Comment mieux tirer profit du réseau

De nouveaux concepts compétitifs

La montée des cours des matières premières, conjuguée à la surenchère des produits énergétiques, pousse les professionnels du BTP à opter pour de nouveaux process et matériaux.

29 Mai 2008 À 10:01

Ainsi les équipements deviennent moins encombrants, sont souvent autonomes et par conséquent transportables, les chantiers font appel sans cesse aux dernières technologies, … Actuellement des produits à forte valeur ajoutée sont en train de se substituer à tout ce qui a été jusque là conventionnel. On doit aussi la vague d'innovation, à la grande jeunesse des entreprises, vu que 37% d'entre elles ont été créées après l'an 2000. Rimal, le sable vert de Drapor côtoie désormais le béton expansé (léger et inaltérable) de Beton Expance, filiale de Beta Span. Auprès d'Amitech Maroc, joint-venture entre Narva Holding du groupe ONA et le groupe international Amiantit, et spécialisée dans la production de conduites et d'accessoires en polyester renforcé à la fibre de verre (PRV), Hicham Sekkat, Directeur Commercial et Marketing, nous a confirmé la grande révélation de cette année.

En effet, les conduites d'Amitech Maroc croulent sous les superlatifs. Pas corrodables, inattaquables par les produits chimiques et insensibles à l'agressivité des sols, les conduites et accessoires en PRV rendent les investissements moins chers. Selon ce responsable, l'innovation pour cette tuyauterie, seule capable de supporter jusqu'à 32 bars de pression, réside dans son diamètre qui peut atteindre 3 m ! Ce n'est pas sans raison que le 1er Prix de l'Innovation ait été décerné à la société au cours du dernier SIAM (salon de l'agriculture de Meknès). Outre son installation simple et rapide grâce à sa légèreté, les conduites peuvent être rendues sur des longueurs atteignant 21 m, engendrer des coûts d'entretien très faibles, et sont de surcroît respectueuses de l'environnement. Cette intégration de nouvelles technologies est aussi revendiquée dans les grands chantiers d'infrastructures.

C'est du moins ce qu'Abdellilah Nahoudy, Responsable Qualité de SGTM (Société Générale des Travaux du Maroc), nous a confié. Cette entreprise leader en génie civil et travaux publics, qui répond à la satisfaction de sa clientèle, innove en permanence aussi bien en termes de matériaux, d'agrégats et de méthodes. Les travaux de soutènement des poutres en mer, en cours actuellement à la Mosquée Hassan II de Casablanca, illustrent parfaitement ces propos.
Pour une résistance plus importante, un béton spécial, de l'acier inoxydable et une protection cathodique sont employés sur ce chantier, a-t-il assuré.
Egalement dans les gros œuvres du stade de Marrakech, dans les différents chantiers sur Tanger-Med et ses environs (ouvrages d'arts, notamment ponts et viaducs sur la rectification de la RN 16), ou les travaux de canalisation souterraine à F'nideq, ou encore de réalisation du Pont Moulay Hassan enjambant le Bouregreg, l'innovation est quasi permanente, conclut-il.

A côté des équipements lourds, indispensables à la réalisation des gros œuvres, le matériel léger est aussi en train de réaliser sa révolution. Hamelle Maroc a dévoilé son marteau-piqueur transportable, autonome donc avec son compresseur intégré. Youssef Arsalane, Technico-commercial de cette entreprise a soutenu que ce Wacker, modèle BH 24, véritable Mercedes des chantiers, est fort utile pour des budgets ténus et même plus importants. Même dans la branche des ronds à béton, l'offre se diversifie. A côté de fournisseurs qui ont occupé le devant de la scène depuis des décennies (Sonasid –Mital Steel), de nouvelles entreprises, telles que Moroccan Iron Steel, opérationnelle depuis seulement 2006, ont réussi a grignoter une part de marché entre 15 à 20%. Face à la pénurie de la billette sur les marchés internationaux, suite à la forte demande asiatique, cette entreprise dont l'usine principale est installée à Aïn Harrouda dans les environs de Casablanca, se base sur une technologie italienne innovante.

Avec un nouveau concept de laminage, elle arrive à une plus grande maîtrise de coûts qui se répercute sur les chantiers, précise Fayçal El Maroufi, responsable Marketing et Développement Commercial. Son slogan «Tous les jours, nous construisons le Maroc de demain», en dit long sur les ambitions de cette société. Déjà, cette unité qui a fait le choix stratégique de passer par un réseau de distributeurs à travers tout le Royaume, envisage une extension de sa capacité de production. Cette même quête aux process plus efficients est mentionnée par le Dr Piero Giordano, Directeur Zone Mena d'Oscam, une entreprise italienne qui fournit des machines pour l'usinage automatique du fer à béton. Avec l'introduction de nouveaux logiciels, dit-il, il est possible de commander son parc de machines depuis un bureau technique par le biais d'Internet, d'un Intranet ou d'une clé USB. Formafrica, filiale de Mafoder, créée depuis 2002, mais opérationnelle depuis 2007, a de son côté développé des produits à forte
valeur ajoutée.

Cette nouvelle activité béton du fondeur Mafoder remplace tout ce qui est conventionnel par du béton préfabriqué. Les objectifs recherchés tournent autour de moins de coûts, plus de respect à l'environnement et à une qualité plus importante, souligne Youssef Amharrof, Responsable Usine. En dépit de ces innovations, il reste bien entendu que des promoteurs, constructeurs, et autres professionnels du BTP, véreux ou sans scrupules, continueront de ramer à contre courants, semant désolations et consternations auprès de leurs victimes.
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le high-tech investit le btp

Dans un secteur qui pèse aussi lourd que le BTP dans l'économie nationale, réaliser des économies d'échelle devient un impératif. Les derniers chiffres (entre 2005 et 2006) attestent de ratios fort éloquents, avec 6,5 % du PIB, 52 % de la FBCF, près de 110.000 emplois et une croissance de +7,4%. Dans un tel contexte, adopter une démarche de production à forte valeur ajoutée devient une orientation stratégique. Nombre d'opérateurs parmi les quelque 5000 entreprises du secteur l'ont compris et s'y conforment. Le numérique n'a pas tardé à s'immiscer dans le secteur. Les applications vont du contrôle de la consommation de carburant à la conception de parpaings, en passant par du préfabriqué, une tuyauterie plus commode, … pour aboutir à des chantiers mieux réussis et moins onéreux en somme.

Les innovations qui ne sont pas toutes domiciliées au Nord sont très souvent le fruit d'entreprises marocaines. Ces dernières n'ont cessé de s'impliquer dans l'ambitieuse stratégie de construction d'infrastructures de base de l'Etat. Ces dernières années, la réalisation de l'essentiel des infrastructures routières, autoroutières, sportives, hydrauliques, portuaires et aéroportuaires est à leur actif. Certes, elles sont de plus en plus confrontées à une certaine raréfaction de main-d'œuvre qualifiée, pour ne pas dire main d'œuvre tout court. La recherche appliquée, qui dicte toujours plus de qualification, y est-elle pour quelque chose ? L'avenir nous le dira.
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