LE MATIN
07 Août 2026
À 13:36
Dans une interview avec la MAP,
Dr. Boutajangout, professeur de
neurologie et de
neurosciences à la
Faculté de médecine de l'
Université de New York et co-directeur du
Centre de neurologie cognitive et de la plateforme des biomarqueurs, a expliqué que cette approche "repose sur l'analyse de
biomarqueurs plasmatiques, notamment les
protéines bêta-amyloïde et tau, ainsi que plusieurs biomarqueurs pro-inflammatoires et inflammatoires".
Les chercheurs ont étudié trois groupes de patients, à savoir des personnes sans
troubles cognitifs (normaux), des individus souffrant d’un
déclin cognitif subjectif - lorsqu’une personne ressent des difficultés de mémoire sans que les tests cliniques ne les détectent encore (SCD), et des patients présentant une
déficience cognitive bien prononcée (MCI).
Les résultats de l'étude ont montré une forte corrélation entre ces
biomarqueurs sanguins et les dépôts cérébraux d’
amyloïde et de protéine tau observés par tomographie par émission de positons (
PET scan), et avec d'autres biomarqueurs. Les résultats ont également permis d’identifier, avec précision, les différentes phases d'évolution de la
maladie.
Dr. Boutajangout a souligné que ces biomarqueurs sont capables de révéler les premiers processus pathologiques de la
maladie d'Alzheimer huit à dix ans avant l'apparition des premiers signes cliniques majeurs, période durant laquelle les
lésions cérébrales sont déjà en cours de développement, mais demeurent souvent indétectables par les méthodes diagnostiques conventionnelles.
Cette capacité de prédiction précoce représente "une avancée importante vers une
médecine préventive et de précision, en offrant la possibilité d'intervenir avant l'installation d'une
démence cliniquement manifeste", s’est félicité le
scientifique marocain.
Selon le professeur Boutajangout, l’intégration de ces
analyses sanguines dans les programmes de
dépistage pourrait "permettre d’identifier plus tôt les personnes à risque et de donner les
médicaments approuvés par les autorités sanitaires à chaque phase d’évolution de la maladie afin de réduire la progression des symptômes d’Alzheimer", en écartant certaines causes réversibles de troubles cognitifs. En plus, le suivi et le contrôle de l’état des patients seront efficaces en effectuant des analyses avec des biomarqueurs.
L'équipe des professeurs Boutajangout et Wisniewski se penche aussi sur l’identification des biomarqueurs chez d’autres
maladies neurodégénératives, a-t-il fait savoir, notant qu’il s’agit notamment de la
maladie de Parkinson, de la
démence fronto-temporale, du
traumatisme crânien, des
AVCs, de l’
autisme et de la
sclérose latérale amyotrophique.
Selon le Dr. Boutajangout, cette stratégie diagnostique présente également un "avantage économique majeur". Contrairement aux examens d'i
magerie cérébrale avancée, tels que le PET scan, ou à l'analyse du liquide céphalo-rachidien obtenue par ponction lombaire, "qui sont coûteux, invasifs et peu accessibles à grande échelle”, le test sanguin est simple à réaliser, moins onéreux, rapidement interprétable et plus facilement déployable dans les programmes de dépistage.
Il pourrait ainsi constituer un "examen de première intention, les investigations plus complexes étant réservées à la confirmation des cas suspects", a-t-il conclu.