S.Ba.
01 Mai 2026
À 18:03
La Journée internationale des travailleurs a donné lieu, vendredi 1er mai 2026, à une série de marches, rassemblements et meetings organisés dans plusieurs villes du Royaume. À
Casablanca, Rabat, Tanger, Fès, Meknès, Agadir ou encore Dakhla, les principales centrales syndicales ont saisi ce rendez-vous annuel pour remettre au centre du débat social les préoccupations de la classe ouvrière, dans un contexte marqué par la cherté de la vie, les effets de l’inflation et les tensions persistantes sur le pouvoir d’achat.
À Casablanca, les cortèges ont sillonné les grandes artères de la capitale économique. Les revendications ont porté d’abord sur l’augmentation des salaires dans les secteurs public et privé, mais aussi sur la revalorisation des pensions de retraite et leur indexation sur l’évolution du coût de la vie. Pour les syndicats, cette mesure est nécessaire pour garantir aux retraités une protection sociale et sanitaire effective, ainsi qu’une vie décente.
L’Union marocaine du travail, la
Confédération démocratique du travail, l’
Union générale des travailleurs du Maroc, l’
Union nationale du travail au Maroc et la
Fédération démocratique du travail ont également insisté sur la nécessité de préserver les libertés syndicales, de faire respecter le Code du travail et de consolider les acquis démocratiques et sociaux.
La CDT, réunie à Casablanca, a appelé à une augmentation générale des salaires, des indemnités et des pensions, ainsi qu’à la poursuite des dialogues sectoriels. Son secrétaire général, Khalid Alami Houir, a estimé que la conjoncture actuelle exige une mobilisation collective pour préserver les acquis et répondre aux revendications sociales, rappelant les avancées obtenues en 2023 et 2024, notamment en matière de salaires, de révision de l’impôt sur le revenu et de réduction du temps de travail des agents de sécurité privée de 12 à 8 heures.
L’UGTM a, de son côté, réaffirmé son attachement au dialogue social tout en appelant le gouvernement à honorer les engagements issus des accords sociaux de 2022 et 2024. Son secrétaire général, Youssef Allakouch, a plaidé pour la préservation du pouvoir d’achat face à la hausse des prix, aux pratiques spéculatives et aux déséquilibres du marché. Présent à ce meeting, Nizar Baraka a mis en avant la revalorisation du salaire minimum, l’exonération de l’impôt sur le revenu pour les salaires ne dépassant pas 6.000 dirhams, ainsi que les efforts destinés à soutenir la classe moyenne.
L’UMT a également fait de la défense du pouvoir d’achat son principal mot d’ordre. Son secrétaire général, Miloudi Moukharik, a appelé à une hausse générale des salaires, des allocations familiales et des pensions de retraite. Il a aussi plaidé pour la poursuite de la réduction de l’impôt sur le revenu, l’augmentation des allocations familiales, ainsi que la réduction partielle ou totale de la TVA et de la taxe intérieure de consommation, afin d’alléger la pression sur les ménages.
À Rabat, les centrales syndicales ont appelé à l’amélioration des revenus, à la lutte contre le chômage, à la protection sociale effective et à une révision des priorités des politiques publiques. L’UMT y a défendu l’idée d’un salaire équitable, de services publics de qualité et d’une justice fiscale. La CDT a appelé à un « nouveau pacte social » plaçant le citoyen au cœur des politiques publiques, tandis que l’ODT a plaidé pour l’institutionnalisation du dialogue social à travers la création d’un Conseil supérieur du dialogue social et de l’emploi. L’UGTM a, pour sa part, insisté sur le renforcement de l’inspection du travail, notamment dans le secteur privé, en matière de santé et de sécurité au travail.
À Tanger, où la FDT a choisi de tenir son étape centrale, les revendications ont pris une dimension régionale forte. Dans une région considérée comme le deuxième pôle industriel du Royaume, les syndicats ont appelé à la création d’emplois décents, à la réforme du système de santé, à davantage d’attention au secteur de l’éducation et à la mise en œuvre effective de la régionalisation avancée. Une attention particulière a été portée aux travailleurs appelés à intégrer les sociétés régionales multiservices, avec une demande claire : préserver leurs acquis.
Dans la région Fès-Meknès, les marches et rassemblements organisés à Fès, Meknès et dans d’autres localités ont porté sur la revalorisation des salaires, l’amélioration du pouvoir d’achat, le renforcement des droits sociaux et la promotion d’un dialogue social plus efficace. Les syndicats ont également insisté sur la justice sociale, l’équité et l’amélioration des conditions de travail.
À Agadir, les défilés ont mis l’accent sur les secteurs sociaux jugés prioritaires, notamment la santé, l’emploi et l’enseignement. Les participants ont appelé à protéger les acquis, améliorer la qualité des services publics, renforcer la protection sociale et poursuivre les réformes destinées à préserver le pouvoir d’achat face à la cherté de la vie.
À Dakhla-Oued Eddahab, les revendications ont été liées à la dynamique de développement régional. Les syndicats ont appelé à une meilleure intégration de la main-d’œuvre locale et à la création d’emplois stables dans la pêche, l’agriculture, le tourisme et les services. Ils ont également plaidé pour l’amélioration des conditions de travail, le renforcement de la protection sociale et une répartition plus équitable des richesses produites dans la région.
La situation des femmes travailleuses a également été mise en avant, notamment à Dakhla, où les responsables syndicaux ont appelé à lutter contre les discriminations, à promouvoir l’égalité des chances et à améliorer les conditions de travail des femmes, considérant leurs droits comme une composante essentielle des revendications de la classe ouvrière.
Au-delà des revendications sociales, les centrales syndicales ont réaffirmé leur attachement aux constantes nationales, en particulier l’intégrité territoriale du Royaume et la défense du Sahara marocain. Elles ont également exprimé leur solidarité avec le peuple palestinien et son droit à établir un État indépendant avec Al Qods pour capitale.
Ce 1er Mai 2026 aura ainsi confirmé la convergence des revendications syndicales autour de quelques priorités : revenus, retraites, pouvoir d’achat, libertés syndicales, dialogue social, qualité des services publics et justice sociale.