29 Juillet 2013 À 20:44
Adopté en 2008, le Plan Maroc vert concerne un secteur des plus stratégiques au Maroc, en l’occurrence l’agriculture. Le secteur emploie actuellement quelque 4 millions de personnes dans le monde rural ainsi que plus de 100 000 personnes dans le domaine de l’agro-alimentaire. L’agriculture au Maroc joue un rôle déterminant dans les équilibres macro-économiques du pays à travers une participation à hauteur de 19% au PIB. Et ce n’est pas tout, l’agriculture supporte une importante charge sociale, puisqu’elle constitue le revenu de plus de 80% des 14 millions ruraux marocains. L’importance de ce secteur a été boostée à travers la mise, en plus de la stratégie Maroc vert, d’une stratégie avec une vision qui s’étend sur 12 ans, allant de l’année 2008 à 2020. Les objectifs sont déjà fixés, atteindre un investissement privé de 110 à 150 milliards de DH dans des activités à haute valeur ajoutée, multiplier par 2,5 la contribution du secteur au PIB et créer 1,5 million de postes d’emplois supplémentaires.
La stratégie du plan Maroc vert s’est fixé, depuis son lancement, des objectifs clairs et précis. Pour y arriver, deux piliers majeurs ont été mis en place. Il s’agit de l’agriculture moderne et de l’agriculture solidaire.Le premier pilier se veut comme un moteur de développement pour une agriculture performante adaptée aux règles du marché avec une forte valeur ajoutée ainsi qu’une forte productivité. Pour ce faire, la stratégie a opté pour la création volontariste de pôles de développement agricoles et agroalimentaires à forte valeur ajoutée, répondant pleinement aux exigences du marché. Aussi, le déclenchement d’une nouvelle vague d’investissement massif autour de nouveaux acteurs à forte capacité managériale fait partie des bases de ce pilier. Au total, 150 milliards de dirhams sont générés à terme, un budget qui concerne quelque 400 000 exploitants et plus de 900 projets.
S’agissant du deuxième pilier, relatif à l’agriculture solidaire, il prévoit un accompagnement de la petite agriculture dans l’objectif de la moderniser pour lutter contre la pauvreté, ainsi que la mise en place d’une stratégie de développement rural intégré et de développement de sources alternatives de revenu. Ce pilier concerne 600 à 800 mille exploitants pour un investissement total de 15 milliards de dirhams. La population touchée par ce pilier dépasse les trois millions de ruraux qui verront leurs conditions de vie s’améliorer.La stratégie du Plan Maroc vert qui se veut comme une locomotive du développement du monde rural commence à donner ses résultats dans un secteur longtemps marginalisé. Un impact important sur la croissance est attendu ainsi qu’une mise à niveau et une augmentation du revenu agricole pour lutter contre la pauvreté dans le monde rural, ce qui justifie les moyens financiers, institutionnels et managériaux investis dans le cadre de cette stratégie. L’amélioration du PIB agricole est aussi présente parmi les objectifs, cela passe forcément par l’amélioration des exportations ainsi que des investissements privés dans le secteur agricole. Dans son volet solidaire, la stratégie du Plan Maroc vert permettra à terme de lutter plus efficacement contre la pauvreté, mais surtout de le faire à une grande échelle, en ne concernant pas seulement les campagnes, mais aussi les zones périurbaines défavorisées.
Pour réussir son pari et parvenir à la réalisation des objectifs de cette stratégie, l’État a mis en place un dispositif important pour le financement. Dans ce sens, des contrats et des partenariats ont été signés avec plusieurs banques et institutions aux niveaux national et international ainsi que la mise en place d’une structure spécialisée dans le financement des petits agriculteurs. Des partenaires internationaux du Maroc ont aussi montré leur motivation pour le projet, des bailleurs de fonds comme l’Union européenne, la Banque Mondiale, le Fonds international pour le développement agricole (Fida), l’Agence française de développement (AFD) ou la Banque africaine de développement (BAD) ont apporté leur contribution et leur soutien au Plan Maroc vert à travers des dons qui ont dépassé les 4 milliards de dirhams, en plus des prêts à l’investissement avoisinant les 5 milliards de dirhams.
Au niveau national, l’État et ses institutions contribuent aussi au financement de la stratégie, à l’instar du fonds Hassan II à travers un investissement de quelque 800 millions de dirhams sur une durée de 4 ans. Rappelons que 53 milliards de DH ont été investis dans le Plan Maroc vert depuis son lancement en 2008. Cela englobe quelque 12,3 milliards de DH mobilisés via des partenariats et des subventions étatiques allant jusqu’à 5,3 milliards de dirhams selon les derniers chiffres officiels.