Alerte sanitaire à Chtouka-Aït Baha : le CHU d’Agadir écarte la piste de la diphtérie
Après le décès de deux élèves et l’hospitalisation d’un troisième en réanimation à Chtouka-Aït Baha, les autorités sanitaires ont renforcé leur dispositif de prévention dans la province. Le CHU Mohammed VI d’Agadir écarte, de son côté, les informations faisant état de cas de diphtérie et assure que la situation ne suscite pas d’inquiétude.
LE MATIN
28 Septembre 2026
À 08:35
Your browser doesn't support HTML5 audio
Le Centre hospitalier universitaire Mohammed VI d’Agadir se veut rassurant après les informations et publications diffusées ces derniers jours sur les réseaux sociaux autour de possibles cas de diphtérie. L’établissement dément toute propagation de cette maladie en son sein ainsi que l’enregistrement de décès qui lui seraient liés.
Cette mise au point intervient après un drame survenu durant le week-end dans la province de Chtouka-Aït Baha, où deux élèves d’une même fratrie sont décédés tandis qu’un troisième élève a été admis en réanimation.
Selon les informations recueillies à Agadir par le correspondant de «Assahra Al Maghribia», les trois élèves étaient scolarisés au collège 11 Janvier. À ce stade, les investigations médicales se poursuivent afin de déterminer précisément la nature de la maladie et les causes des décès.
Les premières vérifications menées après le déplacement d’une commission médicale provinciale indiquent que les élèves concernés pourraient ne pas avoir bénéficié de l’ensemble des doses vaccinales prévues durant l’enfance. Cette hypothèse doit toutefois encore être confirmée par les examens et évaluations médicales en cours. Aucun lien de causalité définitif avec une maladie particulière n’est donc établi à ce stade.
Face à cette situation, les services provinciaux du ministère de la Santé et de la Protection sociale et ceux du ministère de l’Éducation nationale, du Préscolaire et des Sports ont dépêché des équipes dans les établissements scolaires d’Aït Amira.
Le dispositif ne se limite pas à l’établissement fréquenté par les deux frères décédés. Il doit être étendu aux écoles et aux différentes communes de la province, avec un double objectif : renforcer la sensibilisation sanitaire en milieu scolaire et identifier les enfants dont le calendrier vaccinal n’est pas complet.
Une opération de rattrapage vaccinal est ainsi prévue pour permettre aux élèves concernés de recevoir les doses manquantes conformément au Programme national d’immunisation. L’objectif est de réduire le risque d’apparition et de propagation de maladies infectieuses évitables par la vaccination.
Cette mobilisation intervient alors que les autorités sanitaires ont déjà eu recours à des campagnes renforcées de vaccination et de sensibilisation pour contenir la rougeole. Les services concernés insistent ainsi sur l’importance de compléter le calendrier vaccinal des enfants, notamment en milieu scolaire.
Parallèlement, la direction du CHU Mohammed VI d’Agadir a réagi aux publications circulant sur les réseaux sociaux et faisant état de cas de diphtérie au sein de l’établissement hospitalier, voire de décès attribués à cette maladie.
Approchée par notre correspondant à Agadir, la direction du CHU assure que ces informations ne correspondent pas à la situation sanitaire au sein de l’établissement. Elle dément également les affirmations évoquant des cas de «grave infection des voies respiratoires et de la peau» présentés sur les réseaux sociaux comme étant liés à une propagation de la diphtérie.
La direction précise que toute situation faisant suspecter une maladie infectieuse fait l’objet d’une évaluation médicale et des mesures préventives prévues par les protocoles en vigueur. Le CHU poursuit, assure-t-elle, son fonctionnement et la prise en charge des patients dans des conditions normales.
L’établissement appelle enfin à ne pas relayer les informations sanitaires non vérifiées circulant sur les réseaux sociaux et à se référer aux communications des autorités et des sources médicales officielles.
Selon la direction du CHU Mohammed VI d’Agadir, la situation actuelle ne justifie pas d’inquiétude particulière, tandis que le suivi sanitaire et les mesures de prévention se poursuivent.