Maroc Vert en quête d'un ajustement commercial

Maâti Khazzar, le poumon de la RSS et du Onze national

Père de cinq enfants, Maâti Khazzar vit actuellement à la retraite. Cet ancien joueur, natif du quartier Hay Mohammadi, a fait les beaux jours de l'équipe du RSS avec laquelle il remporta la Coupe du Trône en 1969 avant d'être sacré champion du Maroc en 1971.

28 Décembre 2010 À 16:39

Né en 1945 au Hay Mohammadi à Casablanca, le futur joueur de la RSS puis du Onze national, allait quitter Casablanca dès l'âge de 10 ans pour suivre sa famille à Agadir où son père, fonctionnaire, avait été muté. «C'était en 1953- 54. A Anza, où je poursuivais mes études, cela ne m'empêchait pas de disputer des matches interminables sur la plage et dans les quartiers avoisinants le mien, surtout contre les équipes d'Aghesise et avec le Hassania du temps de feu Hajji», se rappelle avec nostalgie Maâti. En 1960- 61, après le terrible tremblement de terre qui avait frappé la capitale du Sud, le jeune Maâti retourne à Casablanca où, parallèlement à sa scolarité, il signe dans l'équipe de Hay Sinaï en tant que cadet première année sous les ordres de l'entraîneur Hammou puis Lolitch.

C'est d'ailleurs Hammou qui fut le premier initiateur de ce jeune footballeur aux immenses qualités techniques qu'il développe avec nonchalance sur le terrain des cheminots. En 1962- 63, il intègre le Nadi Alam Riadi (NARC) en deuxième division où évoluaient à l'époque le KSNAC, l'OCK, Safi, Beni Mellal, El Jadida, L'Etoile, le Nejm, la RSS et le Moghreb.

«Lors de ces matches disputés sur des terrains nus et par des intempéries, je fus de tous les combats et j'acquis une grande expérience qui me permit d'évoluer physiquement et mentalement», souligne Maâti Khazzar.
Cela ne tarda pas à attirer les sélectionneurs de l'époque qui firent appel à lui en équipe nationale junior de la Chaouia et du Gharb aux côtés de Bouatra, Mustapha, Beggar et Bensalem, entre autres.

«Avec cette équipe, nous disputâmes des rencontres internationales notamment contre la Libye, la Palestine et la Tunisie», se souvient ce footballeur aussi brillant sur un terrain que discret dans sa vie de tous les jours. En 1965- 66, Maâti signe à la Renaissance Sportive de Settat entraînée à l'époque par Abdallah Settati. Il côtoie d'illustres footballeurs tels Slimani, Badda, Nitare, Jabrane et Ghiadi...
«Mon premier match fut contre le Stade Marocain au cours duquel je réussis à inscrire mon premier but face à une équipe où évoluaient à l'époque Raïss, Azzouz, Ramdane, Boutayeb et Chaffaï», rappelle Maâti.

L'année 1966- 67 restera à jamais gravée dans la mémoire de Maâti puisqu'il termine ex aequo avec la RSS aux côtés des FAR et disputa la finale de la Coupe du Trône contre le FUS. Avec l'équipe settatie, Maâti a remporté la Coupe du Trône en 1969 avant d'être sacré champion du Maroc en 1971 sous la conduite de la perle noire Larbi Benbarek. Cette même année, la RSS s'adjugea la Coupe maghrébine. Avec l'équipe nationale, Maâti bourlingua un peu partout à travers les continents.
Ainsi il prit part à plusieurs éliminatoires telles celles des Jeux Olympiques, de la Coupe du monde, de la Coupe d'Afrique, des Jeux méditerranéens d'Izmir, du tournoi de Téhéran en Iran. «Lors de toutes ces éliminatoires, j'eus à affronter la Tunisie, l'Algérie, le Sénégal, le Ghana, l'Egypte, le Niger, la Hongrie, la Bulgarie, l'Autriche et l'Argentine, entre autres», se remémore Maâti. En 354 rencontres disputées, Maâti Khazzar a inscrit 92 buts en championnat, 13 en Coupe du Trône et 2 en équipe nationale ce qui lui fait 107 buts marqués, lors d'une carrière riche en évènements heureux et, surtout malheureux comme cette suspension à vie en 1968 dont Maâti relate les évènements : «C'était une demi-finale de la Coupe du Trône face au RAC arbitrée par Ziani. A un certain moment du match, Hamid du RAC est fauché à l'extérieur de la surface de réparation et Ziani siffle un penalty que nous contestons fermement. Notre président de l'époque Abderrahmane Ghazali nous intima l'ordre de quitter l'aire de jeu. Ce que nous fîmes. Le lendemain, nous apprenions que Slimani, Ghiadi et moi- même étions suspendus à vie. Ce fut la consternation», se rappelle Maâti. «Heureusement, poursuit-il, le regretté Souverain S.M. Hassan II nous gracia au début de la saison suivante», dit avec soulagement Maâti.

L'autre souvenir malheureux fut contre le Youssoufia, match arbitré par Laouissi au Stade Achoud. «Abdelmalek marque un but litigieux. Après plusieurs palabres, ce fut la bagarre générale. Par la suite, j'allais écoper de trois ans de suspension. Là aussi j'allais être amnistié par la suite», conclut Maâti Khazzar qui rappela que Boudraâ, Hanoune et Gabarit avaient écopé également d'un an de suspension pour les deux premiers et de 2 matches pour le troisième.

Père de cinq enfants, Maâti Khezzar vit actuellement à la retraite. Il ne va que
très rarement, pour ne pas dire jamais au terrain : «Le football a perdu de son charme puisque les schémas tactiques ont pris le dessus sur le spectacle. Aujourd'hui, on joue pour ne pas perdre et non pour gratifier le public d'un beau spectacle», estime Maâti.
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