Noura Mzaghrani
17 Avril 2026
À 10:46
Une équipe internationale de chercheurs vient de lever le voile sur une découverte qui pourrait profondément modifier la compréhension de l’évolution des
dinosaures. Des
fossiles exhumés au Maroc montrent que certaines espèces disposaient déjà, il y a plus de 165 millions d’années, de structures défensives avancées, notamment des queues armées de pointes.
Selon les travaux relayés par
The Conversation, ces caractéristiques, que l’on pensait apparues bien plus tard dans l’histoire des dinosaures, auraient en réalité émergé au moins 30 millions d’années plus tôt que les estimations précédentes.
Au cœur de cette découverte figure un dinosaure inédit, baptisé
Spicomellus afer, identifié dans les
montagnes de l’Atlas. Cet herbivore blindé, appartenant au groupe des ankylosaures, se distingue par une morphologie exceptionnelle, marquée par des pointes osseuses fusionnées directement à ses côtes — un cas unique dans le règne animal.
L’animal présentait également un collier de longues épines au niveau du cou, certaines atteignant près d’un mètre, ainsi qu’une armure complexe composée de plaques et de protubérances osseuses.
Mais l’élément le plus marquant réside dans la structure de sa queue. Les chercheurs ont identifié des
vertèbres fusionnées, caractéristiques des dinosaures dotés d’une «
arme caudale », semblable à une massue ou à des pointes utilisées pour se défendre. Jusqu’ici, ces adaptations étaient associées à des espèces bien plus récentes. Cette découverte suggère donc que les mécanismes de défense sophistiqués sont apparus beaucoup plus tôt dans l’évolution des dinosaures qu’on ne le pensait.
Les scientifiques avancent par ailleurs que ces structures n’étaient pas uniquement défensives. Certaines pointes, particulièrement développées, auraient également pu servir à impressionner des rivaux ou à attirer des partenaires, introduisant une dimension comportementale dans l’évolution de ces espèces.
Le Maroc, un terrain clé pour la paléontologie
Cette découverte confirme une nouvelle fois le rôle central du Maroc dans la recherche paléontologique mondiale. Les gisements du pays continuent de livrer des fossiles majeurs, contribuant à enrichir la compréhension de la
biodiversité préhistorique en Afrique et à l’échelle globale. En révélant une espèce aussi atypique, ces travaux ouvrent de nouvelles pistes de recherche et soulignent combien l’histoire des dinosaures reste encore largement à explorer.