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CAN 2025 : le Nigeria, l’ogre continental que les Lions de l’Atlas veulent faire tomber

Tombeur de l’Algérie en quart de finale de la CAN 2025, le Nigeria a confirmé son statut de favori au fil de cette édition de la Coupe d’Afrique, porté par une machine offensive bien huilée. Avec 14 buts inscrits en cinq matchs, la sélection nigériane semble évoluer sur une autre planète, tant sur le plan physique qu’offensif. Sous la houlette d’Éric Chelle, les Super Eagles ont délaissé la rigidité du passé au profit d’un jeu de transition foudroyant. Toutefois, l’analyse de leur parcours révèle des failles structurelles que Walid Regragui a certainement déjà consignées dans son carnet de bord avant le choc entre les deux équipes.

Ph. Seddik

12 Janvier 2026 À 15:00

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À l’aube d’une demi-finale électrique de la CAN 2025 à Rabat, l’affrontement entre les Lions de l’Atlas et les Super Eagles du Nigeria s’annonce comme une véritable finale avant l’heure. Le Nigeria d’Éric Chelle est une machine à produire de l’efficacité. Avec 14 buts en cinq rencontres, la sélection nigériane affiche une supériorité physique et offensive saisissante. Sous la direction de l’ancien sélectionneur du Mali, les Super Eagles développent un jeu de transition fulgurant. Le trio Victor Osimhen, Ademola Lookman et la révélation Akor Adams a martyrisé toutes les défenses, y compris celle de l’Algérie en quart de finale (2-0). La principale force de ce groupe réside dans sa capacité à punir instantanément la moindre perte de balle adverse, portée par un taux de conversion de 21%, le plus élevé de la compétition. Au milieu, le volume de jeu de Frank Onyeka constitue un écran physique capable d’étouffer n’importe quel créateur.

Les failles que Regragui pourrait exploiter

La puissance de feu impressionnante des Nigérians dissimule pourtant un équilibre précaire. Contrairement à ses années maliennes, marquées par une rigueur défensive extrême, Éric Chelle a fait le pari de l’audace, laissant parfois son arrière-garde exposée. C’est là que le bât blesse : hormis leur démonstration face au Mozambique (4-0), les Nigérians ont concédé des occasions franches à chaque sortie. Leur tendance à se relâcher tactiquement, comme lors de la fin de match tendue face à la Tunisie, traduit un manque de discipline dès que l’intensité retombe. Pour Walid Regragui, le plan de chasse est limpide : attaquer le dos des latéraux nigérians. Le Maroc, avec la créativité de Brahim Díaz et les projections d’Achraf Hakimi, dispose des armes idéales pour saturer les couloirs et contraindre Lookman ou Simon à défendre bas, les éloignant de leur zone d’influence favorite. La clé du match se jouera aussi dans la bataille du milieu. En installant un faux rythme et en monopolisant le ballon, les Lions peuvent frustrer des Super Eagles qui ont besoin de chaos pour exister. Plus la rencontre sera fermée et tactique, plus les chances marocaines grimperont.
Enfin, Regragui devra miser sur la gestion émotionnelle. Le Nigeria d’Éric Chelle a montré qu’il pouvait se montrer fébrile sous une pression intense, surtout face à un pays hôte porté par son public. En imposant un pressing étouffant dès les premières minutes, comme face au Cameroun, les Lions de l’Atlas pourraient provoquer ce vent de panique qui saisit parfois la défense nigériane. Mercredi soir, au Stade Prince Moulay Abdellah, l’enjeu sera de transformer ce combat de boxe en une partie d’échecs millimétrée. Si le Maroc parvient à contenir les vagues vertes durant les vingt premières minutes, la route vers la finale pourrait s’ouvrir en grand.
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