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CAN 2025 : un membre du Comex de la CAF présente ses excuses au Maroc et évoque une “injustice”

Samir Sobha, membre du comité exécutif de la Confédération africaine de football, reconnaît une « injustice » subie par le Maroc après le scénario polémique de la finale de la CAN 2025, marquée par un penalty contesté et une longue interruption qui continue d’alimenter les débats. Le dirigeant estime que les sanctions prévues par le règlement de la CAF n’ont pas été appliquées et appelle à assumer le tort fait aux Lions de l’Atlas. Une sortie forte qui relance le match de la vérité autour de cette finale et ravive les tensions dans les coulisses du football africain.

Samir Sobha : membre du comité exécutif de la CAF

18 Février 2026 À 13:57

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La finale de la CAN 2025 continue de secouer les instances dirigeantes du football africain. Samir Sobha, président de la Fédération mauricienne de football et membre du comité exécutif de la CAF, a publiquement présenté ses excuses au Maroc, estimant que la défaite face au Sénégal avait été entachée d’un non-respect des règlements. « Une grande injustice a été faite au peuple marocain et à son équipe nationale [...] Je voudrais implorer la Fédération marocaine de nous pardonner », déclare-t-il dans un entretien accordé au média britannique "The Guardian", affirmant que « les règles n’ont pas été respectées comme elles auraient dû l’être ».

Le dirigeant vise l’épisode du penalty litigieux qui avait provoqué la sortie des joueurs sénégalais du terrain avant une reprise du jeu un quart d’heure plus tard. « Ils ont été volés ! Il est clair qu’après le retrait de l’équipe sénégalaise, tous les joueurs auraient dû être sanctionnés d’un carton jaune », soutient-il, tout en précisant : « Je ne dis pas qu’il ne faut pas attribuer le trophée à l’équipe sénégalaise. Ce qui est fait est fait, on ne peut pas le changer [...] mais nous devrions mettre notre ego de côté et admettre qu’une injustice a été commise envers l’équipe marocaine ».

Au cœur de la tempête administrative, le cas Mosengo-Omba fracture la CAF

Au-delà du terrain, Samir Sobha a transformé sa sortie en véritable charge contre le fonctionnement de la CAF, pointant ce qu’il considère comme une crise de gouvernance au sommet de l’instance. Le dirigeant mauricien affirme que le secrétaire général Véron Mosengo-Omba « occupe son poste illégalement », en contradiction avec les règlements internes qui fixent l’âge de départ à la retraite à 63 ans, avec une seule prolongation possible de trois ans.

« Selon les statuts, il est aujourd’hui hors mandat. Je ne pense pas qu’il soit en position légale pour prendre des décisions ou signer des documents », tranche-t-il, appelant le président de la CAF, Patrice Motsepe, à « corriger cette situation » afin d’installer « un secrétaire général pleinement légitime ». Il assure en outre que « la plupart des présidents de fédérations africaines estiment que M. Mosengo n’a plus de mandat », une situation qui, selon lui, fragilise l’autorité de l’instance et nourrit les tensions en interne.

Interrogé sur ce sujet après la réunion du comité exécutif tenue vendredi dernier à Dar es-Salaam, en Tanzanie, Patrice Motsepe a répondu que « la retraite est régie par nos règles et règlements » et que la CAF prendrait « la meilleure décision [...] conformément à la légalité et à la gouvernance ».

L’absence de Véron Mosengo-Omba lors de cette réunion, pour des raisons familiales en République démocratique du Congo, n’a pas empêché Samir Sobha de maintenir sa position : « S’il avait été là, j’aurais pris la parole pour dire que je ne suis pas d’accord pour qu’il soit assis à cette place ».

Réélu au comité exécutif en mars dernier, le dirigeant mauricien prend soin de ménager le président de la CAF : « Patrice Motsepe est une très bonne personne [...] mais il se trouve que les choses ne vont pas dans la bonne direction. Certains problèmes doivent être réglés », glisse-t-il, maintenant la pression sur la gouvernance de l’instance.

Cette sortie vient donc rallumer l’incendie autour d’une finale de la CAN 2025 qui refuse obstinément de quitter l’actualité, sur fond de débats persistants autour de l’application des règlements et d’un climat interne de plus en plus agité au sein de la CAF. Entre justice réclamée sur la pelouse et légitimité contestée dans les bureaux, l’instance continentale joue désormais un match autrement plus délicat, celui de sa propre crédibilité, sous le regard d’un football africain de moins en moins disposé à prolonger le temps additionnel.
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