06 Novembre 2012 À 19:44
Elle aura tenu toutes ses promesses, la gestion active de l’endettement public ! Jusqu’à présent, force est de remarquer que la démarche opérée par les pouvoirs publics en la matière s’est avérée relativement probante. Bien qu’il ne s’agisse pas toujours pas de la panacée tant escomptée, la gestion active de la dette intérieure et de la dette extérieure aura permis une certaine réduction des coûts et des risques financiers liés au portefeuille de la dette du Trésor.
Il faut dire que les opérations de gestion active de la dette intérieure, qui reposent essentiellement sur les rachats et les échanges des titres d’État, permettent un reprofilage de l’échéancier de la dette pour une meilleure maîtrise des risques financiers. En prime, ces mêmes transactions ont pu favoriser la réduction à terme du coût de financement du Trésor sur le marché domestique à travers une amélioration de la liquidité et de la profondeur du marché secondaire des valeurs du Trésor.
Au registre des opérations de gestion active de la dette extérieure, il faut préciser qu’elles ont permis, selon le dernier rapport du ministère des Finances, une réduction du stock de la dette extérieure (conversions de dettes), une baisse des charges futures liées à cette dette (refinancement de la dette onéreuse) et une maîtrise des risques de taux d’intérêt et de change. Au passage, une petite parenthèse s’impose : l’an dernier, malgré la grande volatilité ayant caractérisé les cours de change des principales devises internationales, l’impact du change sur l’encours de la dette extérieure du Trésor est resté très faible, soit +0,3% de l’encours. L’appréciation de l’encours liée aux fluctuations de change en 2011 aurait été 6 fois plus importante (+1,8% de l’encours) au cas où la structure en devises de la dette extérieure du Trésor en 2011 aurait été la même que celle de l’année 2000.
Ceci dit, la même année, faut-il le rappeler, à travers la réalisation de deux opérations d’échange des bons du Trésor, la direction du Trésor et des Finances extérieures a recouru, pour la première fois, à des opérations de gestion active de la dette intérieure. Dans ce sillage, la réduction des risques de non-remboursement et de refinancement de la dette s’est opérée par l’entremise d’un lissage de l’échéancier de la dette du Trésor en évitant d’avoir des pics importants en matière de remboursements. En outre, le renforcement de la liquidité des valeurs du Trésor sur le marché secondaire avait pour but de diminuer, à moyen terme, le coût d’endettement du Trésor, et ce, à travers une réduction du nombre de lignes en circulation et l’augmentation de leurs encours.
En matière de gestion de l’endettement intérieur, le bilan reste assez satisfaisant. Positives à plusieurs égards, les opérations ont permis au Trésor de reprofiler l’échéancier de la dette intérieure en atténuant des pics de remboursement. Le terrain était donc assez bien balisé pour initier le marché aux opérations de gestion de la dette et de le préparer en perspective des remboursements importants qu’engendre la mise en œuvre de la politique d’émission pour un encours de 10 milliards DH.
Côté dette extérieure, le processus a été caractérisé par l’accélération du rythme d’exécution du programme de conversion de dettes en investissements publics conclu avec l’Espagne. L’an dernier, les montants convertis ont dépassé 50 millions de DH, portant ainsi le total des montants convertis, à fin 2011, à plus de 246 millions DH, soit un taux d’utilisation d’une enveloppe d’environ 44%. L’encours de la dette extérieure publique s’est élevé à près de 189,1 milliards de DH, en augmentation de 15,3 milliards de DH ou 8,8%, par rapport à son niveau enregistré à fin 2010. Pour sa part, le ratio de la dette extérieure publique, par rapport au PIB, s’est établi à 23,6%, en hausse de 0,9 point du PIB par rapport à son niveau de 2010 (22,7%). Exprimé en dollar US et en euro, le stock de la dette extérieure publique s’élève à fin 2011 respectivement à 22 milliards de dollars et à 17 milliards d’euros.
Les institutions internationales de développement constituent le premier groupement de créanciers du Maroc avec un encours de 97,8 milliards de DH, soit 51,7% de la dette extérieure publique. Ce rang confirme, pour la huitième année consécutive, l’effort déployé par le Maroc en matière de mobilisation de ressources extérieures auprès de ces institutions et le rôle important que ces dernières jouent dans l’accompagnement de la mise en place des programmes de réformes structurelles et sectorielles.