Société

Deepfakes : la plus grande menace n'est plus le faux, mais le doute sur le vrai

À mesure que l'intelligence artificielle perfectionne sa capacité à fabriquer des images, des vidéos et des voix indiscernables de la réalité, le principal danger des deepfakes n'est plus seulement la diffusion de fausses informations. Il réside dans l'érosion de la confiance collective et l'installation d'un doute généralisé, y compris à l'égard des contenus authentiques, ont averti les experts réunis lors d'une rencontre organisée avec la participation du Policy Center for the New South (PCNS).

18 Juin 2026 À 14:55

Et si la prochaine victime des deepfakes n'était ni une élection ni une personnalité publique, mais la vérité elle-même ? C'est l'avertissement lancé par plusieurs experts africains de l'intelligence artificielle, de la gouvernance et des médias lors de la session « Defending the Truth: Deepfakes, Misinformation & Social Cohesion », organisée avec la participation du Policy Center for the New South (PCNS). Leur constat est sans appel : à mesure que l'intelligence artificielle devient capable de fabriquer des images, des vidéos et des voix indiscernables de la réalité, c'est le fondement même de la confiance collective qui se fragilise.

« Avant, nous nous demandions si une source était crédible. Désormais, nous nous demandons si nous pouvons encore croire ce que nous voyons, entendons ou lisons », a résumé Mohamed Benabid, professeur de pratique à l'Université Mohammed VI Polytechnique (UM6P). Une rupture qu'il qualifie de changement non seulement technologique, mais aussi sociétal et même épistémologique. Selon les données citées lors de la rencontre, seulement 40% de la population mondiale déclare aujourd'hui faire confiance à l'information, tandis qu'une proportion similaire affirme éviter volontairement l'actualité. Un phénomène inédit qui traduit une crise profonde du rapport des citoyens à l'information.

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