Éliminé dès le second tour à Pékin, le judoka marocain Safouane Attaf espère décrocher une médaille olympique aux Jeux de Londres, la seule qui manque encore à son palmarès.
LE MATIN
12 Octobre 2009
À 16:36
Casquette, training de l'équipe nationale et baskets, Safouane Attaf est à l'aise dans les locaux de la Fédération de judo: c'est son «bercail» et il ne fait pas deux pas sans échanger quelques mots avec d'autres athlètes ou un responsable fédéral. Cela fait des années que le judoka a fait du ''tatami son royaume''.
Quelques jours avant les Jeux de la Francophonie, disputés récemment à Beyrouth, le jeune athlète, âgé de 25 ans, était souriant et détenu, nous disent ses proches. Son sang-froid et son self-control lui ont d'ailleurs permis de monter la première marche du podium. Ainsi, le champion arabe des seniors en 2004, Safouane Attaf, avait tenu parfaitement son rang de fer de lance du judo national. Il s'était adjugé le titre en battant en finale le Libanais Elias Nassif par Ippon. Aux tours précédents, Attaf avait même envoyé ''valdinguer sans pitié'' ses adversaires les uns après les autres. D'abord, le Congolais Issa Ali puis le Nigérien Saadou Aboubacar et enfin l'Ivoirien Kinapeya Romeo Kone. «Safouane n'a pas de secret. C'est le fruit d'un travail sérieux. Il a bien bossé. Il s'est entraîné à fond. C'est tout. En plus, c'est un vrai battant. Il va toujours jusqu'au bout», affirme Thami Chniouer, président de la Fédération royale marocaine de judo (FRMJ).
Depuis qu'il s'est classé cinquième lors du championnat du monde des cadets en 2002, il n'a pas cessé d'améliorer son niveau. Toujours en quête du top, ce judoka perfectionne au fur et à mesure ses techniques. Malgré son physique, 1.78 m pour 81 kg et sa barbe légère qui lui donnent vraiment un air dur, en dehors du tatami, le Marocain semble pourtant ''doux et tendre comme un agneau''. Safouane Attaf a en effet commencé le judo dès son plus jeune âge par la force des choses : il lui fallait canaliser son énergie. Cela lui a plu tout de suite... Il a commencé les compétitions et a fini par se faire remarquer parmi les en cadets puis parmi les juniors. La suite, c'est un défilé de titres dans les jeunes catégories. Et le bonheur: «Entre le judo et moi, c'est une vieille histoire d'amour». Pour Boubker Benbadda, secrétaire général de la Fédération royale marocaine de judo, Safouane a une force qui lui permet de se surpasser même si parfois il ne s'entraîne pas assez. «Quelques fois, il arrive qu'il ne se prépare pas bien pour telle ou telle compétition. Et malgré cela, grâce à sa détermination et sa force physique, il réussit facilement à poser des problèmes à ses adversaires qui trouvent du mal à le faire tomber », témoigne B. Benbadda.
Actuellement, ce jeune judoka, promu à un bel avenir selon la Direction technique du judo national, a plusieurs titres à son palmarès. Champion d'Afrique en titre (seniors), il avait aussi remporté à deux reprises le titre de champion africain à l'époque où il évoluait en tant que junior. En 2008, Safouane Attaf s'est adjugé la médaille de bronze aux Jeux méditerranéens. Son but suprême reste toutefois la médaille olympique. A Pékin, l'athlète marocain n'a guère eu de chance. Après avoir battu par Ippon le Russe Alibek Bashkaev, il a été victime au second tour d'un arbitrage plutôt sévère. S. Attaf ne désarme pas pour autant : «Mon vrai objectif reste le podium des Jeux olympiques de 2012 à Londres et des Mondiaux».