LE MATIN
04 Novembre 2026
À 11:35
D’une longueur de 1.648 mètres et d’une largeur de 21,4 mètres, le plus long
viaduc routier du
Maroc s’inscrit dans le cadre de la
voie express Tiznit-Dakhla, un axe stratégique de 1.055 km destiné à renforcer la connectivité des
provinces du Sud et à consolider les échanges du Royaume avec les
pays africains.
Réalisée pour un investissement global de plus de 9 milliards de dirhams, cette voie express comprend 16 grands ouvrages d’art, dont le viaduc de l’Oued Sakia El Hamra, qui se distingue par ses dimensions et sa complexité technique. À lui seul, cet ouvrage mobilise une enveloppe de 1,375 milliard de dirhams. Porté par le ministère de l’Équipement, de l’eau et des forêts, le projet repose sur une structure en béton précontraint, réalisée selon la technique des encorbellements successifs. Celle-ci s’appuie sur 14 piles, dont certaines culminent à 46,5 mètres de hauteur. Les fondations profondes s’enfoncent, quant à elles, entre 24 et 46 mètres sous le sol. L’ampleur du chantier se mesure également aux quantités de matériaux nécessaires à sa réalisation, estimées à quelque 70.000 mètres cubes de béton et 12.000 tonnes d’acier.
Dans un entretien accordé à la MAP à l’occasion du premier anniversaire de la
Fête de l’Unité, le directeur central de la voie express Tiznit-Dakhla,
M’bark Fancha, a souligné la portée stratégique de cet ouvrage, qui s’inscrit dans le cadre du
programme de développement des provinces du Sud et répond à des enjeux logistiques, économiques et territoriaux. Il a relevé que la voie express commençait déjà à produire des effets positifs, notamment en matière de sécurité routière, de fluidité de la circulation et d’attractivité des investissements. Ces retombées contribuent, selon lui, à améliorer les conditions de déplacement des populations et à renforcer le potentiel économique des territoires desservis. Le viaduc constitue, à cet égard, un maillon essentiel de cette dynamique. Sa mise en service permettra de fluidifier le transit entre le nord et le sud, en réduisant la pression sur la circulation urbaine et en facilitant le déplacement des personnes et des marchandises. Il contribuera également à améliorer la sécurité routière et à limiter les risques d’interruption du trafic lors des crues de cet oued intermittent, a expliqué M. Fancha.
S’agissant de l’état d’avancement du chantier, l’ingénieur d’État a indiqué que quelque 900 personnes étaient mobilisées, réparties en trois équipes qui assurent une activité continue. Les travaux se trouvent actuellement dans une phase particulièrement délicate, marquée par la réalisation des parties en élévation, qui exige une surveillance rigoureuse et une grande précision d’exécution. La technique des encorbellements successifs nécessite, à cet effet, une expertise spécifique ainsi qu’un contrôle permanent de la qualité des matériaux et du béton, a-t-il précisé, soulignant que les équipes devaient également prendre en considération les particularités climatiques et environnementales de la région, notamment les températures élevées, la salinité et les vents, dès la conception de l’ouvrage, afin d’en garantir la durabilité.
La dimension environnementale constitue aussi un volet important du projet, compte tenu de la valeur écologique de
l’Oued Sakia El Hamra, dont la zone humide est classée site Ramsar depuis avril 2019. Situé sur la route migratoire paléarctique occidentale, qui relie l’Europe à l’Afrique subsaharienne, ce milieu naturel représente un habitat essentiel pour de nombreuses espèces animales et végétales, notamment plusieurs espèces d’oiseaux d’eau, dont le flamant rose et la sarcelle marbrée, classée vulnérable à l’échelle mondiale. Dans ce contexte, les mesures nécessaires sont prises afin de préserver cet écosystème pendant les travaux et de limiter les perturbations susceptibles d’affecter la biodiversité locale. Au-delà de sa fonction routière, le viaduc devrait ainsi contribuer à renforcer l’attractivité de Laâyoune, tout en accompagnant la modernisation de son paysage urbain et en veillant à la préservation de son environnement. Il s’inscrit dans une vision d’aménagement visant à moderniser les infrastructures des provinces du Sud, à soutenir leur développement socio-économique et à consolider leur rôle de carrefour entre le Maroc et sa profondeur africaine.