Amine Raad
02 Juin 2026
À 14:21
Après avoir cédé en demi-finale de la
CAN U17 face au
Sénégal, la
sélection nationale U17 n’est pas parvenue à relever la tête contre l’
Égypte lors du match de classement du tournoi continental. La prestation livrée face aux Pharaons (2-0) a mis en lumière les profondes lacunes d’un groupe en panne totale d’inspiration. Incapables de déstabiliser le bloc adverse, les Lionceaux ont affiché un niveau de jeu bien en deçà des attentes placées en cette catégorie d’âge. Le public de Salé a assisté à une véritable déroute technique et mentale, marquée par un manque d’engagement et une absence de révolte collective qui ont surpris les observateurs.
Alors que le Maroc a consenti des investissements colossaux pour faire de sa post-formation une référence mondiale, le visage sans relief montré par l’équipe sur la pelouse du Complexe Mohammed VI de football suscite de sérieuses inquiétudes. Zéro créativité au milieu, des approximations défensives récurrentes et une animation offensive stérile : cette défaite face aux Pharaons ne ressemble pas à un simple accident de parcours, mais davantage au symptôme d’un décalage préoccupant entre les ambitions affichées par le football national et la réalité observée sur le terrain.
La rupture avec l’expertise locale mise en cause
Cet échec met en lumière la fragilité des choix stratégiques opérés par la Direction technique nationale. Le départ de Nabil Baha, artisan du sacre mémorable lors de l’édition 2025, demeure difficile à comprendre pour une grande partie des observateurs du football national. Baha avait su insuffler à cette catégorie d’âge une culture de la gagne, une parfaite maîtrise des spécificités locales et une proximité psychologique essentielle à des adolescents en pleine phase de développement. Ce virage vers un profil étranger, Tiago Lima Pereira, moins familier des réalités des circuits traditionnels de détection, a rompu une chaîne de transmission qui fonctionnait pourtant à plein régime depuis l’ère Saïd Chiba. En privilégiant l’étiquette internationale à la continuité de l’expertise marocaine, la DTN a sans doute brisé une dynamique vertueuse. À quelques mois de la phase finale du Mondial au Qatar, ce tournoi disputé à domicile laisse un immense goût d’inachevé et soulève une question essentielle : faut-il poursuivre cette internationalisation accélérée des staffs techniques des jeunes, ou redonner les clés de la maison aux techniciens locaux qui ont déjà démontré leur capacité à faire rayonner le drapeau national ?