Mohamed Mjid était le sportif dont le nom a été associé, à jamais, au tennis. Il est l'intellectuel au verbe facile et l'associatif dont les actions pour l'amélioration des conditions de l'homme ne se comptent plus.R> >
LE MATIN
13 Avril 2009
À 13:47
Mohamed Mjid ne peut être présenté. Le personnage est tellement controversé, tellement insaisissable qu'il serait difficile, très difficile de le cerner. Faisant partie du gotha intellectuel, sportif et associatif, l'homme n'a pas manqué de poser sa griffe partout où il est passé.
Le tout récent hommage qui lui a été rendu à Khémissat, n'était pas pour le sportif, l'intellectuel ou l'associatif, mais il était rendu à un homme qui incarnait plusieurs générations de tout ça. Un personnage qui ne pouvait laisser indifférent. Il était le sportif dont le nom a été associé, à jamais, au tennis, l'intellectuel au verbe facile et l'associatif dont les actions pour l'amélioration des conditions de l'homme ne se comptent plus. Il était un touche-à-tout. Le gratin des dirigeants de fédérations, des athlètes, des artistes et des journalistes, était venu rendre hommage à Mohamed Mjid, le père, le conseiller, le modèle ou l'idole. En un mot, l'homme à côté duquel on se ressource toujours, le compagnon avec lequel on aimerait être souvent, très souvent. Leur présence aux côtés de cet homme exceptionnel est un acte de solidarité et une promesse pour lui, de leur part, de continuer à œuvrer pour la promotion du Maroc.
Que dire du doyen des dirigeants au Maroc ? De cet homme qui s'est impliqué avant les années 40, de tout son être, dans toutes les actions afin d'améliorer la condition humaine? Que dire également d'un militant qui, au lieu de pencher vers une vie facile que les conditions pouvaient lui offrir, a préféré la voie du combat et de la lutte pour l'amélioration des conditions d'autrui ?
Gardien de but (Si, si) puis basketteur (Eh, oui), il va avoir pour la petite balle jaune, un vrai coup de foudre. En 1933, (Seigneur, quel est le secret de cette longévité ?) il recevra sa première raquette. Il l'aura, à l'époque où il était étudiant au collège Moulay Youssef, à Rabat, des mains d'un autre monument du sport, l'inoubliable, Mohamed Benjelloun Touimi, l'un des fondateurs du WAC, de plusieurs fédérations dont le rugby et président délégué du Comité national olympique marocain (CNOM).
Sa vie ne fut jamais de tout repos pour ce petit enfant précoce, puis pour ce garçon engagé : la prison, le combat pour l'indépendance, les condamnations et les risques du peloton d'exécution, avant de poursuivre le combat pour la défense de la démocratie via la tribune parlementaire.
Témoin de toute une époque (la sienne), le président de la FRMT , va utiliser ses compétences remarquables, pour engager un autre combat, celui de l'intégrité territoriale, les apatrides, la culture, les arts plastiques et aussi l'associatif, partout où la marginalisation, le rejet sont présents (dans les orphelinats, les douars les plus démunis du monde rural). Des dizaines d'enfants, qu'il a adoptés, lui doivent leurs retrouvailles avec le quotidien normal et (presque) sans souci. Aurait-il réussi toutes ses entreprises tout seul s'il n'avait pas un véritable soutien ? C'aurait très difficile, sans la présence de Pierrette, son épouse ! Une dame qui ne pouvait épouser un autre que Mjid.
Ne dit-on pas que les grands esprits finissent toujours par se rencontrer ! Pour Mohamed et Pierrette, c'est fait ! Elle mènera avec lui ses combats, épousera ses idées et permettra à des enfants frustrés d'être des personnages bien en vue dans la société marocaine par des diplômes de grandes écoles ou des formations pointues. L'enfant de Safi, (sa ville d'origine) va quitter la capitale des Abda pour sillonner le Royaume, qu'il connaît dans les moindres recoins. ---------------------------------------------
Distinction royale
Mohamed Mjid vient d'être décoré par Sa Majesté le Roi Mohammed VI. Le nonagénaire ne pouvait retenir son émotion. Le geste royal est édifiant. Il rappelle que tous ceux qui ont rendu service à ce pays ne peuvent être oubliés, marginalisés ou délaissés. Sa Majesté montre toujours la voie. Pourvu que les autorités et le corps élu s'en inspirent !