Amine Raad
16 Octobre 2026
À 13:35
Le passage au
niveau 5 étoiles marque un nouveau cap pour
l’équitation marocaine. Après avoir évolué sur des épreuves 2 et 3 étoiles, puis remporté des
Grands Prix 4 étoiles à Rabat et à Tétouan, les cavaliers nationaux s’attaquent désormais à l’un des niveaux les plus exigeants du circuit international. Une progression qui suscite la fierté d’
Abdelkebir Ouiddar et d’
El Ghali Boukaa, convaincus que les résultats obtenus ces dernières saisons récompensent de longues années de travail. «C’est une fierté de pouvoir participer à un 5 étoiles cette année. Nous avons commencé par 2 étoiles, puis 3 étoiles, avant de franchir ce nouveau cap. Cela montre les progrès de l’équitation marocaine», souligne Abdelkebir Ouiddar. Le cavalier se réjouit également de voir émerger une nouvelle génération prometteuse. Selon lui, plusieurs jeunes talents évoluent déjà à un excellent niveau dans les clubs du Royaume. Il plaide ainsi pour davantage de compétitions internationales qui leur permettraient d’acquérir de l’expérience et de se mesurer à des adversaires de haut niveau.
El Ghali Boukaa insiste, lui aussi, sur le chemin parcouru par la sélection. «Cela fait plus de quinze ans que nous nous battons pour essayer d’atteindre le podium. Aujourd’hui, nous commençons à récolter les fruits de ce travail. Il faut maintenant continuer», explique-t-il. La dynamique s’est notamment confirmée lors de la Coupe des nations, où les Marocains ont décroché la deuxième place après avoir disputé la victoire jusqu’au barrage. Quelques centièmes de seconde les ont finalement séparés de la première marche. À El Jadida, le défi change d’échelle. Le Grand Prix 5 étoiles impose des obstacles pouvant atteindre 1,65 mètre, soit cinq centimètres de plus qu’au niveau précédent. «Ces cinq centimètres font une grande différence. C’est le plus haut niveau en compétition internationale, en dehors des Jeux olympiques et des Championnats du monde. Nous allons tout faire pour briller», assure Boukaa. Les cavaliers entendent terminer la saison sur une bonne note avant de se tourner vers les prochaines échéances internationales.
Véritable vitrine du patrimoine équestre national, la 17e édition du Salon du cheval s’est poursuivie, mercredi, au Parc des expositions Mohammed VI d’El Jadida, avec une programmation aussi riche que variée. Cette nouvelle journée a mis en lumière le savoir-faire des institutions qui perpétuent la tradition équestre marocaine, tout en offrant au public un spectacle haut en couleur. Au cœur de l’événement, «Le Matin» est parti à la découverte des pavillons de la Garde Royale, de la Sûreté nationale et des Forces auxiliaires, trois institutions qui conjuguent héritage, discipline et maîtrise. En parallèle, les carrières ont vibré au rythme des compétitions de pur-sang arabes, des démonstrations techniques et des animations artistiques, offrant aux passionnés comme aux curieux une immersion dans un univers où le cheval occupe une place centrale.
Philippe Rozier prépare déjà la course aux JO de Los Angeles
Pour Philippe Rozier, les résultats enregistrés cette année constituent un socle encourageant avant une saison 2027 décisive. Fort de cinq participations aux Jeux olympiques et d’un titre de champion olympique par équipes remporté à Rio en 2016, le sélectionneur souhaite mettre son expérience au service des cavaliers marocains afin de les conduire vers la qualification pour Los Angeles 2028. «Je veux utiliser les bonnes expériences que j’ai vécues, mais aussi les erreurs que j’ai commises, pour rendre cette équipe la plus performante possible. L’objectif est d’abord de se qualifier, puis d’aller à Los Angeles. Ce serait une récompense pour tout le monde», explique-t-il. Le technicien souligne que plusieurs membres du groupe connaissent déjà la pression des grandes compétitions, un atout important dans une campagne où chaque détail peut peser lourd. Le moral est également au beau fixe après les performances réalisées à Rabat et en Coupe des nations.
Philippe Rozier compte profiter de la trêve hivernale pour poursuivre le travail technique et renforcer, si nécessaire, le potentiel de l’équipe avec de nouveaux chevaux. Car, au-delà des qualités des cavaliers, la performance dépend aussi de la fiabilité de leurs montures. «J’ai les cavaliers, j’en suis sûr. Maintenant, il faut disposer de bons chevaux. Sans chevaux, je ne peux rien faire. Une blessure ou un problème physique peut nous coûter cher», prévient le sélectionneur. À l’heure du bilan, le saut d’obstacles marocain peut donc s’appuyer sur des résultats prometteurs et une confiance retrouvée. Reste désormais à transformer ces acquis en performances durables, avec Los Angeles 2028 en ligne de mire.