Longtemps resté dans l'ombre des grands clubs nationaux, l'OCK semble aujourd'hui devenir un grand club qui damne le pion aux grands clubs.
LE MATIN
17 Novembre 2008
À 15:00
Après plusieurs années de disette, le club a remporté, lors de la saison 2005-2006, la Coupe du Trône, avant de connaître la consécration maximale un an plus tard en s'adjugeant haut la main le titre du champion du Maroc. Depuis, le club ne cesse de jouer les premiers rôles au championnat. Cette année, et après 10 journées, l'OCK pointe à la troisième place avec 18 points ex aequo avec le Raja de Casablanca. Pour en savoir plus sur cette réussite, "Le Matin'' est allé voir les coulisses de ce club. Dans ses locaux, l'ambiance est détendue. Les supporters sont venus nombreux pour assister aux entraînements des joueurs qui se préparaient pour la rencontre contre l'ASS. Les joueurs étaient tous présents sauf les blessés. Ils sont tous fiers d'arborer les couleurs du club. A l'image de Redouane Baklal (27ans) qui ne cache pas sa satisfaction d'évoluer à l'OCK.
«Je suis très heureux d'appartenir à ce club où tout le monde parle le même langage : celui du football. Ici, le climat est sain. Tous les moyens sont mis à la disposition des joueurs pour s'exprimer et agir sur le terrain», a-t-il précisé. Bien que l'équipe pointe à la quatrième place, les joueurs affichent une grande détermination pour gagner le titre, surtout qu'après 10 journées, le bilan du club est plus que positif. Jamal Treiki, l'un des piliers du club, est plus clair là-dessus. «On sait que nous avons une carte à jouer cette saison. On va tout faire pour décrocher le titre. On sait que cela va être difficile vu l'expérience des autres clubs qui animent le championnat, mais nous avons les compétences pour réussir le titre. Notre devoir c'est de bien jouer pour rendre le sourire aux supporters du club», a-t-il affirmé.
Concernant la vie au sein du club, Treiki assure que le comité organise souvent des réunions avec les joueurs pour résoudre leurs problèmes au quotidien. «Je vis au sein d'une famille où tout le monde est écouté et traité sur le même pied d'égalité», a-t-il lâché. Mohamed Amine Nejmi, quant à lui, assure qu'il n'a jamais regretté son transfert à l'OCK en raison du traitement humain qu'il y rencontre: «J'évolue dans un club qui m'encadre et qui répond à mes besoins pour préparer mon avenir. J'espère améliorer encore plus mon niveau footballistique et remporter des titres». De son côté, Mohamed Morsadi a déclaré qu'il doit tout à l'OCK qui lui a appris à jouer. «C'est ici que j'ai appris à jouer au football.
Mon premier match remonte à la saison 2000-2001 contre la JSM où nous avons gagné par le score de 4 à 0. Chaque fois que je suis sur le terrain, je me trouve obligé de jouer à fond parce que l'OCK m'a presque tout donné», a-t-il indiqué. Si l'OCK flirte avec les sommets, c'est grâce à sa politique de formation. Le centre du club, qui compte plus de 600 jeunes, est dirigé par Mohamed Ijjai qui a accumulé une grande expérience dans ce domaine. Il est semblable à celui des Phosphatiers, en attendant la concrétisation d'un nouveau centre dans le cadre du programme de mise à niveau du football national lancé par la Fédération royale marocaine du football.
Le centre dispense la pré-formation qui accueille 25 jeunes, la formation (25 autres jeunes) et celle des gardiens de but (10). Le club dispose, par ailleurs, d'une école qui accueille 300 jeunes. La qualité du travail qui y est effectuée a permis à plusieurs joueurs du club de jouer en équipe nationale, notamment chez les cadets et des juniors. L'équipe féminine, elle, a réussi de son côté, lors de cette saison, l'accession en première division au niveau de la Ligue du Tadla de football.
Signalons que le centre accueille des jeunes des régions de «Tadla-Azilal» et «Chaouia-Ouardigha», encadrés par une vingtaine de techniciens. Selon Ijjai, les jeunes du centre suivent un programme de formation digne des grands clubs avec un "système de restauration'' de la qualité. Les épreuves visent la vitesse, la détente, la force, l'endurance, la jonglerie, le jeu avec trois ballons, en plus d'une rencontre pour juger la technique individuelle et celle collective, la valeur morale et le sens du jeu. ------------------------------------------------------------
Un peu d'histoire
Le football à travers l'OCK a démarré au niveau de la ville de Khouribga et même dans la province en 1923. La pratique de cette discipline fut limitée dans le temps aux Français et ce n'est qu'en 1930 que des marocains ont été inclus. L'équipe portait dans le temps, uniquement le nom du Groupe OCP sans aucun signe de la ville de Khouribga. Il y a eu ensuite l'engagement de l'équipe au championnat national à côté des clubs de Kenitra, Casablanca, El Jadida (Mazagan), El Mohammadia (Fedala) et Rabat bien entendu. Au moment de l'indépendance du pays, le club de l'OCK a vu le jour grâce au soutien financier de l'OCP. En 85 ans d'existence, le club a rempoté un titre du championnat, une coupe de Trône et une coupe arabe. Le club a également été à trois reprises vice champion du Maroc respectivement lors de la saison 83-84, 88-89 et 95-96. Il a également été finaliste à plusieurs reprises de la coupe du Trône. ------------------------------------------------------------------
Création d'un complexe sportif
Pour gravir encore les échelons sur l'échiquier footballistique marocain, le club annonce la création d'un complexe sportif sur 30 hectares sur un terrain dénommé «Gaâda Sghira» entre les villes de Khouribga et Fkih Ben Saleh. Actuellement, le club est des rares a bénéficier d'une stabilité financière en raison du soutien apporté par l'Office chérifien des phosphates (OCP) devenu un atout majeur dans la réussite du club. La subvention accordée l'OCP s'élève à 6 millions de dirhams. Pour détecter de nouveaux espoirs, le vlub programme annuellement un tournoi au profit de 1.000 jeunes footballeurs à Khouribga. C'est cette politique qui a permis l'éclosion de plusieurs joueurs qui frappent actuellement à la porte de la sélection nationale. D'ailleurs trois joueurs du club ont été appelés en sélection nationale des locaux. Il s'agit de Amzil, Boujjar et Nejmi.Sans aucun doute la formation des jeunes est enracinée dans les moeurs de l'OCK, elle le demeurera. Il vivra longtemps car le cadre naturel de travail qui lui est tracé présage un avenir serein.
«Les joueurs ont un programme de formation digne de celui des grands clubs»
Interview • Ahmed Charbi, président de l'OCK.
LE MATIN-SPORTS : Le club OCK a animé le championnat au cours de ces dernières saisons. Aujourd'hui, il est un adversaire coriace pour des équipes qui étaient dans le temps intouchables. A quoi est dû ce changement?
A. CHARBI : Depuis 1923, il y a eu un changement radical, c'est-à-dire depuis des visites effectuées chez certains grands clubs français en particulier Auxerre, Sochaux et Nantes. Nous nous sommes rendu sur les lieux de leurs structures et nous avons eu connaissance du fonctionnement de leurs centres de formation. De retour au Maroc, nous avons essayé de mettre en place un centre de formation à notre manière. Nous avons confié sa direction à M. Deroc, un expert belge en football, qui a mis en place toutes les structures d'un centre de formation. Il a réussi, de même, la formation des encadreurs. Depuis cette date, le centre a formé des jeunes talents qui, avec le temps, sont devenus de grands joueurs et qui, grâce a eux, l'OCK est devenu un grand club qui joue les premiers rôles au niveau du championnat national. Durant trois saisons, on était représenté en coupe arabe, Champions League et la coupe de la CAF. A ce niveau, le comité était obligé de recruter des joueurs expérimentés pour encadrer les jeunes lancés dans le bain. Actuellement, le club compte, dans ses rangs, parmi les seniors six juniors.
Qu'en est-il des programmes et des projets du club?
Les joueurs ont un programme de formation qui répond aux règles du jeu. Je précise, par la même occasion, qu'un projet de centre de formation est en cours de réalisation et qui permettra à l'OCK d'avoir une vraie école de football à l'instar des grands clubs européens. A rappeler de même que ce projet entre dans le cadre du programme de mise à niveau lancé par la fédération. Mieux encore, la direction générale du groupe OCP s'est engagée à soutenir ce programme.
Est-ce que le transfert des joueurs à l'étranger est soumis à des règles?
Chez l'OCK, le transfert à l'étranger, en particulier, est ouvert à tous les joueurs et à n'importe quel moment de la saison. Nous donnons l'occasion ou plutôt nous offrons la chance a chacun pour améliorer sa situation sociale. Mieux encore, et on peut le considérer comme un défi, car l'OCK, au moment où il a été déclaré qu'il allait jouer le titre du championnat, n'a pas hésité pour libérer l'un de ses meilleurs joueurs, en l'occurrence Salah Akkal qui a regagné l'Arabie Saoudite. Le club a fait de même au profit de Souari (France) et Abdessamad Rafik (WAC). Nous remercions Dieu qui nous a récompensés en remportant, au cours de la saison 2006-2007, le championnat et bien entendu la Coupe du Trône. En ce qui concerne les opérations de recrutement, le club, à chaque fois qu'il opte pour un transfert d'un joueur, prévoit, au même moment, son remplacement par un autre expérimenté, sans oublier l'encadrement des jeunes issus du centre de formation qui deviendront titulaires.
Qu'avez-vous retenu des Assises sur les sports organisées par le ministère de la Jeunesse et des Sports?
L'OCK a pris part à ces assises et le comité a bien saisi les orientations royales. Croyez-moi, le club, à travers ses structures administratives, financières, techniques et de formation, répond déjà à ces directives. Ces assises sont venues à temps et la lettre royale est une vraie «feuille de route» pour définir la responsabilité de chacun dans le domaine du sport national.