Société

Naissance de l’Association des œuvres sociales des électriciens

La mue est engagée. L’action sociale au sein du secteur des électriciens vient de franchir un cap décisif avec la naissance de l’Association des œuvres sociales des électriciens, héritière directe du Conseil des œuvres sociales de l’ONEE. C’est à l’occasion d’un iftar collectif organisé jeudi soir au Club de l’Association à Aïn Sebaâ-Casablanca, en présence de responsables de premier plan du secteur énergétique, que Mohamed Zeroual, président de la nouvelle structure, a officialisé cette transition. Aides financières aux veuves démunies, 600 repas distribués au centre Dar Al Karam, Omra pour les agents, soutien à l’enfance vulnérable via l’association Baïti : le programme inaugural déployé durant ce Ramadan 2026 témoigne d’une ambition sociale qui dépasse largement le simple changement de statut juridique.

14 Mars 2026 À 15:50

Au centre social de Aïn Sebaâ, jeudi 12 mars, 22e jour du Ramadan, la grande famille des électriciens s’est retrouvée autour d’une table commune pour célébrer, dans la ferveur du mois sacré, l’acte fondateur d’une nouvelle ère sociale. À la tribune, Mohamed Zeroual, président de l’Association des œuvres sociales des électriciens, a posé les jalons d’un projet qui entend prolonger et amplifier l’héritage d’une institution vieille de plusieurs décennies. À ses côtés, la présence de Mohamed Sajid, directeur général de SAFIAC, de Youssef Tazi, directeur général de la Société régionale multiservices Casablanca-Settat, et de Mehdi Belghiti, membre du conseil d’administration de TAQA Morocco, conférait à l’événement une dimension qui dépasse le cadre associatif classique. Le secteur électrique, dans toutes ses composantes (production, distribution, ingénierie), affichait sa cohésion.

Les ressorts d’une mutation institutionnelle Le basculement n’est pas anodin. L’Association des œuvres sociales des électriciens se substitue au Conseil des œuvres sociales de l’Office national de l’électricité et de l’eau potable, une structure qui a longtemps fait figure de modèle en matière de prestations socioculturelles et sportives au profit des cadres et agents de l’ONEE. «Cette institution a accumulé une expérience pionnière aux niveaux national et international dans le domaine des services sociaux, culturels et sportifs au profit des cadres et employés de l’Office», a rappelé Mohamed Zeroual, soucieux d’ancrer la filiation.

Mais la continuité ne signifie pas le statu quo. En optant pour le statut associatif, le secteur se dote d’un cadre juridique plus souple, affranchi des pesanteurs administratives propres aux établissements publics. M. Zeroual a été explicite : «Ce passage constitue, sans aucun doute, un nouveau départ pour renforcer l’action sociale dans toutes ses dimensions, de manière à répondre aux aspirations et aux ambitions de la grande famille des électriciens.» La formule n’est pas de circonstance. Elle traduit une volonté de reconfigurer l’offre sociale pour l’adapter à un secteur en pleine restructuration, où les filiales et les nouvelles sociétés régionales multiservices redessinent la carte institutionnelle de l’énergie.

Un Ramadan inaugural sous le signe de l’action concrète L’iftar de jeudi n’était pas qu’un moment de communion. Il a servi de vitrine opérationnelle à un programme social que la nouvelle association a déployé dès ce Ramadan 2026, comme pour démontrer que la transition n’a rien de banal. Premier volet : l’organisation d’une Omra au profit des cadres et employés, geste symbolique fort dans un mois où la dimension spirituelle donne du nerf à la vie sociale. Second volet, plus structurel : le versement d’aides financières ciblées aux veuves percevant de faibles pensions, y compris un soutien complémentaire direct pour celles dont les pensions sont qualifiées de «dérisoires» par la présidence de l’Association. M. Zeroual a tenu à mettre en lumière un angle mort du système : «Parmi les bénéficiaires figurent des cas sociaux de veuves qui n’ont pas pu accéder à la pension en raison d’un mariage contracté après la mise à la retraite.» Une situation qui, en l’absence de filet social adéquat, relègue ces femmes dans une précarité silencieuse, tout en les privant de la pension. L’Association a également distribué 600 repas d’iftar au centre social Dar Al Karam de Tit Mellil, invité des veuves aux cérémonies d’iftar qu’elle organise dans plusieurs régions et lancé des tournois de football ramadanesques rassemblant des centaines de participants : agents en activité et retraités confondus.

Ouverture sociétale et ancrage culturel La soirée a d’ailleurs illustré cette volonté d’ouverture sociale. L’association Baïti, qui prend en charge des enfants en situation de vulnérabilité, a été conviée avec ses pensionnaires. Quelque trente enfants hébergés dans son centre de Sidi Bernoussi ont reçu des vêtements neufs pour l’Aïd, offerts par l’Association des œuvres sociales. Baïti a été distinguée lors de la cérémonie en reconnaissance de son travail auprès de l’enfance en difficulté. Sur le plan culturel, l’événement a mis à l’honneur les enfants de la famille des électriciens inscrits aux ateliers de mémorisation et de récitation du Coran organisés tout au long de l’année au club sportif de Aïn Sebaâ et dans les clubs affiliés. Les plus méritants ont été célébrés et récompensés, dans un registre qui entend articuler engagement spirituel et appartenance sectorielle.

Une philosophie sociale assumée Mohamed Zeroual a inscrit l’ensemble de ces actions dans une philosophie clairement assumée. «Le Ramadan ne se réduit pas au jeûne et à la prière, a-t-il martelé. C’est aussi le renforcement des liens familiaux, l’ancrage des valeurs d’altruisme, d’entraide et de solidarité, et la construction de passerelles humaines avec les catégories en situation difficile». Pour le président, la traduction de ces valeurs en «initiatives concrètes et tangibles» relève du cœur de mission de la structure qu’il dirige. L’iftar scelle ainsi symboliquement l’entrée en scène d’une institution sociale qui se veut à la fois héritière et réformatrice. Le secteur électrique marocain, en pleine mutation structurelle et industrielle, dispose désormais d’un bras social qui ambitionne d’être à la hauteur des recompositions en cours.
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