Le Communiqué conjoint entre le ministre des Affaires étrangères, de la coopération africaine et des Marocains résidant à l’étranger,
Nasser Bourita, et la haute représentante de l’
UE pour les Affaires étrangères et la politique de sécurité,
Kaja Kallas, a ainsi souligné le caractère «stratégique, ancien, riche, multidimensionnel et privilégié» de ces relations.
Le Communiqué conjoint a, en outre, réitéré l’engagement ferme des deux parties à consolider ce partenariat «d’égal à égal», en capitalisant sur les acquis du «Statut avancé» et du «Partenariat de prospérité partagée» et à l’élever vers de nouvelles ambitions. Il a salué, dans ce sens, le bilan très positif établi dans le
Conseil d’association, concernant les avancées réalisées dans les quatre piliers de la coopération identifiés par les deux parties lors de la session précédente. Le Communiqué conjoint a ainsi salué les progrès substantiels enregistrés dans «les quatre espaces structurants : (i) Espace de convergence des valeurs, (ii) Espace de convergence économique et de cohésion sociale, (iii) Espace de connaissances partagées et (iv) Espace de concertation politique et de coopération accrue en matière de
sécurité». Ces réalisations sont présentées comme le témoignage de «la vitalité et de la résilience de notre partenariat et de notre capacité commune à relever les défis de notre temps», note-t-on.
Par ailleurs, se félicitant de «la solidité de notre partenariat», qui est «également illustrée par l’ampleur et la diversité de notre coopération dans tous les domaines», le Communiqué conjoint rappelle que le «
Maroc demeure le principal bénéficiaire des financements de l’
Union européenne en
Afrique du Nord, complétés par des investissements structurants soutenus par la
Banque européenne d’investissement». Ainsi, outre le «montant approximatif annuel de 270 millions d'euros pendant la période 2021-2024» – soit 1,11 milliard d’euros sur 4 ans mentionné par le Communiqué conjoint – le Maroc bénéficie d’un accompagnement financier en investissement de près de 2,8 milliards d’euros, pour la même période, soit un total cumulé de 4 milliards d’euros en 4 ans.
En outre, M. Bourita et Mme Kallas ont souligné l’importance cruciale du partenariat entre le Maroc et l’UE pour apporter des réponses concertées aux enjeux régionaux et mondiaux, réitérant leur volonté d’approfondir leur coopération dans les enceintes internationales pour promouvoir des paix justes et durables. S’agissant du
Proche-Orient, le Communiqué conjoint a réitéré le soutien au travail du «
Comité Al-Qods, présidé par
Sa Majesté le Roi Mohammed VI, en faveur d’une paix et d’une stabilité durables au Proche-Orient».
Enfin, les deux parties se sont engagées à approfondir leur dialogue politique par la tenue annuelle d’un dialogue de haut niveau entre le ministre marocain des Affaires étrangères et la haute représentante de l’UE. Elles sont convenues d’approfondir leur futur partenariat stratégique dans tous les domaines prioritaires, notamment la sécurité, l’industrie, le numérique et les investissements stratégiques.
Le Communiqué conjoint sanctionne les travaux de la 15e session du
Conseil d’association Maroc-UE, tenu ce jeudi à
Bruxelles sous la présidence conjointe de M. Bourita et de Mme Kallas. Les travaux du Conseil d’association ont été également marqués par la participation de la commissaire pour la Méditerranée,
Dubravka Šuica, et de plusieurs ministres des Affaires étrangères européens, notamment de l’
Espagne, des
Pays-Bas, de la
Slovaquie, de l’
Estonie, de la
République tchèque et de
Malte, ainsi que des hauts représentants de l’ensemble des États membres de l’UE.
Nasser Bourita : le Maroc fermement déterminé à avancer main dans la main avec l’UE pour un partenariat plus profond, plus stratégique et plus résilient
Le Maroc est fermement déterminé à avancer main dans la main avec l’Union européenne (UE), avec pour objectif l’établissement d’un partenariat plus profond, plus stratégique et plus résilient, a souligné le ministre des Affaires étrangères, de la coopération africaine et des Marocains résidant à l’étranger, Nasser Bourita. Il s’agit d’«un partenariat qui sert nos peuples, garantit notre prospérité commune et ancre la stabilité dans notre espace partagé», a précisé M. Bourita dans une allocution à l’occasion de la tenue, jeudi à Bruxelles, de la 15e session du Conseil d’association Maroc-UE. Dans ce sens, M. Bourita a affirmé que «le Maroc, porté par la constance de son engagement et la Vision de son Roi, apporte à l’Union européenne non seulement des attentes, mais une offre stratégique concrète : stabilité, complémentarité, compétitivité, croissance, connectivité et un pont vers le sud de la Méditerranée et l’Afrique», notant que le Maroc et l’UE, forts de plus d’un demi-siècle de coopération, de partenariat, de co-construction bilatérale et régionale et d’acquis exceptionnels étaient désormais appelés à franchir, ensemble, un nouveau seuil de relations. Il a ainsi assuré que cette 15e session du Conseil d’association était l’occasion d’exprimer cette ambition et de réaffirmer l’engagement du Royaume à y parvenir avec la même force et la même conviction qui ont toujours animé ce partenariat stratégique multidimensionnel, unique en son genre, conformément à la Vision de S.M. le Roi Mohammed VI qui tend à «hisser notre relation au rang d’un partenariat davantage approfondi, ancré stratégiquement et qui transcende la simple logique de voisinage pour devenir une alliance de destin partagé».
Le ministre a, à cette occasion, dressé le bilan des six années écoulées depuis le Conseil d’association de juin 2019, le qualifiant de «positif dans l’ensemble» avec notamment des «avancées substantielles» réalisées dans les quatre espaces de coopération définis ensemble, à savoir l’espace de convergence des valeurs, celui de convergence économique et de cohésion sociale, celui de connaissances partagées, et celui de concertation politique et de coopération accrue en matière de sécurité. «Ce bilan globalement positif n’occulte pas les défis qui subsistent», a affirmé M. Bourita, faisant observer que la relation entre partenaires stratégiques doit reposer sur la prévisibilité et le dialogue préalable.
Et d’ajouter que si le Maroc a toujours répondu avec engagement et volontarisme aux initiatives européennes (Processus de Barcelone, PEV, Pacte vert, Pacte pour la Méditerranée...), il l’a fait par conviction de l’intérêt partagé, mais aussi par loyauté au Partenariat qui est, depuis 50 ans, un axe majeur de sa politique extérieure. Dans ce cadre, le ministre a noté que «les mutations de la géopolitique, autant que l’intimité que nous avons tissée avec l’Europe, ont achevé de transformer le Maroc en un prolongement naturel et indispensable de l’espace géopolitique et économique européen».
M. Bourita a, en outre, soutenu que «l’élévation du Partenariat impliquerait bien sûr des impératifs, que nous mesurons et auxquels nous sommes prêts : en termes de convergence normative et réglementaire ; en termes de mécanismes de concertation préalable, permanente et de haut niveau ; en termes d’investissements conjoints dans les secteurs d’avenir». Mais à la source de toute évolution qualitative du partenariat, a-t-il poursuivi, il y a un changement de paradigme qu’il est temps de trancher, appelant à passer de la logique du «voisin» vers une logique d’allié, et d’une approche par «programmes et projets» vers des axes stratégiques structurants.
M. Bourita, qui a indiqué que le travail en cours pour l’élaboration d’un Partenariat stratégique approfondi était «notre opportunité pour tracer notre voie pour la prochaine décennie», a estimé que l’édification d’un partenariat exemplaire entre l’UE et le Maroc ne pouvait se concevoir sans reconnaissance mutuelle ni sans responsabilité partagée. «Si nous aspirons à un partenariat réellement équilibré, qui tienne dûment compte des spécificités de cette relation unique et des liens d’interdépendance que nous avons capitalisés, il est essentiel que le Maroc soit pleinement intégré – à l'image de ce qui se pratique pour certains pays en préadhésion – dans les processus décisionnels des domaines qui le concernent directement, qu’il s'agisse de l’environnement, du commerce, des réseaux portuaires ou des normes techniques», a déclaré le ministre.
Cette consultation en amont n'est pas une simple formalité : elle est le ciment de la confiance et le gage d'une adhésion durable, a dit M. Bourita, ajoutant qu’il était impératif de mobiliser «l’ensemble des forces vives de nos sociétés» pour que le Partenariat ne soit pas un vœu pieux entre diplomates. Cet ancrage «dans le réel» est vital pour éviter de construire un Partenariat purement technocratique et pour garantir qu’il réponde véritablement aux attentes des populations, a-t-il dit.
Dans cette perspective dynamique, la Coupe du monde de football 2030, que le Maroc aura l’honneur et la fierté de co-organiser avec l’Espagne et le Portugal, représente une opportunité historique et unique d'accélération opérationnelle du Partenariat, a-t-il précisé, ajoutant que «cet événement fédérateur peut – et doit – nous arrimer physiquement : modernisation accélérée des transports et de la logistique, numérisation des services, développement d’infrastructures durables, renforcement des dispositifs sécuritaires, promotion d’un tourisme responsable et intégrateur». «Nous proposons de faire de l’échéance 2030 un accélérateur du partenariat, démontrant sa pertinence et sa valeur ajoutée», a conclu M. Bourita.
Kaja Kallas : l'UE veut renforcer le partenariat avec le Maroc face aux défis communs
La haute représentante de l’Union européenne pour les Affaires étrangères et la politique de sécurité, Kaja Kallas, a fait part, jeudi à Bruxelles, de la volonté de l’UE de renforcer le partenariat avec le Maroc face aux défis régionaux et internationaux communs. La vice-présidente de la Commission européenne a fait cette déclaration à la presse peu avant le début des travaux de la 15e session du Conseil d’association Maroc-UE. Cette réunion vise avant tout à «faire davantage ensemble», a affirmé Mme Kallas, soulignant notamment la coopération dans le domaine migratoire et sécuritaire ainsi que le rôle très important que le Maroc avait joué au sein du Conseil des droits de l’Homme de l’ONU. La cheffe de la diplomatie européenne a indiqué que les discussions porteraient sur plusieurs dossiers internationaux, notamment la situation en Ukraine, au Proche-Orient et au Sahel. Mme Kallas a souligné à cet égard l’importance du renforcement du dialogue et de la coopération au niveau international, tout en mettant en avant «l’expérience unique du Maroc dans la lutte contre le terrorisme et la radicalisation».
Gaza constitue, selon elle, «une priorité», remerciant à ce propos le Maroc pour avoir accueilli une réunion de l’Alliance globale, le «forum international le plus fort» en faveur de la solution à deux États. Elle a enfin annoncé que l’Union européenne a adopté une position commune nouvelle concernant la question du Sahara marocain, dans la suite de la résolution du Conseil de sécurité. «Le Maroc est déjà un partenaire important pour l’Union européenne. Après 30 ans d’accord d’association, il est temps de faire beaucoup plus ensemble», a-t-elle conclu.
José Manuel Albares : le Maroc, «allié indispensable» de l'Espagne et de l’UE
Le Maroc est un pays partenaire, voisin et ami de l’Espagne et de l’Union européenne, mais surtout un «allié indispensable» pour faire face aux défis communs, a affirmé, jeudi à Bruxelles, le ministre espagnol des Affaires étrangères, José Manuel Albares. Dans une déclaration à la presse à l'issue de la 15ᵉ session du Conseil d’association Maroc-UE, le chef de la diplomatie espagnole a souligné que cette réunion constituait un moment fort des relations euro-marocaines en ce sens qu’elle permettait de renforcer la coopération dans l’ensemble des domaines et de placer le Maroc au cœur des relations stratégiques de l’UE. «Il est impensable d’envisager de relever les défis et de bâtir l’avenir commun de l’Union européenne sans entretenir des relations stratégiques et de premier plan avec le Maroc», a-t-il insisté. M. Albares a ajouté que cette session avait permis à l’ensemble des États membres de l’UE de prendre pleinement conscience de l’importance du Maroc pour la stabilité et le développement de la région, ainsi que pour l’Union européenne dans son ensemble, en tant que pays ami, voisin, partenaire et allié. «Nous avons œuvré pour que cette réunion soit un succès et nous continuerons, sans aucun doute, à travailler afin de renforcer davantage nos relations avec le Maroc», a-t-il conclu.
Pour sa part, le vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères et du tourisme de Malte, Ian Borg, a qualifié le Maroc de «partenaire indispensable, fiable et très important» pour l’UE dans le cadre de son partenariat avec le voisinage sud. «Cette réunion n’est pas une simple nouvelle session du Conseil d’association Maroc-UE ou célébration de 30 ans de coopération entre les deux parties, mais également une occasion pour nous projeter vers l’avenir et de renforcer l’accord d’association UE-Maroc», a-t-il fait savoir. M. Borg a relevé que les discussions lors de ce Conseil d’association avaient porté sur l’adaptation et le renforcement du partenariat bilatéral à la lumière des défis géopolitiques actuels, mais aussi des opportunités communes.
Dubravka Suica : un partenariat solide au service de la stabilité et de la coopération en Méditerranée
Un partenariat solide entre l'Union européenne et le Maroc est essentiel pour la stabilité régionale, les opportunités économiques et la coopération en Méditerranée, a affirmé, jeudi, la commissaire européenne chargée de la Méditerranée, Dubravka Suica. «Notre partenariat est plus solide que jamais», a souligné la commissaire européenne dans un message publié sur le réseau social X, à l’issue de la tenue à Bruxelles de la 15e session du Conseil d’association UE-Maroc. Les relations liant le Maroc et l’UE sont «uniques» et «reposent sur des ambitions communes, des intérêts partagés et une confiance mutuelle», a-t-elle ajouté. Mme Suica a fait observer que l’UE était prête à lancer des discussions avec le Maroc en vue d’un «partenariat stratégique et global», destiné à porter la coopération bilatérale «à un niveau supérieur». «Alors que nous célébrons les 30 ans de l’Accord d’association UE-Maroc, nous réaffirmons l’importance du Maroc comme un partenaire clé et stratégique pour l’UE», a-t-elle soutenu.