Un match “haut en sécurité”

Ça bouge en culture !

Ce ne sont pas les artistes marocains qui vont dire le contraire ! L'année 2008 est à marquer d'une pierre blanche.

29 Juillet 2008 À 17:59

Plein d'événements importants ont changé la donne culturelle et artistique dans notre pays. En plus de la grande multitude des festivals qui animent en beauté et presque durant toute l'année les villes à travers le Royaume, on ne peut passer à côté d'actions pour le moins historiques. A commencer par la nomination d'une artiste, et femme en surcroît, à la tête d'un ministère qui a toujours été masculinisé à savoir de la Culture. Reconnaissons que l'événement inattendu a secoué plus d'un. L'engagée Touria Jebrane alias Kryatif, une bête de scène et une fidèle abonnée des combats sociaux, a fait la surprise à sa façon en changeant de champs d'action. La grande symbolique de cette nomination est tellement évidente que les observateurs n'ont pas hésité à qualifier la chose de «tournant historique».

Une artiste dans un poste de décision et chapeautant l'Institution de tutelle… c'est une première qui d'emblée rassure ses congénères sur un point au moins. La «responsable» est cette fois-ci de la maison, elle connaît très bien la situation et elle est connue pour avoir toujours défendu les intérêts de ses semblables. Il lui reste toutefois à traduire cet engagement en actions.
Mais on retient tout de même l'importante signification de cette nomination dans un paysage riche et prometteur certes, mais qui a l'allure d'un chantier en pleine mutation. Une scène mouvementée sujette à de nombreuses secousses et qui a besoin de toutes les bonnes volontés pour apporter plus de sérénité et insuffler une évolution devenue vitale.

Toujours dans le sens du changement et des décisions qui transforment la face de la vie artistique. L'année 2008 a vu l'aboutissement tant attendu d'un long combat mené depuis des années par les artistes.
La Mutuelle nationale des artistes (MNA), le happy end, enfin ! C'était le 7 mai, la bonne nouvelle est tombée lors d'un point de presse, le premier, donné par l'organisme fraîchement instauré. Un beau cadeau pour fêter la Journée nationale de la musique et un ouf de soulagement général. C'est la fin de la galère des créateurs et de tous ceux qui s'en attachent que ce soit de près ou de loin, à savoir les techniciens et les employés liés aux différents métiers de l'art et de la culture. Fini le temps où le public se contentait d'exprimer sa pitié vis-à-vis d'un acteur qui tombe gravement malade et ne trouve pas de quoi se soigner.

Dorénavant, tous les artistes ont le droit, comme les autres citoyens, d'être assurés et surtout d'être considérés comme des «acteurs actifs» dans l'économie et la société marocaines. Un statut que les artistes n'avaient cessé de réclamer depuis des dizaines d'années et qui a toujours affronté une mentalité récalcitrante et surtout une inertie décisionnelle. Avec un président (Mohamed Kaouti), un comité administratif et un bureau exécutif, la MNA est un organisme qui offre ses services à tous les intéressés sans exception. «Notre mutuelle est pour tous les artistes. Personne n'est exclu. Il suffit que l'intéressé appartienne à la famille des artistes, des créateurs ou exercer une profession liée aux métiers des arts et de la culture, et qu'il soit domicilié au Maroc», déclare le président, auparavant, au Matin du Sahara.

La MNA serait la concrétisation d'une action visant la prévoyance, l'entraide dans un milieu qui a plus que jamais besoin de solidarité entre ses acteurs.
Le prix de 300 DH du droit d'admission, avec une cotisation annuelle de 700 DH, 500 DH pour le conjoint et 300 DH pour chaque enfant n'ayant pas encore atteint 21 ans. Une somme qui va valoir à nos artistes adhérents une bonne couverture médicale avec un remboursement s'élevant à hauteur de 30.000 DH par an, pour chaque maladie y compris les soins médicaux, la chirurgie et les frais de séjour hospitaliers, les accouchements et les prothèses dentaires. Un bon début et un acquis premier qui peuvent entraîner d'autres pour le bonheur des artistes issus de toutes les disciplines.

En évoquant la solidarité et le soutien, on arrive à un geste Royal de la plus haute signification pour les artistes et en particulier pour les jeunes créateurs. Rappelez-vous ! lors de la 7e édition du festival Mawazine-Rythmes du monde, organisée du 16 au 24 mai à Rabat, l'événement a été clôturé en beauté avec la remise d'un don royal aux jeunes créateurs bien prometteurs dans le domaine de la musique et de la chanson.

H-Kayne, Darga, Hoba Hoba Spirit, Mazagan et Joudia, en plus des lauréats du concours Génération Mawazine 2007, en l'occurrence The Stunt Boys, May Ara-Fusion et Hakmin ont tous profité de ce don s'élevant à 250.000 dirhams par bénéficiaire. La cerise sur le gâteau serait l'engagement de la SNRT à produire des albums et des clips vidéo pour ces heureux élus. Un don, qui au-delà de sa valeur matérielle, aura une grande signification pour toute une génération d'artistes et de musiciens new wave.
-------------------------------------------------------------

Une grande signification

Le don Royal aux jeunes musiciens marocains est une traduction claire de l'intérêt et de l'encouragement royaux. La nouvelle vague, la scène underground qui ne l'est plus d'ailleurs, est désormais reconnue comme un espace de création et d'expression pour les jeunes d'aujourd'hui. Venant de tous les horizons et affichant les plus diverses tendances, ils sont là à proclamer leurs styles respectifs, à exprimer leurs opinions et à apporter leurs changements et leur contribution dans l'édification d'une identité certes multiple, mais profondément marocaine. Le don royal est venu comme une bénédiction !
Copyright Groupe le Matin © 2026