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le grand saut

S’installer à son propre compte et créer son entreprise est un projet stimulant. Il peut être exaltant ou traumatisant, selon le profil de l’entrepreneur, ses motivations, le secteur d’activité qu’il cible et les moyens qu’il peut mobiliser dans son projet. Cette rubrique a pour vocation d’informer les jeunes porteurs de projets sur les méandres de l’entrepreneuriat. Chaque semaine, un spécialiste en Droit des affaires, un expert-comptable ou une fiduciaire donneront des conseils pratiques sur les démarches à suivre, les pièges à éviter et les outils à utiliser. Pour planter le décor à l’occasion de cette première parution, Le Matin Eco révèle aux candidats à la création d’entreprise l’éclairage du Centre régional des investissements (CRI) du Grand Casablanca.

09 Février 2012 À 13:31

Qu’elle naisse de l’expérience, du savoir-faire, de la créativité ou d’un simple concours de circonstances, l’idée prend souvent la forme d’une intuition ou d’un désir qui s’approfondit et mûrit avec le temps. Il n’y a pas de bonnes idées en soi, mais seulement des idées qui peuvent être opportunément développées par les personnes qui les ont conçues et d’autres qui resteront de simples velléités.

L’appréciation du bien-fondé d’une idée est donc inséparable du projet personnel de celui ou celle qui l’exprime. Il existe une grande variété de formes d’idées : plus l’idée est nouvelle, plus il faudra s’interroger sur la capacité des futurs clients à l’accepter ; plus elle est banale, plus il conviendra de s’interroger sur sa réelle utilité par rapport à l’offre déjà existante sur le marché.

Le projet personnel

Cette seconde étape doit permettre de vérifier le réalisme du projet, c’est-à-dire la cohérence entre sa personnalité, ses motivations, ses objectifs, son savoir-faire, ses ressources et ses contraintes personnelles, et les contraintes propres au produit, au marché, aux moyens qu’il faut mettre en place, qui doivent s’avérer maîtrisables. Pour cela, il faut recueillir de la documentation, des avis et conseils, analyser lesdites contraintes et définir les grandes lignes de son projet.

L’étude de marché

C’est un élément essentiel de la préparation du projet, car sans clientèle, il n’y a pas d’entreprises possibles ! En effet, une «super idée» peut devenir un mauvais projet, faute de clients. Par contre, une «idée banale», mise en œuvre dans un certain contexte, peut s’avérer très lucrative. La réalisation d’une étude de marché permet de définir avec précision quelle sera sa clientèle, de se positionner par rapport à la concurrence et ainsi d’adapter son produit ou son service en fonction des éléments recueillis. Par ailleurs, l’analyse des attentes de la clientèle, combinée à l’analyse de la concurrence permet de définir un niveau de prix acceptable par ses futurs clients, de déterminer et chiffrer les premières actions commerciales qui seront nécessaires pour capter sa clientèle, de fixer un ordre de grandeur de chiffre d’affaires prévisionnel.

Les prévisions financières

Cette étape consiste à traduire, en termes financiers, tous les éléments réunis et à vérifier la viabilité du projet. L’établissement des comptes prévisionnels permet de répondre à trois questions essentielles qui sont : Quels sont les capitaux nécessaires pour lancer le projet puis faire vivre l’entreprise ? L’activité prévisionnelle de l’entreprise est-elle susceptible de sécréter un montant de recettes suffisant pour couvrir les charges entraînées par les moyens humains, matériels et financiers mis en œuvre ? Les recettes encaissées par l’entreprise tout au long de l’année lui permettront-elles de faire face, en permanence, aux dépenses de la même période ?

Trouver des financements

Le financement correct d’un projet est l’une des conditions de sa réussite. Il convient de réunir suffisamment de capitaux pour que tous les besoins durables de l’entreprise soient financés intégralement par des ressources financières adaptées à la durée de ces besoins. Après avoir effectué le recensement de ces besoins et des ressources financières disponibles, il sera nécessaire de rechercher une ou plusieurs solutions pour les capitaux manquants.

Les aides

Il existe un certain nombre de dispositifs d’aide à la création d’entreprise qu’il convient de connaître. Se renseigner suffisamment tôt sur ces dispositifs permet d’être en mesure de déposer des demandes dans les délais impartis. Attention cependant, l’obtention d’une aide ne doit pas être de nature à conditionner le lancement de l’entreprise.

Les formalités de création

Après avoir achevé l’élaboration du projet sur le plan commercial, financier et juridique, on est en mesure d’effectuer les formalités imposées par la nature de l’activité et/ou la structure juridique choisie.

Installer l’entreprise

À ce stade, le premier objectif doit être de concrétiser les contacts pris avec la clientèle, tels que pressentis ou établis lors de l’élaboration du projet, de façon à obtenir le plus rapidement possible ses premières commandes, et organiser son outil de production en conséquence. Il est, par ailleurs, indispensable d’observer un certain nombre de principes de gestion et de mettre en place des outils, appelés «indicateurs», qui permettront de contrôler la montée en régime de l’entreprise et ainsi d’éviter ou corriger des «dérapages».

Les premiers mois d’activité

Enfin, tout dirigeant d’entreprise est amené à prendre un certain nombre de décisions d’ordre fiscal, comptable et social. Pour éviter de se laisser surprendre, pour être en mesure de dialoguer avec les administrations concernées et de procéder aux formalités qui s’imposent il est indispensable de comprendre les principes de base qui régissent la fiscalité et la gestion des entreprises.

Pratique

Quel statut juridique choisir ?

Le législateur définit, du point de vue juridique, une société comme un contrat par lequel deux ou plusieurs personnes physiques ou morales mettent en commun leurs apports afin de partager le bénéfice. Du point de vue économique, c’est un regroupement de moyens humains, matériels et financiers sous une direction autonome ou décentralisée, ayant pour principale fonction de produire des biens et services afin de satisfaire les besoins des consommateurs et par conséquent réaliser un bénéfice. Sur le plan juridique, les différents types de sociétés reconnues au Maroc sont classés en quatre catégories :- Société de personnes : société en nom collectif, société en commandite simple et société en participation.- Société de capitaux : société anonyme (SA) et société en commandite par actions.- Société à responsabilité limitée (SARL), forme hybride entre la société de capitaux et la société de personnes.- Société à réglementation particulière : sociétés d’investissement, sociétés coopératives, sociétés mutualistes, groupements d’intérêt économique…

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