Arganeraie de Chtouka Aït Baha : aucune maladie épidémique, assure l’Agence nationale des eaux et forêts
Face aux informations faisant état d’une prétendue maladie affectant les arganiers dans la province de Chtouka Aït Baha, l’Agence nationale des eaux et forêts dément toute menace sanitaire. Les symptômes observés seraient liés à un stress climatique prolongé, dans un contexte marqué par des années de sécheresse.
LE MATIN
24 Mars 2026
À 09:07
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L’alerte aura été de courte durée. Dans un communiqué publié récemment, l’Agence nationale des eaux et forêts (ANEF) a formellement démenti l’existence d’une maladie épidémique touchant les arganiers dans la province de Chtouka Aït Baha. Selon l’institution, les observations de terrain et les analyses techniques menées ne révèlent aucune pathologie contagieuse susceptible de menacer l’équilibre de cet écosystème emblématique.
Les investigations menées sur le terrain montrent que les cas de dépérissement observés restent limités et localisés. Ils concernent des foyers isolés, caractérisés par un faible niveau de dégradation, sans impact significatif sur l’état global de la forêt d’arganiers. Pour l’ANEF, ces manifestations ne relèvent pas d’un phénomène épidémique, mais s’expliquent principalement par un stress environnemental accumulé au fil des années.
Au cœur du diagnostic : les conditions climatiques. L’Agence souligne que les sept dernières années ont été marquées par un déficit pluviométrique notable, conjugué à une hausse continue des températures, dépassant en moyenne 2,3°C par rapport aux normales climatiques des trois dernières décennies. Les années 2023 et 2024 figurent parmi les plus sèches, avec un déficit de précipitations avoisinant 48%. Cette situation a entraîné une baisse du niveau des nappes phréatiques et un déséquilibre hydrique des sols, affectant directement la capacité des arbres à absorber l’eau.
L’amélioration récente des conditions climatiques, avec une légère hausse de l’humidité, a favorisé le développement de champignons secondaires et de lichens, notamment dans les zones côtières. Ces organismes, qui prolifèrent généralement sur le bois mort et les branches sèches, peuvent donner l’impression d’une atteinte sanitaire. Toutefois, précise l’ANEF, leur présence ne traduit en aucun cas une maladie contagieuse ni un risque de propagation entre les arbres.
Face à ces évolutions, l’Agence assure maintenir un suivi rigoureux de la situation. Un programme intégré est déployé, incluant des observations de terrain continues, des analyses en laboratoire, ainsi que des interventions forestières préventives. Parallèlement, des actions de reboisement, de réhabilitation des espaces forestiers et de protection de la régénération naturelle sont engagées, avec un accent particulier sur l’amélioration de la gestion des ressources en eau.
En conclusion, l’ANEF se veut rassurante : aucun indicateur ne confirme l’existence d’une maladie épidémique affectant les arganiers de Chtouka Aït Baha. L’institution appelle toutefois à la prudence dans la diffusion d’informations non vérifiées et invite à s’appuyer sur des données scientifiques et de terrain pour traiter ce type de sujet sensible.