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Transports funéraires : Casablanca plafonne le tarif à 500 dirhams et impose un encadrement strict

La Commune de Casablanca s’apprête à restructurer en profondeur le service des transports funéraires des musulmans. À travers un nouveau cahier des charges, elle fixe un tarif plafonné à 500 dirhams et impose des conditions rigoureuses pour garantir un service digne et encadré.

24 Mars 2026 À 16:24

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Casablanca amorce une réforme sensible mais attendue. La Commune a élaboré un projet de cahier des charges encadrant la gestion déléguée du service des transports funéraires des musulmans, avec pour ambition de mettre fin aux pratiques informelles et d’améliorer la qualité des prestations.

Mesure centrale du dispositif : la fixation d’un tarif unique de 500 dirhams pour le transport d’un défunt, du domicile au cimetière, à l’intérieur du territoire communal. Le futur délégataire sera tenu de respecter strictement ce plafond, sans possibilité de dépassement.

L’objectif est clair : protéger les familles contre toute forme d’abus dans un moment de vulnérabilité extrême et garantir l’équité d’accès à ce service public à forte dimension sociale.



Le projet impose également un encadrement technique rigoureux. Le prestataire devra disposer d’un parc d’au moins quatre véhicules, âgés de moins de cinq ans et maintenus en bon état mécanique. Ces véhicules devront répondre à des normes précises : couleur blanche uniforme, inscriptions religieuses en vert indiquant leur usage, et respect strict des règles d’hygiène et de maintenance. Le service devra en outre être assuré en continu, 24 heures sur 24. Au-delà des aspects opérationnels, la Commune entend instaurer une gouvernance plus rigoureuse du service. Des mécanismes de contrôle périodique seront mis en place, appuyés par une commission de suivi chargée de veiller au respect du cahier des charges. Selon Karim Klaybi, membre du Conseil de la ville, ce projet s’inscrit dans une logique de renforcement du cadre légal des services publics locaux, en application de la loi organique 113.14.

La réforme vise également à éradiquer les pratiques informelles et les dérives observées dans ce secteur. « Il s’agit de mettre un terme à toute exploitation des familles en situation de deuil », souligne l’élu, insistant sur la nécessité de professionnaliser le service. Seuls des opérateurs répondant à des critères stricts pourront être autorisés à exploiter ce service, sous peine de résiliation immédiate du contrat en cas de non-respect des engagements.

Le projet devrait être soumis à l’approbation du Conseil communal lors d’une prochaine session extraordinaire. S’il est validé, il marquera une avancée notable dans la régulation des transports funéraires à Casablanca. Au-delà de la dimension administrative, la réforme traduit une volonté de garantir un service public respectueux de la dignité humaine, dans un moment où l’exigence de décence et d’équité est plus que jamais essentielle.
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