Amine Raad
19 Août 2026
À 15:58
Alors que les supporters des clubs nationaux attendent avec impatience le retour de la
Botola Pro Inwi D1, aucune date précise pour le lancement de la saison 2026-2027 n’a encore été dévoilée. À ce jour, la LNFP n’a toujours pas communiqué le calendrier officiel des rencontres, plaçant entraîneurs et préparateurs physiques dans une situation inconfortable pour établir leurs cycles de travail et programmer leurs matchs amicaux avec précision. Cette absence de visibilité fragilise forcément la pré-saison. Les techniciens avancent à tâtons, partagés entre l’idée de conserver une forte intensité de travail et celle de réduire la charge pour éviter une usure prématurée de leurs joueurs.
Ce retard dans la programmation s’explique notamment par les contraintes du calendrier international, les rassemblements des sélections nationales et les engagements continentaux des clubs marocains en Ligue des champions et en Coupe de la Confédération de la CAF. Pour les observateurs, cette communication tardive des instances pénalise toutefois l’image et l’attractivité du produit «Botola». Sans feuille de route claire, diffuseurs et sponsors éprouvent eux aussi des difficultés à anticiper et à valoriser le championnat. Les dirigeants de clubs, déjà confrontés à de lourdes contraintes financières et logistiques, ne cachent plus leur inquiétude : préparer une saison sans visibilité à court terme finit inévitablement par peser sur le spectacle et la performance des joueurs.
Le passage à 20 clubs : révolution sportive ou risque économique ?
L’autre dossier qui nourrit les discussions dans le football national en cette fin de période estivale est sans conteste l’élargissement officiel de l’élite, désormais appelée à réunir 20 équipes. Cette réforme bouleverse le format du championnat en ajoutant huit journées au calendrier global, avec désormais 38 rencontres disputées par chaque formation sur l’ensemble de la saison. Sur le plan sportif, cette nouvelle formule permet une représentation plus large des différentes régions du pays et multiplie les affiches à enjeu, avec l’ambition de tirer le niveau général vers le haut. Elle pourrait également offrir davantage d’opportunités aux jeunes joueurs issus des centres de formation, appelés à gagner en temps de jeu.
Mais derrière cette ambition se cachent de sérieuses interrogations. L’augmentation du nombre de rencontres alourdira sensiblement les dépenses des clubs, notamment pour les déplacements, l’hébergement et la gestion des effectifs. Dans un championnat où plusieurs formations font déjà face à des litiges financiers, à des interdictions de recrutement ou à des budgets fragiles, cette densité supplémentaire pourrait creuser davantage l’écart entre les clubs les mieux structurés et les équipes aux moyens plus limités. La profondeur du banc sera donc déterminante. Pour tenir le rythme et absorber l’enchaînement des matchs tout au long de la saison, les entraîneurs devront disposer d’effectifs suffisamment étoffés et capables de répondre présent sur la durée.