LE MATIN
10 Juillet 2026
À 12:28
Des groupes de
criquets pèlerins gagnent du terrain dans le
sud du Maroc, faisant planer le risque de formation de petits essaims dans les prochaines semaines. De
Guelmim à
Merzouga, en passant par
Tan-Tan, Tiznit, Agadir, Foum El Hassan, Foum Zguid et
Errachidia, les équipes de lutte restent mobilisées pour contenir leur progression.
Selon la
FAO, ces groupes sont constitués d'ailés encore immatures, issus des bandes larvaires observées en juin. Leur maturation pourrait conduire à la formation de petits essaims avant une éventuelle migration vers la Mauritanie et les zones de reproduction estivale du Sahel. Le Royaume concentre aujourd'hui l'essentiel des opérations de lutte antiacridienne dans la région occidentale, illustrant l'ampleur de la mobilisation engagée pour contenir l'évolution des foyers détectés.
Une riposte renforcée sur le terrain
Face à cette évolution, le
Maroc poursuit d'importantes opérations de prospection et de
lutte antiacridienne. Selon le dernier bulletin du Service d'information sur le Criquet pèlerin (DLIS) de la FAO, 87.363 hectares ont été traités au cours du mois de juin, soit la quasi-totalité des superficies couvertes dans la région occidentale, contre 1.070 hectares en Algérie et 68 hectares en Mauritanie.
Ces interventions ont permis de réduire fortement les
populations larvaires, dont seules quelques poches subsistaient encore à la fin du mois de juin. L'organisation estime toutefois que les traitements et les opérations de surveillance devront se poursuivre dans les semaines à venir afin d'empêcher la formation de nouveaux essaims.
Pourquoi les criquets pèlerins se développent-ils cette année ?
Cette recrudescence s'explique principalement par les
conditions climatiques favorables enregistrées ces derniers mois. Les pluies printanières et celles tombées en juin ont favorisé le maintien d'une végétation abondante dans plusieurs
régions du sud du Maroc, offrant un environnement propice à la reproduction et au développement du criquet pèlerin.
Les bandes larvaires apparues au cours des dernières semaines ont ensuite achevé leur mue imaginale, donnant naissance à de nombreux ailés immatures. Cette nouvelle étape du cycle biologique explique la présence actuelle de groupes d'ailés dans plusieurs provinces du Sud.
Une vigilance maintenue jusqu'à la mi-août
Pour les prochaines semaines, la FAO prévoit que ces groupes d'ailés poursuivront leur maturation dans le sud et le nord-est du Maroc. Si les conditions écologiques demeurent favorables, de petits essaims pourraient se former avant une migration vers la Mauritanie et les principales zones de reproduction estivale du Sahel.
Pour l'heure, la
FAO ne fait pas état d'une invasion acridienne de grande ampleur au Maroc. L'organisation appelle toutefois à maintenir une surveillance étroite et les opérations de lutte afin d'empêcher la formation de nouveaux essaims et de contenir leur propagation dans les semaines à venir.