Société

Près de 40.000 violations graves commises contre des enfants dans le monde en 2025 (rapport)

Pas moins de 38.558 violations graves ont été commises contre des enfants en 2025, marquant une quatrième année consécutive de “chiffres choquants”, selon le dernier rapport du Secrétaire général des Nations Unies sur les enfants et les conflits armés (CAAC), rendu public mercredi à New York.

18 Juin 2026 À 11:30

Your browser doesn't support HTML5 audio

Au total, 24.174 enfants ont été directement touchés par ces violations, tandis que 3.176 ont subi plusieurs violations simultanément, indique le rapport, qui pointe notamment les meurtres et mutilations, le recrutement et l’utilisation d’enfants, les enlèvements, les violences sexuelles, les attaques contre les écoles et les hôpitaux, ainsi que les entraves à l’accès humanitaire.

Les meurtres (6.266) et les mutilations (7.958) demeurent les violations les plus fréquemment vérifiées, avec une "augmentation choquante” de 34% du nombre d’enfants tués par rapport à 2024, relève le document.

Quelque 5.129 enfants ont été victimes d’enlèvements, "souvent à des fins de recrutement et d’utilisation”, alors que 1.667 autres ont été détenus "en raison de leur association, réelle ou présumée, avec des parties au conflit”.

Un tiers de l’ensemble des victimes étaient des filles, souligne le rapport, qui déplore que des milliers d’enfants soient privés des droits, de la sécurité et de la dignité "auxquels chaque enfant a droit”.

Cette hausse est notamment liée à l’utilisation croissante d’armes explosives dans les zones peuplées ainsi qu’à l’intégration grandissante de l’intelligence artificielle dans les processus de ciblage, explique le rapport.

L’année 2025 a constitué "l’un des chapitres les plus sombres pour la protection de l’enfance” depuis le début du mécanisme de suivi, a déclaré la Représentante spéciale du Secrétaire général pour les enfants et les conflits armés, Vanessa Frazier, citée dans le rapport.

Les enfants touchés par les conflits armés "doivent être considérés comme des victimes”, a souligné la responsable onusienne, ajoutant que la réintégration est "le lieu où l’avenir d’un enfant — et notre avenir commun en tant qu’humanité — se reconstruit”.

"J’appelle la communauté internationale à soutenir, tant sur le plan politique que financier, la réintégration de tous les enfants libérés des forces et groupes armés”, a conclu Mme Frazier.
Copyright Groupe le Matin © 2026