Amine Raad
14 Janvier 2026
À 23:38
Dans une ambiance incandescente au complexe Moulay Abdellah de Rabat, la première période de cette demi-finale entre le
Maroc et le
Nigeria a tenu toutes ses promesses d’intensité. Portés par un public en fusion, les
Lions de l’Atlas ont immédiatement pris les rênes de la rencontre, imposant un pressing étouffant. Sous l'impulsion d’un
Brahim Díaz virevoltant, les hommes de
Walid Regragui ont multiplié les offensives, contraignant le bloc nigérian à une vigilance de tous les instants. À la 22e minute, le stade a bien failli chavirer lorsque le milieu du Real Madrid, après un slalom dévastateur, a déclenché une frappe surpuissante, obligeant
Stanley Nwabali à une parade réflexe monumentale sur sa ligne.
Face à cette domination territoriale, les Super Eagles ont fait preuve d’une résilience impressionnante. Bien en place tactiquement, le Nigeria a méthodiquement fermé les intervalles, misant sur des transitions éclairs pour frapper en contre. Victor Osimhen, bien que sevré de ballons, a pesé sur la charnière Aguerd-Masina par ses appels incessants, manquant de peu l’ouverture du score. Malgré une ultime pression marocaine avant la pause, les deux formations ont regagné les vestiaires sur un score de parité. Tout reste à faire dans ce choc de titans où la moindre erreur semble désormais proscrite.
Yassine Bounou envoie le Maroc en finale
La seconde période a basculé dans une dimension épique, transformant ce duel en véritable thriller continental. Dès le retour des vestiaires, le Nigeria a haussé le ton, bousculant des Marocains soudainement plus fébriles. Les Super Eagles ont cru prendre l’ascendant en s’appuyant sur un bloc ultra-compact et des sorties de balle foudroyantes. Le Maroc, de son côté, a monopolisé le cuir, tentant par tous les moyens de contourner le mur vert. Les entrées de
Hamza Igamane, d’Eliesse Ben Seghir et de Youssef En-Nesyri ont apporté un second souffle, mais la précision a fait défaut dans le dernier geste.
Malgré les changements opérés par Regragui, le score est resté inchangé au terme du temps réglementaire. La prolongation n’a rien changé au destin de cette rencontre, les organismes étant usés par une lutte acharnée de 120 minutes. Le dénouement allait donc se jouer dans la cruauté des tirs au but. C’est là que Yassine Bounou est entré dans la légende. Impérial, le gardien marocain a stoppé les tentatives de Samuel Chukwueze et Bruno Onyemaechi, déclenchant des vagues de joie dans les tribunes. Côté marocain, El Aynaoui, Ben Seghir et Hakimi n’ont pas tremblé. Le moment de vérité est revenu à Youssef En-Nesyri. D’un plat du pied assuré, il a envoyé le Maroc en finale, libérant tout un peuple. Au terme d’un suspense insoutenable, les Lions de l’Atlas terrassent les Super Eagles et s’offrent une finale historique face au Sénégal. Le rêve d’un sacre à domicile est plus que jamais vivant.