08 Octobre 2026 À 13:22
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Dans les zones rurales, les sages-femmes et les médecins généralistes assurent seuls le suivi prénatal, en l'absence de gynécologues ou de radiologues. Le dispositif mis en place leur fournit une sonde portable connectée à une tablette, qui les guide pas à pas dans la réalisation de sept balayages standardisés. L'IA analyse les images en temps réel, identifie et valide automatiquement les structures anatomiques fœtales — tête, colonne vertébrale, cœur, placenta, liquide amniotique — et génère automatiquement un rapport médical numérique, systématiquement revu et validé par un médecin. La fiche de consultation prénatale — autrefois sur papier — est intégrée à l'application et alimente un dossier patient centralisé accessible à chaque visite.
27 sages-femmes formées utilisent déjà le dispositif au quotidien. Les retours terrain sont très positifs: grâce à l'engagement remarquable des professionnels de santé et au soutien du système de santé régional, le dispositif s'est intégré naturellement dans la pratique quotidienne. La durée d'un examen a par ailleurs été réduite de deux à trois fois, du temps précieux rendu aux soignants et aux patientes.
Avant le déploiement, les femmes enceintes devaient parcourir en moyenne 90 km pour accéder à une échographie. Ce programme ramène cet examen au sein même de leur centre local. Il change également les pratiques de référencement: une majorité de centres orientaient leurs patientes vers l'hôpital faute de pouvoir distinguer localement une grossesse normale d'une grossesse à risque. Le dispositif permet désormais de réduire significativement ces transferts, générant des coûts évités importants pour le système de santé et les familles, tout en libérant les ressources hospitalières pour les cas qui en ont vraiment besoin.
Des pathologies comme la pré-éclampsie, les anomalies du liquide amniotique ou les irrégularités du rythme cardiaque fœtal peuvent désormais être détectées lors d'un examen de routine et orienter la patiente en temps utile. Plus largement, en rendant un dépistage fiable accessible dans chaque centre de proximité, ce programme contribue à ce que des malformations fœtales graves — détectables dès le premier trimestre mais invisibles sans outil adapté — puissent être identifiées à temps, donnant aux familles le temps d'être informées et accompagnées dignement.
Fort de ces résultats, le Ministère étend le programme à 40 centres supplémentaires, portant le total à 50 établissements dans la région Béni Mellal-Khénifra — première étape vers une généralisation nationale.