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Éducation : les inspecteurs de l’orientation et de la planification annoncent trois grèves

Le climat social se tend de nouveau dans le secteur de l’Éducation nationale. Les inspecteurs de l’orientation et de la planification pédagogique annoncent une nouvelle série de grèves et de sit-in, qui culminera par une marche vers le Parlement le 1er décembre. À l’origine de cette escalade, des revendications professionnelles et statutaires restées, selon les syndicats, sans réponse satisfaisante. Au-delà des questions administratives et financières, ce bras de fer soulève celle de la place accordée à ces deux catégories d’inspecteurs dans le fonctionnement du système éducatif.

19 Octobre 2026 À 18:05

Un nouveau front de contestation s’ouvre dans l’Éducation nationale, alors que le secteur reste confronté aux défis de la mise en œuvre des réformes pédagogiques et de l’amélioration de la gouvernance scolaire. Cette fois, la mobilisation émane des inspecteurs de l’orientation et de la planification pédagogique, qui dénoncent la persistance de dysfonctionnements dans la gestion de leur situation professionnelle et l’exercice de leurs missions.

Réunis au sein d’une coordination regroupant cinq organisations syndicales, à savoir le Syndicat national de l’enseignement affilié à l’Union marocaine du travail (UMT), le Syndicat national de l’enseignement relevant de la Confédération démocratique du travail (CDT), la Fédération libre de l’enseignement affiliée à l’Union générale des travailleurs du Maroc (UGTM), la Fédération nationale de l’enseignement (FNE) et le Syndicat national de l’enseignement affilié à la Fédération démocratique du travail (FDT), les inspecteurs ont décidé de franchir une nouvelle étape dans leur mouvement de protestation. À l’issue d’une réunion tenue le 12 octobre, ils ont annoncé le lancement de la deuxième phase de leur programme de mobilisation, estimant que les démarches entreprises depuis juillet n’avaient pas permis de débloquer leur dossier revendicatif.

Trois grèves nationales et une marche vers le Parlement

Le calendrier annoncé traduit une volonté de faire progressivement monter la pression sur le ministère de tutelle. Une première grève nationale est prévue le 28 octobre, accompagnée de rassemblements et de sit-in devant les directions provinciales de l’Éducation nationale, de 11 heures à 15 heures. Une deuxième journée de grève suivra le 11 novembre, avec des sit-in devant les Académies régionales d’éducation et de formation. Le mouvement devrait atteindre son point culminant le 1er décembre, avec une troisième grève nationale, un rassemblement devant le siège du ministère, puis une marche vers le Parlement. Par cette mobilisation commune, les cinq organisations syndicales entendent donner une dimension nationale à un conflit qui dépasse désormais les seules revendications individuelles.

Les missions des inspecteurs au cœur du désaccord Derrière cette escalade se profile un différend sur la définition et l’exercice des attributions professionnelles. Les syndicats reprochent à certaines directions provinciales d’imposer aux inspecteurs des affectations dans des bureaux administratifs ou des secteurs scolaires qu’ils jugent incompatibles avec les missions prévues par leur statut. Ils invoquent notamment les articles 5 et 28 du statut particulier des fonctionnaires du ministère chargé de l’Éducation nationale pour contester ces décisions. La coordination rejette également les tâches confiées dans le cadre des cellules de veille, des activités parascolaires ou des établissements pionniers, lorsqu’elles ne relèvent pas, selon elle, des attributions statutaires des inspecteurs. Le désaccord porte ainsi sur une question plus fondamentale : celle de la reconnaissance de la fonction d’inspection dans les domaines de l’orientation et de la planification. Pour les représentants syndicaux, la clarification des responsabilités constitue une condition indispensable à l’exercice effectif de leurs missions.

Des dossiers administratifs et financiers toujours en suspens

À ces divergences s’ajoutent plusieurs revendications liées à la carrière. La coordination réclame l’achèvement des procédures d’intégration dans le cadre des inspecteurs, la régularisation des situations administratives et financières encore en attente ainsi que le règlement du dossier des promotions au grade exceptionnel au titre de 2025. Les syndicats demandent également que l’attribution des zones d’inspection s’effectue dans le cadre du mouvement de mutation, conformément aux dispositions applicables. Ces revendications ne sont pas nouvelles. En septembre, la coordination avait déjà organisé des grèves et des sit-in pour dénoncer l’absence d’avancées. La reconduction du mouvement traduit donc une crise qui s’installe dans la durée, faute de compromis entre les parties.

Un dialogue social à l’épreuve La montée des tensions intervient dans une période sensible pour le système éducatif. Les inspecteurs de l’orientation et de la planification interviennent dans des domaines essentiels à l’organisation de l’offre scolaire, à l’accompagnement des parcours des élèves et à la préparation des décisions éducatives. La persistance du conflit risque ainsi de compliquer certaines missions d’accompagnement et de planification, même si son impact effectif sur le fonctionnement des services reste à évaluer. Face à cette situation, les syndicats appellent le ministère à ouvrir un dialogue qu’ils souhaitent sérieux et susceptible de déboucher sur des engagements concrets. Ils dénoncent également des pressions exercées, selon eux, par certains responsables territoriaux sur les inspecteurs mobilisés.

Une issue encore incertaine

En programmant trois journées de grève jusqu’au début décembre, la coordination syndicale entend inscrire son action dans la durée tout en laissant la possibilité d’une sortie négociée. L’enjeu dépasse désormais le règlement de dossiers individuels : il concerne également la cohérence entre les missions réglementaires des inspecteurs et les pratiques administratives sur le terrain. La réponse du ministère sera déterminante pour l’évolution du mouvement. À défaut d’avancées tangibles, ce nouveau foyer de contestation pourrait accentuer les tensions sociales dans un secteur où la réussite des réformes dépend aussi de l’adhésion des personnels chargés de leur mise en œuvre.
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