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L’hôpital Hassan II d’Agadir bientôt en fermeture temporaire pour reconstruction

Le ministère de la Santé et de la Protection sociale annonce la fermeture temporaire de l’hôpital Hassan II d’Agadir à partir de fin mars 2026 afin d’engager sa reconstruction, un projet estimé à 1,1 milliard de dirhams. Cette décision intervient après plusieurs semaines de tensions autour de l’établissement, marquées par des dénonciations de décès maternels répétés et de conditions de prise en charge contestées. De son côté, le ministère explique que l’hôpital ne répond plus aux exigences actuelles, ce qui justifie le lancement de ce projet de reconstruction.

24 Mars 2026 À 14:49

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L’hôpital Hassan II d’Agadir s’apprête à fermer temporairement ses portes à partir de fin mars 2026 afin de permettre le lancement d’un projet de reconstruction estimé à 1,1 milliard de dirhams, a annoncé le ministère de la Santé et de la Protection sociale. Présentée comme une étape de la réforme du système de santé, cette opération vise, selon les autorités, à remplacer une infrastructure devenue inadaptée aux exigences actuelles.

Inauguré en 1961, l’établissement ne répond plus, d’après le ministère, aux standards actuels en matière d’offre de soins. Le projet prévoit ainsi la construction d’un nouveau centre hospitalier régional sur le même site, avec une capacité comprise entre 415 et 450 lits, des équipements modernisés, des unités spécialisées et des services d’urgence, dans l’objectif d’améliorer la prise en charge dans la région Souss-Massa.

Dans l’attente de l’achèvement des travaux, un dispositif de continuité des soins a été mis en place. Les cas urgents, les accouchements et les hospitalisations seront orientés vers le centre hospitalier universitaire Mohammed VI d’Agadir, tandis que les consultations et examens courants seront pris en charge dans d’autres structures, dont « Santé Al Hayat ». L’offre de soins doit également être renforcée dans les provinces voisines afin d’assurer une meilleure répartition des patients, tandis que le personnel sera redéployé au sein du réseau régional durant cette phase transitoire, indique le ministère.

Cette décision intervient dans le prolongement d’une séquence de tensions qui a placé l’établissement au cœur du débat public. En septembre 2025, plusieurs décès maternels signalés au sein de l’hôpital avaient suscité une vive émotion et déclenché des mobilisations de citoyens et d’acteurs associatifs devant l’établissement. Les manifestants dénonçaient alors une dégradation des services et des conditions de prise en charge jugées préoccupantes.

Face à cette situation, le ministre de la Santé, Amine Tahraoui, s’était rendu sur place et avait annoncé le limogeage de plusieurs responsables sanitaires, notamment aux niveaux régional et provincial, après l’éviction du directeur de l’hôpital. Des mesures d’urgence avaient également été engagées, portant sur l’approvisionnement en médicaments et consommables, le renforcement des équipements du laboratoire, la réparation du matériel biomédical, notamment en radiologie, ainsi que la mise en service d’un scanner destiné à réduire les délais d’attente.

Parallèlement, une enquête avait été ouverte par l’Inspection générale du ministère sur les décès signalés, avec un engagement de transmission des conclusions aux autorités compétentes. Le ministère avait également annoncé le renouvellement, via des appels d’offres, de certaines prestations liées à la gestion de l’établissement, notamment en matière d’accueil, de sécurité et d’hygiène.

Une série d’actions engagées ces derniers mois que ce projet de reconstruction est appelé à structurer, alors qu’aucun calendrier précis de réalisation des travaux ni de durée du chantier n’a, à ce stade, été communiqué.
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