Société

Une demi-heure suffit aux fraudeurs pour piéger près d’un internaute sur deux au Maroc

Une étude mondiale de Kaspersky révèle l’ampleur des escroqueries par messagerie instantanée et met en évidence la rapidité avec laquelle les cybercriminels parviennent à soutirer de l’argent ou des données personnelles à leurs victimes. Au Maroc, près de la moitié des fraudes signalées aboutissent en moins de 30 minutes.

16 Juin 2026 À 15:20

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Les applications de messagerie sont devenues l’un des principaux canaux utilisés par les fraudeurs pour cibler les consommateurs. Selon une étude menée par Kaspersky auprès de victimes dans plusieurs pays, 49,3% des escroqueries recensées au Maroc sont réalisées en moins de 30 minutes après le premier contact. Dans certains cas, les victimes transmettent de l’argent ou des informations personnelles en seulement quelques minutes.



L’enquête montre que les plateformes les plus fréquemment utilisées par les escrocs sont WhatsApp, Facebook et Telegram. Les fraudeurs exploitent des messages qui paraissent légitimes et se font parfois passer pour des proches, des amis ou des marques connues afin de gagner rapidement la confiance de leurs cibles.

Au niveau mondial, plus de la moitié des victimes interrogées affirment avoir communiqué de l’argent ou des données personnelles dans les 30 minutes suivant le début de l’échange, tandis que 14 % l’ont fait en moins de cinq minutes. Près des deux tiers des arnaques se déroulent également sur plusieurs canaux de communication, les escrocs passant par exemple d’un SMS à WhatsApp ou d’une application à une autre pour renforcer leur crédibilité.

L’étude souligne également l’importance des conséquences financières. Au Maroc, la perte moyenne déclarée atteint 733 dollars par victime. Si une partie des personnes interrogées indique avoir perdu moins de 135 dollars, près de 8 % déclarent des pertes supérieures à 1.350 dollars.

Outre l’argent, les cybercriminels cherchent à collecter des informations personnelles. Les données les plus souvent compromises au Maroc sont les noms complets, les adresses électroniques et les numéros de téléphone. Ces informations peuvent ensuite être utilisées pour d’autres tentatives de fraude ou d’usurpation d’identité.

Les résultats mettent également en lumière la répétition du phénomène. Plus d’un quart des victimes affirment avoir été escroquées au moins trois fois au cours des six derniers mois, signe que les réseaux criminels multiplient les tentatives et exploitent des techniques de plus en plus sophistiquées, notamment grâce à l’intelligence artificielle.

Pour les auteurs de l’étude, la vigilance demeure le principal moyen de protection. Ils recommandent aux utilisateurs de vérifier systématiquement l’identité de leurs interlocuteurs, de se méfier des demandes urgentes d’argent ou d’informations personnelles et de solliciter l’avis d’un proche en cas de doute.
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