Le scientifique marocain Mimoun Azzouz récompensé pour ses avancées majeures en thérapie génique au Royaume-Uni
Le professeur marocain Mimoun Azzouz, qui dirige le centre d'innovation en thérapie génique (GTIMC) de l’université britannique de Sheffield (270 km au nord de Londres), a été distingué par la British Society for Gene and Cell Therapy, qui lui a décerné son prestigieux prix « Outstanding Achievement Award », saluant les contributions majeures du chercheur à la recherche et à la formation dans le domaine sophistiqué de la thérapie génique.
LE MATIN
11 Avril 2026
À 11:59
Your browser doesn't support HTML5 audio
Également professeur de neurosciences translationnelles à l’Université de Sheffield, le chercheur marocain s’est imposé comme une figure de premier plan dans le développement de thérapies innovantes pour les maladies neurologiques.
Ses travaux visent notamment à transformer des découvertes fondamentales en traitements concrets, en facilitant le passage de la recherche en laboratoire aux essais cliniques chez l’humain. Depuis 2006, le professeur Azzouz a levé plus de 34 millions de livres Sterling pour financer ses recherches et dirigé des études pionnières dans le domaine. Son équipe a notamment été la première à démontrer l’efficacité d’une thérapie génique ciblant le gène SMN dans des modèles d’amyotrophie spinale, ouvrant la voie à des essais cliniques pionniers chez l’humain et à l’autorisation ultérieure d’un traitement. Dans une interview à la MAP, le professeur Azzouz a indiqué que le nouveau prix qu’il vient de remporter représente « une fierté » pour lui et pour ses équipes de chercheurs à Sheffield.
Il s’agit, a-t-il dit, d’un travail d’équipe étalé sur plusieurs années de travaux et de recherche. Ce prix est une reconnaissance d’un travail de longue haleine dans le domaine de la thérapie génique, en particulier les découvertes et les recherches sur des médicaments et des traitements dans le domaine de l’amyotrophie spinale qui touchent les bébés ainsi que la maladie de Parkinson. Dans le cadre de ses travaux de recherche sur ces maladies, le professeur Azzouz a fait savoir qu’il pilote un network de 34 institutions et d’entreprises en Europe pour faire avancer les recherches dans ce domaine très pointu de la recherche scientifique. Dans le cadre de son action, le professeur marocain se distingue par son engagement dans la formation des jeunes chercheurs, un effort qu’il qualifie de « passionnant ». Il s’agit d’un domaine dans lequel le professeur Azzouz travaille depuis presque 30 ans, ayant commencé son aventure à Lausanne en Suisse en 1997. Il prône dans le cadre de cette action de formation la persévérance pour encourager les jeunes chercheurs à contribuer à faire avancer des recherches et des projets très importants pour un secteur d’une importance vitale pour la santé.
Depuis Sheffield où il poursuit ses recherches, le professeur Azzouz jette un regard très optimiste quant à l’avenir de la recherche scientifique dans ce domaine au Maroc. « Le Maroc a un potentiel énorme dans la recherche », a-t-il dit, rappelant avoir contribué à la formation d’un groupe de chercheurs marocains dans le but d’appuyer le Maroc dans des projets dans la recherche scientifique et la santé. D’autres groupes se forment dans d’autres disciplines, a-t-il ajouté, soulignant que le Maroc est bien placé pour développer davantage la recherche scientifique. Il a expliqué que des centres et des universités au Maroc développent des recherches scientifiques très importantes, citant l’exemple de l’université de Benguerir. Entrepreneur scientifique, le professeur Azzouz est à l’origine de la création de la société BlackfinBio et cofondateur de Crucible Therapeutics. Il dirige également un consortium européen doté de 25,5 millions d’euros, réunissant 34 partenaires autour de l’accélération du développement de thérapies avancées. Grâce à sa capacité à mobiliser des financements importants, le professeur Azzouz a fondé le UK Gene Therapy Innovation and Manufacturing Centre, renforçant l’écosystème britannique dans ce domaine de pointe. Parallèlement, il a contribué à la formation de la nouvelle génération de chercheurs, encadrant 81 scientifiques, dont 20 doctorants. La distinction de la British Society for Gene and Cell Therapy que le chercheur vient de remporter met, ainsi, en lumière le parcours d’un chercheur marocain dont l’impact scientifique et médical rayonne à l’échelle internationale.