LE MATIN
12 Octobre 2026
À 13:39
Près de 6,5 millions de
Marocains souffrent de
troubles mentaux, dont deux millions d’enfants et de jeunes. Une grande majorité d’entre eux ne bénéficient toutefois pas des
soins nécessaires. C’est le constat rappelé par
l’Alliance professionnelle des psychologues cliniciens en exercice libéral au Maroc (APCEL Maroc), dans un communiqué publié à l’occasion de la
Journée mondiale de la santé mentale, célébrée le 10 octobre.
Un déficit de prise en charge qui persiste
L’appel des
psychologues cliniciens intervient dans un contexte marqué par un important déficit de prise en charge. 85% des personnes souffrant de
troubles mentaux ne bénéficieraient pas des soins nécessaires. Rapportée aux 6,5 millions de personnes concernées, cette proportion représenterait près de 5,5 millions de Marocains.
Plusieurs obstacles persistent, notamment l’insuffisance de l’offre de soins, les difficultés d’accès aux services spécialisés, les limites du dépistage précoce et la stigmatisation sociale.
L’APCEL appelle ainsi à renforcer la prévention et la sensibilisation, mais aussi à améliorer l’accès aux services d’évaluation, de traitement et d’accompagnement psychologiques, notamment pour les enfants, les adolescents et les populations vulnérables.
Un plan de près de 4 milliards de dirhams attendu sur le terrain
Le
Plan de santé mentale Maroc 2030 doit contribuer à améliorer la
prise en charge des troubles mentaux. Ce programme, doté selon le communiqué d’une enveloppe budgétaire avoisinant les 4 milliards de dirhams, vise notamment à renforcer la prévention, à améliorer l’accès aux soins et à développer les services de prise en charge et de réhabilitation psychologique.
L’APCEL salue cette initiative, mais attend des résultats concrets. Les
investissements annoncés devront améliorer
l’accès aux soins et la qualité des services proposés aux patients.
Le
dépistage précoce, le renforcement des
effectifs spécialisés et la
formation des professionnels figurent parmi les priorités défendues, au même titre qu’une meilleure coordination entre les
secteurs de la santé, de l’éducation et de l’action sociale.
L’organisation plaide également pour le développement des
services de réhabilitation et d’accompagnement social afin de favoriser l’inclusion des personnes souffrant de troubles mentaux.
L’APCEL réclame, par ailleurs, un suivi régulier des actions engagées, avec des objectifs précis et des indicateurs permettant d’en mesurer les résultats.
Les psychologues cliniciens demandent une meilleure reconnaissance
L’Alliance réclame une meilleure intégration des
psychologues cliniciens dans le
système national de santé mentale. Elle souhaite que ces professionnels, y compris ceux exerçant dans le secteur libéral, soient associés à l’élaboration, à la mise en œuvre et à l’évaluation des politiques publiques.
Elle plaide aussi pour une révision du
cadre juridique et réglementaire de la profession, afin de mieux encadrer les conditions d’exercice et de reconnaître leur rôle dans le
parcours de soins.
Autre revendication importante : la
prise en charge des consultations psychologiques par les dispositifs de
couverture médicale et l’élargissement de leur remboursement. L’objectif est de réduire le coût supporté par les patients et de faciliter l’accès aux soins.
L’APCEL appelle également à renforcer la formation continue, la supervision professionnelle et la recherche scientifique, tout en instaurant un dialogue régulier entre les pouvoirs publics et les représentants de la profession.
Des engagements à concrétiser
Au-delà des investissements annoncés, l’APCEL souhaite que les progrès en matière d’accès aux soins et de qualité de la prise en charge puissent être mesurés à travers des objectifs clairs et des mécanismes d’évaluation.
Elle demande également que les personnes ayant vécu des
troubles mentaux soient davantage associées à l’élaboration des politiques publiques et à l’évaluation des services. Leur expérience pourrait contribuer à mieux adapter les dispositifs aux besoins des patients.
La lutte contre la stigmatisation et les discriminations reste une autre priorité. L’Alliance appelle à renforcer les actions de sensibilisation pour encourager le recours aux
soins psychologiques et faire évoluer le regard porté sur les troubles mentaux.
Enfin, l’APCEL réaffirme sa volonté de contribuer à la réforme nationale de la santé mentale, aux côtés des pouvoirs publics, des professionnels de santé, des universités, des associations, des familles et des patients.
L’APCEL appelle ainsi à faire de l’accès aux soins psychologiques une priorité dans la mise en œuvre du Plan de santé mentale Maroc 2030.