition. Il ne s’agit plus seulement de construire un équipement portuaire, mais de mettre en place un véritable écosystème économique associant transport, stockage, transformation industrielle et distribution. Cette dynamique s’inscrit dans la vision royale de coopération Sud-Sud, fondée sur le partage des infrastructures, des compétences et des expériences de développement. Au-delà des échanges commerciaux, l’ambition est de faire des provinces du Sud un véritable espace d’intégration économique, de partenariat et de développement à l’échelle continentale.
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