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Solaire, le plan du futur proche
Le projet intégré d'énergie électrique solaire constitue une réponse aux défis de la sécurité d'approvisionnement énergétique, de la préservation de l'environnement et du développement durable.
LE MATIN
30 Juillet 2011
À 14:28
Si la préservation des équilibres macroéconomiques reste une préoccupation majeure des pouvoirs publics, plusieurs chantiers ont été entrepris en vue d'inscrire le pays dans un sentier de croissance forte et durable. Dans ce sillage, le Projet intégré d'énergie électrique solaire constitue une réponse aux défis de la sécurité d'approvisionnement énergétique, de la préservation de l'environnement et du développement durable. Unique en son genre et de par son envergure, le plan est une offre énergie-industrie, qui a été construite pour accompagner l'élan des projets liés aux énergies renouvelables et à l'efficacité énergétique et contribuer à l'émergence d'une industrie associée. La démarche est d'autant plus opportune qu'il faut dire que la nouvelle donne aura été marquée dans un passé très récent par un tournant historique pour les énergies renouvelables qui, en pleine crise globale mondiale, ont maintenu leur forte progression malgré la rétraction générale de l'activité.
Ce découplage de leur évolution par rapport à la conjoncture économique et financière confirme l'importance capitale que la majorité des Etats accordent au développement du secteur des énergies renouvelables comme source de croissance, de création d'emplois, de stabilisation des prix de l'énergie et de réduction des émissions de gaz à effet de serre. Dès lors, le Royaume s'est inscrit dans cette tendance mondiale vers la nouvelle économie verte. Il faut noter qu'au plan interne, le pays connaît un bond en avant dans son développement économique et social avec la réalisation de grands chantiers déjà lancés ou programmés dans l'agriculture, l'industrie, les infrastructures et l'habitat. Cet essor sans précédent entraîne la croissance des besoins en diverses formes d'énergie à un rythme soutenu de 5% annuel en moyenne et de 7,5% par an pour l'électricité, entraînant ainsi un doublement de notre consommation électrique d'ici 2020 et un quadruplement d'ici 2030. Voilà pourquoi la nouvelle stratégie énergétique, qui s'inscrit dans la vision globale et intégrée du Souverain, prévoit de construire un bouquet énergétique diversifié et équilibré où les énergies renouvelables occupent une place de choix pour à la fois satisfaire cette demande croissante, préserver l'environnement et réduire la dépendance énergétique de l'extérieur. Pour répondre à la demande croissante d'électricité, la puissance électrique installée sera triplée d'ici 2020 par rapport à son niveau actuel. A cet horizon, les centrales fonctionnant avec des énergies renouvelables représenteront 42% de la capacité électrique totale installée, le solaire, l'éolien et l'hydraulique occupant chacun 14%.
«Cet objectif ambitieux et volontariste est réalisable grâce aux atouts reconnus dont notre pays dispose dans ce domaine avec un énorme potentiel en énergies solaire et éolienne, une position stratégique au cœur du carrefour énergétique euro-méditerranéen, des projets de dimension régionale facilitant la synergie avec le Plan solaire méditerranéen, l'initiative DESERTEC et le Projet Transgreen auxquels le Maroc adhère», tient à indiquer Amina Benkhadra, ministre de l'Energie et des Mines. Depuis le lancement du Projet intégré d'énergie électrique solaire en novembre 2009, il a été mis en place le cadre législatif, réglementaire et institutionnel nécessaire pour assurer le développement des énergies renouvelables en donnant la visibilité requise aux opérateurs et investisseurs.
Ainsi, le 11 février 2010, ont été promulguées trois lois relatives respectivement aux énergies renouvelables, à la création de la Moroccan Agency for Solar Energy et à l'Agence nationale pour le développement des énergies renouvelables et de l'efficacité énergétique. En particulier, la loi 13-09 sur les énergies renouvelables, très libérale et attractive, offre des opportunités réelles d'investissement pour le secteur privé qui peut, sans limitation de puissance, produire de l'électricité de sources renouvelables. L'électricité produite peut être fournie au marché local et/ou exportée par accès au réseau national et aux interconnexions avec les pays tiers, si nécessaire, la possibilité de disposer de lignes directes d'exportation.
Les projets de production de l'électricité à partir de sources renouvelables sont largement ouverts à l'initiative privée nationale et internationale. MASEN, pour les projets solaires, et l'ONE pour les projets éoliens, jouent le rôle de catalyseurs dans la dynamique impulsée par le Souverain pour accélérer le développement des énergies renouvelables. Pour Mme Benkhadra, « la stratégie énergétique vise à édifier un système énergétique sobre en carbone et répondant durablement aux besoins en énergie des générations présentes et futures, s'intègre dans notre stratégie environnementale de long terme qui vise la protection et la préservation des ressources et des écosystèmes, l'amélioration du cadre de vie des citoyens et la mise en œuvre de plans opérationnels pour réaliser ces objectifs».
Le plan de production d'énergie solaire, doté d'une enveloppe d'investissement d'environ 9 milliards de dollars, vise la mise en place en 2020 d'une capacité de production de 2.000 mégawatts équivalente à 38% de la puissance installée à fin 2008 et 14% de la puissance électrique à l'horizon 2020. Il sera réalisé sur cinq sites (Ouarzazate, Ain Bni Mathar, Foum Al Oued, Boujdour et Sebkhat Tah). Ce plan devrait permettre d'économiser 1 million de TEP et d'éviter l'émission de 3,7 millions de tonnes de CO2 par an.
Le programme EnergiPro
Le programme EnergiPro consiste à offrir aux auto-producteurs la possibilité de produire leur électricité à partir des énergies renouvelables. L'excédent de production serait racheté par l'ONE à un tarif préférentiel. Dans ce cadre, il est prévu d'installer une capacité de l'ordre de 1.000 MW à partir de l'énergie éolienne à l'horizon de 2012. Parallèlement, des mesures d'accompagnement pour le développement des énergies renouvelables ont été mises en place et portent sur la création, en juin 2009, de la Société d'investissements énergétiques (SIE), l'adoption en janvier 2010 de la nouvelle loi sur les énergies renouvelables, l'adoption de la loi relative à l'Agence nationale pour le développement des énergies renouvelables qui vient se substituer au Centre de développement des énergies renouvelables, ainsi que la création de l'Agence marocaine de l'énergie solaire (MASEN) qui a lancé en 2010 le processus de présélection pour la réalisation de la première phase du complexe solaire de Ouarzazate (500 MW en 2015).