C’est donc par une simple publication officielle dévoilant la liste des convoquées que le public marocain a découvert la nomination d’Éric Blahic au poste de sélectionneur de l’équipe nationale féminine A. La FRMF a ainsi fait l’économie d’une traditionnelle conférence de présentation, préférant laisser le terrain et les premières convocations parler d’eux-mêmes. Cette arrivée intervient surtout après la fin de l’aventure de l’Espagnol Jorge Vilda, dont le passage à la tête des Lionnes de l’Atlas n’aura finalement pas répondu aux attentes placées en lui. Malgré des moyens conséquents, des conditions de préparation favorables et le soutien d’un public toujours aussi passionné, le technicien ibérique n’est pas parvenu à installer durablement le Maroc parmi les références du football féminin continental.
Le dernier parcours en Coupe d’Afrique des nations, conclu aux portes de la finale après des prestations jugées en deçà des ambitions affichées, a fini par précipiter la rupture. Vilda quitte ainsi son poste au terme d’une période où ses choix tactiques, sa gestion du groupe et sa capacité à exploiter pleinement le potentiel d’une génération particulièrement talentueuse ont souvent suscité des interrogations. Son départ ouvre désormais un nouveau chapitre. À Éric Blahic de remettre de l’ordre, de redonner de la confiance au groupe et surtout de transformer le potentiel des Lionnes en résultats concrets. Une mission qui ne laisse guère de place au tâtonnement.
De l’ère Vilda contestée au pari Éric Blahic
Pour son premier rendez-vous avec le groupe, le technicien français a choisi de voir large en convoquant pas moins de 31 joueuses. Une liste qui laisse entrevoir les contours d’un nouveau cycle, avec un équilibre recherché entre expérience et jeunesse. À l’image des cadres incontournables que sont Khadija Errmichi, Ghizlane Chebbak, Ibtissam Jraïdi, Nouhaïla Benzina et Elodie Nakkach, plusieurs visages connus restent ainsi au cœur du projet. Mais Éric Blahic entend également ouvrir la porte à de nouveaux profils, notamment à de jeunes joueuses et à des binationales évoluant dans plusieurs championnats européens. Kaoutar Azraf (FC Barcelona), Lina Jamaï (FC Porto), Melek Hader (Utrecht), Inara Bouker (KAA Gent), Djennah Cherif (Les Louvieroises), Hajar Saïd (Paris FC) ou encore Ikram Neddar (Frosinone) incarnent cette volonté d’élargir le vivier. Une concurrence nouvelle qui pourrait pousser chacune à hausser son niveau et offrir au sélectionneur davantage de solutions. Plus qu’une simple liste de rentrée, ce premier groupe donne déjà quelques indications sur la philosophie du nouveau staff : conserver les repères indispensables tout en préparant progressivement la relève.
Ambitions et échéances futures
À peine installé, Éric Blahic a immédiatement plongé dans le vif du sujet en prenant les commandes d’un stage de préparation ponctué par une double confrontation internationale face à l’Ouzbékistan à Rabat. Deux rendez-vous qui constituent un premier test grandeur nature pour le technicien français. Ils doivent lui permettre d’observer ses joueuses dans des conditions de compétition, de mesurer les équilibres du groupe, d’affiner ses options tactiques et surtout de commencer à dégager une ossature. Car le temps presse et les prochaines échéances ne laisseront pas beaucoup de place à l’expérimentation.
Dans l’immédiat, l’objectif sera de remettre la sélection sur les bons rails, de renforcer sa solidité collective et de restaurer une dynamique positive. À plus long terme, la feuille de route est encore plus ambitieuse. Le nouveau staff devra préparer les Lionnes à la course à la qualification pour les Jeux olympiques de Los Angeles 2028, avec l’objectif de retrouver la grande scène olympique. Mais le grand rendez-vous sera également la prochaine Coupe du monde au Brésil, où le Maroc entend franchir un nouveau cap et se mesurer avec davantage d’assurance aux meilleures sélections de la planète. Pour Éric Blahic, le chantier est immense. Pour les Lionnes, une nouvelle page commence.