Raja, DHJ et AS FAR à la trappe

Entre grandeur et décadence

Le handball se nourrit de paradoxes. Alors que notre championnat n'a jamais atteint les sommets, le Sept national a pris part à 6 Coupes du monde en raison de l'apport des professionnels.

05 Janvier 2010 À 12:45

qu'à cette époque-là, il y avait de grands artistes de handball parmi les deux équipes. Je citerai entre autres Dahbi, Hcine, Bouafi, Hilali, Fofana, Bettioui, Aboukinane, Vachon, côté jdidi et les frères El Mahi, Cherradi, Raffali, Kilani, Fadil, Siraj, côté khouribgui». L'ex-international khouribgui souligne par ailleurs que toutes les équipes de cette période possédaient de fameux joueurs.

«Au CODM, il y avait Mohamed, Moufid, Acherki et les frères Aït Benali. Au Stade Marocain, on trouvait Burloz, Massardier, Fratani, Anyama, El Boury. Au FUS se distingaient Abdallah Blinda, Larbi Mouiss, devenus par la suite de célèbres footballeurs». Le déclin du handball, Bensaber l'impute essentiellement à la suppression des jeux scolaires au sein des lycées : «La majorité, sinon la totalité des pratiquants, provenait des lycées et collèges. Le fait d'avoir ignoré cette équation a conduit à la régression du handball dans notre pays».

Et Bensaber de conclure: «A l'époque, nous avions gagné l'équipe nationale d'Algérie à Rabat avec ses célèbres joueurs parmi lesquels figurait Derouaz».
Il y a de cela six ans, au cours d'un entretien avec Ahmed Bouafi, un ex de l'EJUC, celui-ci m'avait dit : «Le déclin du handball est dû essentiellement au manque d'organisation pyramidale, à la mauvaise gestion des clubs, aux infrastructures déficientes et au piètre encadrement technique».

Dahbi, l'homme au célèbre retourné avait été élu meilleur joueur africain par la Fédération internationale de handball en 1961. Ceci signifiait que cette discipline jouissait d'une grande renommée.

Cette même année et faute de compétition africaine, la Fédération internationale avait invité le Stade Marocain à prendre part à la Coupe d'Europe. Le Stade Marocain composé de Quazza, Burloz, Lopez, El Boury, Moufid et Wiz, entre autres, s'est brillamment illustré contre Granouillère, une équipe championne d'Espagne à l'époque. C'était une nouvelle reconnaissance de la valeur du handball marocain.

Retour au présent !
Aujourd'hui et malgré des efforts considérables entrepris au niveau de la Fédération Royale marocaine de handball tant du temps de Hadj Abdelmoumen Jaouhara que de celui de Abdellatif Tatbi, le handball marocain n'arrive pas à intéresser le public.

Pourtant, la TV retransmet des matches qui se déroulent devant des gradins vides, du fait que le niveau affiché par les joueurs est des plus bas.
Mohamed Salama, ex-joueur du RUC, de l'ONE et de l'ASUC, explique que le championnat tel qu'il est conçu actuellement ne peut aucunement produire des joueurs compétitifs.

«Une compétition de deux groupes à 10 équipes chacun se déroulant dans la plus grande indifférence ne peut absolument pas donner naissance à des joueurs de talent. C'est pour cela que durant plusieurs années, l'équipe nationale, à l'instar de celle du football, était essentiellement composée de joueurs évoluant à l'étranger. Ces derniers ayant pris leur retraite, le Sept marocain a du coup subi les conséquences de cette situation». Pourquoi cette baisse de régime ? Salam répond : «Le pouvoir absolu est entre les mains de la Fédération et les Ligues ne font rien ou n'existent même pas. Comment voulez-vous que le handball progresse dans ces conditions là ? Actuellement, il y a des joueurs proches de la cinquantaine qui pratiquent encore dans ce championnat. Cela dénote du faible niveau de la compétition».

Et Salama de poursuivre : « Quant à l'équipe nationale n'en parlons pas. A la veille du championnat d'Afrique prévu du 10 au 20 février prochain en Egypte, aucune préparation n'est prévue. On attendra un mois avant la compétition pour procéder à une préparation hâtive, à la «cocotte-minute».

Entre temps, le Sept national n'aura disputé aucune rencontre amicale, ni entrepris des concentrations et encore moins établi un programme de préparation. Heureusement que le championnat a débuté un peu tôt cette saison et permettra aux internationaux d'avoir quelques matches dans les jambes ».
Et pourtant, le Sept national a pris part à six Coupes du monde, comment expliquer ces exploits.

«Tout simplement parce qu'on avait la chance d'avoir une équipe africaine qualifiée d'office et qu'on se classait troisième. Cette année, je peux vous assurer que nous n'aurons aucune chance de prendre part à ces joutes.

Et Salama de conclure : «Si on veut un championnat solide et par voie de conséquence une équipe nationale de valeur, il faudrait revoir de fond en comble la situation du handball. A commencer d'abord par faire appel à des gens du handball pour prendre part au Bureau fédéral et à instaurer une discipline loin de toute complaisance en sanctionnant tous les fautifs quels que soient leurs clubs et en bannissant la politique de deux poids et deux mesures. Comme par exemple d'avoir amnistié un joueur qui avait agressé un arbitre parce qu'il appartenait à un club influent. Il faudrait également gérer avec parcimonie les finances de la Fédération et non semer à tout vent les revenus générés par la télévision. En effet, la fédération vient de distribuer près de 140 millions de centimes dont 80 provenant des droits de TV aux clubs au lieu de garder au moins la moitié pour l'équipe nationale en vue de sa préparation pour les futures échéances».
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Palmarès de la CAN

Tunisie : 7 fois champion, 4 fois finaliste
Algérie : 6 fois champion, 6 fois finaliste
Égypte : 5 fois champion, 5 fois finaliste
Maroc : 0 fois champion, 0 fois finaliste

Tirage au sort :

Messieurs
Groupe A : Tunisie, RD Congo, Nigeria, Libye.
Groupe B : Egypte (tenant), Angola, Cameroun, Gabon.
Groupe C : Algérie, Congo, Maroc, Côte d'Ivoire.
Dame
Groupe A : Côte d'Ivoire, Tunisie, Cameroun, Algérie.
Groupe B: Angola (tenant), Congo, RD Congo, Egypte.
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