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Finale Maroc-Sénégal : le président de la Fédération mauricienne brise l’omerta et présente des excuses au Maroc

Dans une sortie médiatique d’une virulence rare accordée au quotidien britannique «The Guardian» mercredi, Samir Sobha, président de la Fédération mauricienne et membre influent du comité exécutif de la CAF, est revenu sur les événements de la finale de la CAN 2025. Le dirigeant mauricien est sorti du silence pour demander pardon au Maroc et à la Fédération Royale marocaine de football, évoquant ce qu’il a qualifié d’injustice. Sobha a reconnu que le Maroc avait subi un préjudice majeur lors de cette finale perdue (0-1) contre le Sénégal à Rabat, estimant que les règles de la CAF n’avaient pas été appliquées et que les joueurs sénégalais auraient dû être sanctionnés au moment de leur sortie du terrain.

18 Février 2026 À 16:13

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Les remous provoqués par la finale de la Coupe d’Afrique 2025, remportée par le Sénégal (1-0) face au Maroc, continuent d’agiter les coulisses plus d’un mois après le coup de sifflet final. Ces incidents, qui ont semé de profondes dissensions au sein de la Confédération africaine, ont été évoqués mercredi par Samir Sobha. Dans sa déclaration, le responsable mauricien a tenu à présenter ses excuses au Royaume pour ce qu’il considère comme une injustice. «Je tiens à implorer la Fédération Royale marocaine de football de nous pardonner pour l'injustice qui lui a été faite... Les règles n'ont pas été respectées comme elles auraient dû l'être lors de ce match... Ils ont été volés», a lancé Sobha. Le membre du Comex a insisté : selon lui, le Maroc a bel et bien subi un préjudice majeur lors de cette finale. «Il est clair qu'après que l'équipe sénégalaise a quitté le terrain, tous les joueurs auraient dû être sanctionnés d'un carton jaune. Je ne dis pas qu'on ne devrait pas donner le trophée au Sénégal. Ce qui est fait est fait. Nous ne pouvons plus rien changer... Mais nous devrions mettre notre ego de côté et reconnaître qu'une injustice a été commise envers l'équipe nationale marocaine. Après avoir passé en revue le règlement, je suis certain que ma position est juste», a-t-il affirmé.

Un timing chirurgical

Le choix du moment n’a rien d’anodin. Cette sortie intervient au lendemain d’une réunion du Comité exécutif à Dar es Salam, où l’ampleur des attentes s’est heurtée à une réponse jugée minimaliste. Alors que le Maroc a officiellement déposé un recours en appel contre les sanctions de la commission de discipline, la prise de parole de Sobha vient fissurer la ligne défensive de l’instance. En reconnaissant que le Maroc a été «volé» et en présentant des excuses publiques, il renforce la thèse d’un arbitrage contesté et d’un règlement malmené sous les projecteurs internationaux. Le timing est d’autant plus sensible qu’il coïncide avec une phase délicate pour le secrétariat général. Sobha ne s’est pas limité au rectangle vert : il a également ciblé Véron Mosengo-Omba, affirmant que ce dernier occuperait ses fonctions illégalement depuis octobre 2025 pour dépassement de la limite d’âge. En reliant la controverse sportive à une crise de légitimité administrative, le dirigeant mauricien laisse entendre que l’affaire dépasse largement le cadre du match.

Des répercussions en cascade ?

Les conséquences de ce pavé dans la mare pourraient être considérables. Sur le plan juridique, le Maroc dispose désormais d’un témoignage de poids émanant d’un membre du Comex pour étayer son recours devant le Tribunal arbitral du sport ou les instances d’appel. Politiquement, cette fracture interne fragilise la direction actuelle et donne du souffle au camp des réformateurs, qui dénoncent une gouvernance opaque. Au-delà des sanctions et des suspensions, c’est la crédibilité des prochaines échéances continentales et l’image du football africain qui se retrouvent sous tension. En appelant la CAF à «mettre son ego de côté», Samir Sobha a peut-être déclenché bien plus qu’un débat : un véritable compte à rebours institutionnel.
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