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L’ex-président de la commission de discipline de la CAF juge les sanctions infligées au Sénégal « indignes de la gravité des faits »

Une finale sous tension, des sanctions contestées et une instance fragilisée. En critiquant ouvertement la gestion disciplinaire de la CAF après Maroc–Sénégal, Raymond Hack, ancien patron de la commission de discipline, met en cause l’autorité, la cohérence et la crédibilité de l’instance continentale. Un réquisitoire rare, venu de l’intérieur.

Raymond Hack

30 Janvier 2026 À 13:23

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La finale de la Coupe d’Afrique des nations 2025 entre le Maroc et le Sénégal laissera une trace durable, non pour le football produit sur le terrain, mais pour la gestion disciplinaire qui a suivi. Les sanctions prononcées par la Confédération africaine de football continuent de susciter de vives critiques, jusque dans les rangs de l’instance elle-même. Raymond Hack, ancien président de la commission de discipline de la CAF, parle d’un échec majeur qui fragilise l’autorité de la confédération.



Intervenant sur la chaîne publique sud-africaine SABC News, Hack estime que la CAF « a lamentablement échoué » dans le traitement disciplinaire des incidents ayant émaillé la rencontre. Selon lui, la commission disciplinaire n’a pas rempli sa mission de protection de l’intégrité de la compétition et d’application rigoureuse des règlements. Les sanctions annoncées apparaissent insuffisantes face à la gravité des faits.

L’ancien responsable disciplinaire pointe en particulier le retrait des joueurs sénégalais après le penalty accordé au Maroc. « Tout cet incident a été causé par Pape Thiaw. Il est sorti du terrain et il a emmené ses joueurs avec lui », a-t-il déclaré. Une séquence marquée par plus de quatorze minutes d’interruption de jeu, qu’il juge préjudiciable à l’image de la CAN sur les plans continental et international.

Pour Raymond Hack, la responsabilité de cet épisode incombe en premier lieu au sélectionneur sénégalais. La sanction infligée, une suspension de cinq matches assortie d’une amende, est largement insuffisante. « À mon avis, ce sélectionneur aurait dû être suspendu pour six mois », affirme-t-il, en s’appuyant sur des précédents internationaux ayant donné lieu à des sanctions bien plus lourdes.

L’ancien président de la commission de discipline remet également en cause l’efficacité des sanctions financières. « Cela peut sembler être une amende importante en rands ou en dollars, mais quand on la met en perspective, le vainqueur du tournoi a reçu dix millions de dollars », souligne-t-il. Selon lui, l’approche punitive adoptée par la CAF manque de portée dissuasive.

Au-delà des chiffres, Raymond Hack insiste sur l’atteinte portée à la crédibilité de l’instance. « Les dégâts causés à la réputation de la CAF par ce comportement, qu’il provienne de joueurs sénégalais ou marocains, sont impossibles à chiffrer », estime-t-il, rappelant que « ces responsables sont censés être les gardiens du sport et montrer aux jeunes ce qu’il faut faire et ne pas faire ».

Sur le plan réglementaire, Hack reconnaît toutefois que la décision d’interrompre définitivement un match relève d’abord de l’arbitre, un élément qui explique le rejet de la réclamation marocaine. Mais cette complexité n’efface pas, selon lui, les failles observées dans l’application des textes disciplinaires.

En infligeant des sanctions presque équivalentes aux deux fédérations et en rejetant la réclamation de la Fédération royale marocaine de football, la CAF a fait un choix largement contesté. Un choix que Raymond Hack qualifie comme « l’un des épisodes les plus gênants jamais vécus par la CAF ».
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