Société

Grippe saisonnière : 180.000 doses dès la première quinzaine de novembre et une formule actualisée

Le vaccin antigrippal est disponible en pharmacie durant la première quinzaine de novembre, avec 120.000 doses prévues pour le marché privé et 60.000 pour le marché public. Alors que la nouvelle saison grippale se profile, les professionnels de santé rappellent l'importance de la vaccination annuelle, particulièrement pour les personnes vulnérables. Une infection souvent banalisée, mais dont les complications peuvent être graves.

03 Novembre 2026 À 16:45

Souvent banalisée, la grippe saisonnière reste l'une des infections virales les plus répandues et continue de peser chaque année sur les systèmes de santé. À l'approche de la nouvelle saison grippale, la vaccination revient au premier plan de la prévention. Au Maroc, le vaccin antigrippal est disponible en pharmacie durant la première quinzaine de novembre, a indiqué Sanofi à «Le Matin». Le laboratoire prévoit de mettre à disposition 120.000 doses sur le marché privé et 60.000 sur le marché public. Le prix public de vente est fixé à 68 DH. Une nouvelle campagne qui intervient avec une évolution de la composition du vaccin, conformément aux recommandations de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), et qui remet en lumière l'importance d'une vaccination annuelle, notamment pour les populations les plus exposées.



Pour la saison 2026-2027, Vaxigrip adopte ainsi une formulation trivalente ciblant trois souches du virus grippal : deux de type A (H1N1 et H3N2) et une de type B (Victoria). La principale différence par rapport à la saison précédente réside dans le retrait de la souche B/Yamagata. Cette dernière n'ayant plus été détectée en circulation depuis 2020, l'OMS recommande désormais de l'exclure de la composition des vaccins. Cette actualisation vise à adapter la protection vaccinale à l'évolution des virus en circulation. Le vaccin est conforme aux recommandations de l'OMS pour l'hémisphère Nord et à la décision de l'Union européenne pour la saison 2026-2027.

«Pour cette saison 2026-2027, nous mettons à disposition un vaccin conforme aux dernières recommandations de l'OMS pour l'hémisphère Nord, avec une composition adaptée à l'évolution des souches grippales», précise Sanofi. Le laboratoire ajoute que «le passage à une formulation trivalente s'explique notamment par l'absence de circulation de la souche B/Yamagata depuis 2020. Son maintien dans la composition du vaccin n'apportant plus de valeur protectrice, l'OMS recommande désormais son exclusion».

Au-delà de ces évolutions, l'enjeu est surtout de rappeler que la grippe ne doit pas être considérée comme une maladie anodine. «La grippe est loin d'être une maladie bénigne. Elle est souvent assimilée à un simple rhume, alors qu'elle peut avoir des conséquences graves, parfois mortelles», souligne le Dr Tayeb Hamdi, médecin et chercheur en politiques et systèmes de santé, vice-président de la Fédération nationale de la santé (FNS). À l'échelle mondiale, elle touche chaque année environ un milliard de personnes, provoque plus de cinq millions de cas sévères et entraîne entre 300.000 et 650.000 décès.

Une infection aux conséquences multiples

La grippe se distingue notamment du rhume par la brutalité de son apparition et l'intensité de ses symptômes. Elle se manifeste généralement par une fièvre élevée, pouvant atteindre 38 à 40°C, des frissons, une toux sèche, des courbatures, des maux de tête et une fatigue importante. Un écoulement nasal et des maux de gorge peuvent également accompagner l'infection, parfois associés à des troubles digestifs. Le rhume, en revanche, se caractérise généralement par des symptômes plus modérés, principalement nasaux, sans fièvre élevée ni épuisement marqué. Cette distinction est importante, car la grippe peut évoluer vers des complications qui dépassent largement le cadre respiratoire.

Le Dr Tayeb Hamdi attire notamment l'attention sur les risques cardiovasculaires associés à l'infection. «L'une des idées reçues les plus répandues consiste à penser que la grippe ne touche que les voies respiratoires. Or la réaction inflammatoire provoquée par le virus peut également déclencher des accidents cardiovasculaires majeurs, notamment des infarctus et des AVC», alerte-t-il. Selon les données qu'il avance, le risque d'infarctus serait multiplié par dix durant les sept jours suivant l'infection et resterait six fois plus élevé dans les 90 jours. Celui d'AVC serait, quant à lui, multiplié par huit dans les 28 jours suivant la grippe. Une augmentation de 20% du risque d'insuffisance cardiaque est également rapportée.

Les complications peuvent ainsi concerner des personnes qui ne présentent pas nécessairement, au départ, de symptômes respiratoires particulièrement inquiétants. C'est pourquoi la vigilance doit être renforcée chez les personnes âgées de plus de 65 ans, les enfants de moins de cinq ans, les femmes enceintes et les personnes souffrant de maladies chroniques, notamment le diabète, l'hypertension, l'asthme ou l'insuffisance cardiaque. Les personnes immunodéprimées et celles en situation d'obésité sont également plus exposées aux formes graves.

La vaccination, un geste de protection collective

La vaccination annuelle constitue le principal moyen de prévention des formes graves. L'OMS la recommande en priorité aux femmes enceintes, aux enfants âgés de six mois à cinq ans, aux personnes de plus de 65 ans, aux personnes atteintes de maladies chroniques ainsi qu'aux professionnels de santé. «La vaccination annuelle est particulièrement importante pour les personnes âgées, les femmes enceintes, les jeunes enfants et les personnes souffrant de maladies chroniques. Elle permet de réduire le risque de complications et de protéger les personnes les plus fragiles», rappelle le Dr Hamdi.

Le médecin insiste également sur l'importance de vacciner l'entourage des personnes fragiles afin de réduire les risques de transmission. Un enjeu particulièrement important pour les nourrissons de moins de six mois, qui ne peuvent pas être vaccinés. La vaccination de la femme enceinte permet notamment de la protéger tout en transmettant des anticorps à son bébé, y compris par le lait maternel.

Le Dr Hamdi rappelle également que le vaccin antigrippal présente un profil de sécurité bien établi, après environ 80 ans d'utilisation et des milliards de doses administrées. Son efficacité varie selon les saisons, la correspondance entre les souches vaccinales et les virus en circulation, ainsi que l'état immunitaire des personnes vaccinées. Elle peut atteindre 50 à 90% contre l'infection et permet également de réduire de 30 à 80% les cas graves. Chez les personnes âgées, la vaccination contribuerait à diminuer la mortalité de 50 à 80%.

Le calendrier de vaccination compte également. Il faut généralement attendre deux semaines après l'injection pour développer une protection optimale. Les mois d'octobre et de novembre constituent ainsi une période privilégiée pour se faire vacciner, avant que la circulation virale ne s'intensifie. Avec la disponibilité annoncée du vaccin en pharmacie dès la première quinzaine de novembre, les personnes concernées sont donc invitées à ne pas reporter leur vaccination.

Une saison 2025-2026 marquée par un démarrage précoce

Au Maroc, la grippe toucherait chaque année entre 15 et 20% de la population, selon les données communiquées par le Dr Hamdi. La saison 2025-2026 a notamment été marquée par un démarrage précoce et particulièrement intense de la circulation grippale. Les infections respiratoires aiguës sévères ont principalement pesé sur deux catégories de population : les enfants de moins de cinq ans, qui représenteraient environ 30% des hospitalisations liées à ces infections, et les adultes de 50 à 65 ans et plus, ainsi que les personnes présentant des maladies associées, qui concentreraient environ 55% des hospitalisations.

Si les jeunes en bonne santé développent généralement des formes moins sévères et guérissent en sept à dix jours, ils ne sont pas pour autant à l'abri des conséquences de la maladie. Au-delà de l'absentéisme scolaire et professionnel, ils peuvent contribuer activement à la transmission du virus, notamment aux personnes âgées ou immunodéprimées de leur entourage. «Un jeune en bonne santé peut développer une forme bénigne de la grippe, mais il peut aussi transmettre le virus à ses grands-parents ou à des proches immunodéprimés, pour lesquels les conséquences peuvent être beaucoup plus graves. Se faire vacciner, c'est aussi protéger les autres», insiste le Dr Hamdi.

La recrudescence des infections respiratoires pendant la saison froide s'explique notamment par les changements de comportement. Les rassemblements dans des espaces clos et insuffisamment aérés favorisent la transmission des virus. Le froid et les conditions environnementales peuvent également fragiliser les muqueuses respiratoires et faciliter les infections. La vaccination doit donc s'accompagner de gestes simples : se laver régulièrement les mains, aérer les espaces clos et éviter les contacts rapprochés avec les personnes fragiles lorsqu'on présente des symptômes. Autant de mesures qui, associées à la vaccination, contribuent à réduire la circulation du virus. Car se protéger contre la grippe ne relève pas uniquement d'une démarche individuelle : c'est aussi préserver ses proches et limiter la pression sur le système de santé.

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