Saloua Islah
23 Janvier 2026
À 10:25
La finale de
la CAN 2025 devait être l’apothéose d’un mois de football intense. Elle restera aussi comme l’un des matches les plus chaotiques de l’histoire récente de la compétition. Dimanche soir à Rabat, le Sénégal s’est imposé face au Maroc après prolongation, mais le scénario, marqué par des décisions arbitrales contestées et une interruption prolongée du jeu, a provoqué une onde de choc bien au-delà du continent.
Thierry Henry, témoin attentif depuis le plateau de CBS Sports, a livré une analyse aussi lucide que tranchante.
L’ancien champion du monde a d’abord tenu à replacer la finale dans son contexte, refusant toute lecture réductrice. « La compétition était exceptionnelle.
Le Maroc a fait du grand travail en termes d’infrastructure. Les stades, les hôtels étaient excellents », a-t-il affirmé, rappelant son attachement ancien à la CAN, qu’il suit depuis son enfance. Pour lui, les polémiques de la finale ne sauraient effacer la qualité globale du tournoi ni le niveau affiché par les équipes.
Mais lorsqu’il aborde l’attitude des Lions de la Teranga, Thierry Henry se montre beaucoup plus sévère. La sortie collective des joueurs sénégalais, venus protester contre le penalty accordé au Maroc dans les derniers instants du temps réglementaire, est clairement condamnée. «
La réaction de l’équipe du Sénégal qui voulait quitter le terrain était mauvaise. Ce n’est pas l’image qu’on a envie de donner, pas seulement pour le football africain, pour tout le football », tranche-t-il, tout en reconnaissant la tension extrême du moment. « Est-ce que je comprends la frustration ? Oui. La manière dont ils s’y sont pris ? Non ».
Ce recadrage n’est pas une attaque gratuite. Henry insiste sur le fait que cet épisode
ne doit pas définir la CAN 2025. « Je ne resterai pas sur ce que j’ai vu à la toute fin parce que le tournoi était bon », assure-t-il, refusant que l’image du football africain soit durablement ternie par un seul match, aussi spectaculaire soit-il.
Thierry Henry désigne l’arbitrage comme le vrai point noir
Le cœur de son propos se situe ailleurs. Selon lui, le véritable problème structurel demeure
l’arbitrage. « En regardant la CAN depuis longtemps, les arbitres ne sont pas au niveau du spectacle », constate-t-il. Mais loin de désigner des boucs émissaires, Thierry Henry remonte à la source. « Je ne blâme pas les arbitres, je blâme les gens qui ne les forment pas pour atteindre le niveau du football qu’on regarde. » Une critique frontale des instances et des systèmes de formation, qu’il juge inadaptés à l’évolution du jeu et à l’intensité des compétitions modernes.
Interpellé sur l’idée d’avoir
recours à des arbitres européens, l’ancien attaquant d’Arsenal balaie la proposition. « Il faut donner aux arbitres africains une chance. C’est un tournoi africain, il faut que ce soit des arbitres africains », insiste-t-il, plaidant pour un accompagnement sérieux et durable. « On peut voir qu’il y a des erreurs, davantage d’erreurs tout le temps. Et ça ternit un peu le tournoi ».