Agadir : les finances de la commune se portent bien, près de 1 milliard de dirhams d'investissement en 2025
C'est dans les locaux de la Commune que les élus d'Agadir se sont réunis, la semaine dernière, pour une session de février particulièrement dense. Trois séances, un ordre du jour chargé et, au cœur des débats, la validation d'indicateurs financiers qui placent la commune sur une trajectoire inédite. L'excédent global de fonctionnement atteint 402 millions de dirhams pour l'exercice 2025, confirmant une dynamique engagée depuis le début du mandat actuel.
Brahim Mokhliss
16 Février 2026
À 16:31
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Des recettes en bond de 60% en trois ans
Les chiffres sont parlants. Entre 2022 et 2025, les recettes communales sont passées d'environ 500 millions à plus de 800 millions de dirhams. Cette progression de près de 60% a permis de dégager des excédents successifs et de constituer ce que les responsables financiers qualifient de «matelas de sécurité» avoisinant les 500 millions de dirhams, destiné à absorber les ajustements inhérents aux grands chantiers d'aménagement urbain.
«La véritable réussite d'une politique se mesure par les résultats réalisés», souligne Lbachir Benhmade, vice-président chargé des affaires financières, du budget et de la programmation au conseil communal. Pour cet élu, la politique financière 2022-2027 a tenu ses promesses : porter les recettes au-delà du seuil des 800 millions tout en préservant une capacité d'investissement substantielle.
L'investissement franchit le cap du milliard
Le fait marquant de cet exercice réside dans le renversement du rapport traditionnel entre fonctionnement et investissement. Avec près de 985 millions de dirhams programmés pour l'investissement en 2025, Agadir rejoint le cercle restreint des collectivités dont les crédits d'équipement dépassent les charges de fonctionnement. Un indicateur qui témoigne d'une réorientation stratégique des ressources vers les projets structurants et l'amélioration des infrastructures.
Cette marge de manœuvre financière s'accompagne d'un taux d'autonomie de 82%, largement supérieur à la moyenne nationale. La commune dépend donc moins des transferts de l'État et dispose d'une latitude accrue pour piloter ses priorités.
Un équilibre fragile malgré les performances
Derrière ces indicateurs encourageants, les équilibres demeurent sous tension. Les recettes de fonctionnement se sont stabilisées autour de 818 millions de dirhams en 2025, masquant des évolutions contrastées. Si les taxes gérées directement par la commune ont progressé de 9%, les recettes transférées par l'État ont reculé de 11%, principalement en raison de la baisse de la taxe sur les services communaux.
Parallèlement, les dépenses de fonctionnement ont grimpé d'environ 10%, sous l'effet conjugué des charges d'entretien, de la facture énergétique et de la masse salariale. La commune parvient néanmoins à maintenir un excédent significatif et une capacité d'autofinancement qui lui permet d'honorer ses engagements.
Le redressement après les difficultés du début de mandat
Ce tableau financier tranche avec la situation héritée en début de mandat. La commune peinait alors à respecter certains engagements, notamment dans le cadre du programme de développement urbain 2020-2024, en raison de contraintes liées à sa capacité d'endettement. La progression des recettes et les excédents accumulés ont depuis permis de solder les arriérés et de faire face aux obligations contractées, particulièrement dans le cadre d'une convention structurante estimée à près de 2 milliards de dirhams.
Lbachir Benhmade insiste sur cette dimension : les excédents substantiels et la constitution d'une réserve de 500 millions de dirhams visent précisément à sécuriser les projets en cours et à venir.
Les quartiers au cœur des préoccupations
Au-delà des arbitrages budgétaires, la session de février a permis d'examiner la situation de plusieurs quartiers. Tikiouine, Anza, Ihchach, mais aussi Tilila, Adrar, Ahlaka et Anza supérieure figurent parmi les zones passées au crible dans le cadre du programme d'action communal. Les élus ont également validé des conventions de partenariat, notamment avec la commune de Tiznit, ainsi que des accords de financement avec la Société de développement local SMA et le Groupe Al Omrane pour la réalisation de projets d'aménagement urbain.
Le dossier du jardin d'Oued Toyour et les questions relatives à la circulation routière ont également alimenté les débats, qualifiés de «sérieux, approfondis et constructifs» par les participants.
La révision tarifaire en débat
Certains sujets sensibles n'ont pas été éludés. La question de la révision de certains tarifs a donné lieu à des échanges francs, liés à des situations spécifiques et à des contraintes objectives. Des discussions menées, selon les responsables, dans un esprit de transparence et de responsabilité, traduisant la volonté collective d'améliorer la gestion communale.
La politique financière 2022-2027 repose sur plusieurs piliers : renforcement des ressources propres, amélioration du rendement des taxes locales, valorisation du patrimoine communal, diversification des sources de financement et modernisation des outils de gestion par la digitalisation. Une Feuille de route qui, à mi-parcours, semble porter ses fruits dans la capitale du Souss.