LE MATIN
05 Novembre 2026
À 11:20
Les
adolescents déclarent pratiquer une
activité physique en moyenne 2,7 jours par semaine, tandis que seuls 14% d'entre eux indiquent avoir été actifs quotidiennement, selon des estimations mondiales.
La situation n'a pratiquement pas évolué au cours des 15 dernières années, souligne l'étude publiée dans la revue
The Lancet Global Health, qui s'appuie sur 389 enquêtes menées dans 140 pays et territoires auprès de plus de
3,2 millions d'adolescents.
L’obésité infantile est devenue un phénomène mondial préoccupant, touchant de plus en plus d’enfants et d’adolescents, les exposant à des conséquences fâcheuses qui peuvent se prolonger à l’âge adulte. Face à cette progression alarmante, l’Organisation mondiale de la santé vient de publier ses premières recommandations consacrées à la prise en charge de l’obésité chez l’enfant et l’adolescent. Elle préconise une approche globale et centrée sur l’enfant, fondée notamment sur une alimentation saine, l’activité physique et le changement durable des comportements, avec l’implication de la famille et de l’environnement de l’enfant. Dans cet entretien, le Dr Hamza Hajbaoui, médecin urgentiste, revient sur les causes de l’obésité infantile au Maroc, ses conséquences pour la santé des enfants et des adolescents, ainsi que sur les mesures à mettre en place pour mieux la prévenir et la prendre en charge.
Les
filles sont particulièrement touchées par cette tendance à
l'inactivité. Quelque 28% d'entre elles déclarent n'avoir pratiqué aucune activité physique durant la semaine précédant l'enquête, contre 22% des
garçons. Seules 11% des adolescentes disent avoir été actives tous les jours, contre 17% des garçons. Cet écart entre les sexes est observé dans presque tous les pays et toutes les régions de l'OMS.
Les
disparités géographiques sont également importantes : dans certains pays, seuls 4% des
adolescents déclarent n'avoir eu aucun jour d'activité physique, tandis que cette proportion dépasse 40% dans d'autres.
"Depuis 15 ans, le monde n'a pratiquement pas progressé pour inciter les
jeunes à bouger, et les filles sont celles qui sont le plus laissées pour compte", a déclaré le directeur général de l'
OMS,
Tedros Adhanom Ghebreyesus.
Pour lui, la réponse ne consiste pas simplement à demander aux
adolescents de faire davantage d'efforts, mais à aménager des
écoles, des
rues et des
espaces communautaires où bouger, jouer et pratiquer une activité physique soit sûr, facile et naturel.
L'inactivité physique constitue un facteur de risque majeur de
maladies cardiovasculaires, de
diabète de type 2 et de certains
cancers.
Les possibilités de pratiquer une
activité physique sont influencées par de nombreux facteurs, notamment les modes de transport, l'accès à des espaces publics sécurisés, les infrastructures permettant de marcher ou de faire du vélo, les conditions dans les établissements scolaires, le coût des activités et les normes sociales. La place croissante des écrans dans les modes de loisirs des jeunes constitue également un obstacle.
Face à ce constat, l'
OMS appelle à une mobilisation des secteurs de l'éducation, des transports, de l'urbanisme, du sport et de la santé afin de rendre l'activité physique plus accessible dans la vie quotidienne.
Elle préconise notamment de renforcer sa promotion dans les écoles, d'investir dans des itinéraires sécurisés pour les piétons et les cyclistes et de développer des espaces publics favorisant les
activités physiques et les loisirs.
L'organisation insiste en outre sur la nécessité de lever les obstacles spécifiques auxquels sont confrontées les filles afin de réduire les inégalités persistantes entre les sexes.