Mounia Senhaji
22 Octobre 2026
À 17:02
Houssine Nasrallah tiendra-t-il son engagement de laisser en héritage au futur Conseil communal un schéma directeur pour la gestion du
patrimoine immobilier de
Casablanca ? Le vice-président de la Commune de la métropole en a fait l'annonce ce jeudi, lors de la session d'octobre, la présentant comme une « avancée majeure », voire une « réalisation inédite ». Selon ses propos, un cahier des charges est en cours d'élaboration, en partenariat avec la
Banque mondiale, afin que ce document tant attendu puisse être soumis à l'examen du Conseil au plus tard lors de la session de février 2027, quelques mois avant l'expiration du mandat de l'actuelle équipe communale. «Si on arrive, en tant que bureau, à concrétiser ce seul projet en six ans d'exercice, ça sera suffisant comme réalisation », soutient-il.
Véritable cheval de bataille du conseiller communal, ce projet n'en est pourtant pas à sa première annonce. Il devait même voir le jour bien avant, mais sa concrétisation s'est heurtée à plusieurs obstacles, notamment l'absence de données suffisamment précises sur le patrimoine immobilier de la ville. Un préalable indispensable pour élaborer une stratégie de gestion et de valorisation de ces biens.
Car derrière ce chantier se pose une question de taille : comment mieux exploiter un patrimoine immobilier considérable, dont une partie demeure sous-valorisée, voire inexploitée ? Casablanca dispose en effet d'un portefeuille de
biens fonciers et immobiliers qui pourrait constituer une source importante de recettes pour la Commune. Encore faut-il en avoir une connaissance exhaustive, clarifier leur situation juridique et définir les modalités de leur exploitation.
Plus de 2.000 biens immobiliers en jeu
Comme l'avait révélé notre enquête publiée en avril 2025, Casablanca dispose d'un patrimoine estimé à quelque 2.200 biens immobiliers, d'une valeur globale évaluée à 13 milliards de dollars. Une manne considérable dont la valorisation reste pourtant entravée par de nombreux obstacles. Parmi eux, les difficultés liées au recensement des biens communaux, dont les résultats ont fait l'objet de désaccords entre l'ancienne et l'actuelle majorité. La transmission des données, leur exploitation informatique et leur fiabilité ont notamment constitué des points de blocage, retardant l'élaboration du schéma directeur.
Au-delà de ces difficultés techniques et administratives, la gestion de ce patrimoine a également cristallisé les divergences politiques. Alors que la majorité défend les cessions immobilières comme un moyen de financer les besoins croissants de la métropole, l'opposition dénonce une approche fragmentée et plaide pour une stratégie globale, privilégiant notamment des sources de revenus durables. C'est précisément à cette absence de vision d'ensemble que le futur schéma directeur est censé remédier.
Reste à savoir si le calendrier avancé sera cette fois respecté et, surtout, si ce document permettra de passer d'une logique d'inventaire et de gestion au cas par cas à une véritable politique de valorisation du
patrimoine communal.