Élections 2026 : Osraty appelle les futurs élus à renforcer les droits des enfants makfouls
À l’approche des élections législatives, l’association Osraty, qui regroupe des parents kafils, appelle les partis politiques et les candidats à prendre publiquement position sur une réforme de la kafala plaçant, selon elle, l’intérêt supérieur de l’enfant au cœur du dispositif juridique.
LE MATIN
15 Septembre 2026
À 14:17
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Dans un communiqué, l’association estime que le cadre actuel de la kafala ne garantit pas suffisamment la stabilité et la protection des enfants makfouls. Elle plaide notamment pour une évolution de la loi 15-01, qui encadre la kafala au Maroc depuis 2002.
Selon Osraty, de nombreux enfants abandonnés sont pris en charge par des pouponnières et des centres de protection, où ils peuvent rester plusieurs années avant de rejoindre une famille. L’association dénonce à ce titre des conditions de prise en charge qu’elle juge insuffisantes et rappelle que plusieurs rapports, notamment ceux du Conseil national des droits de l’Homme (CNDH), ont relevé des difficultés concernant la protection et les conditions de vie des enfants placés en institution.
Pour Osraty, l’enjeu est également celui de l’intégration durable de ces enfants au sein de familles. L’association affirme que de nombreuses familles marocaines seraient disposées à accueillir des enfants dans le cadre de la kafala, à condition que le dispositif leur offre davantage de stabilité et de garanties juridiques.
Une réforme jugée nécessaire
Créée en 2007, Osraty milite pour une évolution du statut des enfants makfouls et de celui des familles kafiles. L’association considère que le cadre juridique actuel demeure marqué par une forte précarité du lien entre l’enfant et sa famille d’accueil.
Elle pointe notamment la possibilité de mettre fin à la kafala, ainsi que l’absence, selon elle, de garanties suffisantes concernant l’avenir de l’enfant à sa majorité ou en cas de décès des kafils.
L’association relève également des difficultés liées à la couverture sociale, aux démarches d’état civil et à certaines situations administratives, qui peuvent, selon elle, contribuer à maintenir une distinction entre les enfants makfouls et les autres enfants.
Dans son plaidoyer pour une réforme de la kafala présenté à la Commission chargée de la révision de la Moudawana, Osraty avance plusieurs propositions. Parmi celles-ci figurent la création d’une structure dédiée à l’accompagnement des familles kafiles, l’amélioration des droits juridiques et financiers des enfants makfouls, la simplification de certaines démarches administratives ainsi que le renforcement de leur protection lorsqu’ils sont amenés à vivre à l’étranger.
L’association interpelle les partis politiques
À quelques semaines du scrutin législatif, Osraty souhaite désormais que la question de la kafala figure dans le débat politique.
L’association demande aux partis et aux candidats de préciser leurs engagements pour la prochaine législature et de dire s’ils sont favorables à une réforme visant à renforcer les droits et la protection des enfants makfouls.
« Que comptez-vous faire, durant la prochaine législature, pour que la loi cesse de traiter les enfants makfouls comme des enfants indignes de posséder les mêmes droits que tout autre enfant ? », interroge l’association dans son communiqué.
Pour Osraty, la réforme de la kafala constitue à la fois une question de protection de l’enfance et un enjeu de cohésion sociale. L’association appelle ainsi les futurs élus à faire de l’intérêt supérieur de l’enfant un élément central de l’évolution du cadre juridique de la kafala au Maroc.