Musique : les titres générés par IA désormais soumis à de nouvelles règles dans les classements MENA
L’Official MENA Chart instaure de nouvelles règles pour encadrer la présence des morceaux produits à l’aide de l’intelligence artificielle générative dans ses classements. Un titre ne pourra être éligible que si l’outil d’IA utilisé est autorisé et licite, si la création reste substantiellement humaine et si aucun soupçon de manipulation des écoutes ne pèse sur lui.
S.Ba.
10 Septembre 2026
À 13:40
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L’intelligence artificielle pourra continuer à participer à la création des morceaux figurant dans les classements musicaux officiels de la région MENA, mais sous conditions. L’Official MENA Chart a annoncé l’adoption de nouveaux principes d’éligibilité destinés à encadrer les enregistrements produits à l’aide de l’intelligence artificielle générative (GenAI).
Le dispositif s’applique également aux classements officiels en Égypte, en Afrique du Nord, en Arabie saoudite et aux Émirats arabes unis. L’objectif affiché est de tracer une frontière entre les œuvres dans lesquelles l’IA constitue un outil au service de la création humaine et les contenus entièrement synthétiques ou produits à partir de modèles d’IA non autorisés.
Trois critères principaux détermineront désormais l’éligibilité d’un morceau utilisant l’IA. Le service d’intelligence artificielle employé doit être autorisé et licite, le titre doit avoir été substantiellement réalisé par un humain et son exploitation ne doit soulever aucune préoccupation liée à une manipulation des écoutes ou des classements.
Le cadre va toutefois plus loin. Les enregistrements concernés doivent respecter les législations applicables, notamment en matière de droits d’auteur, de droits voisins et de droits de la personnalité. Leur production ne doit pas non plus contrevenir aux conditions d’utilisation du service d’IA employé. Enfin, le recours à l’intelligence artificielle générative doit être signalé de manière appropriée aux auditeurs sur les plateformes de diffusion, conformément aux règles applicables et aux normes d’étiquetage du secteur.
Ces principes ont été élaborés par la Fédération internationale de l’industrie phonographique (IFPI) et bénéficient du soutien de plusieurs groupes de l’industrie musicale, dont Sony Music, Universal Music Group et Warner Music Group. Ils interviennent alors que des morceaux conçus au moyen de systèmes d’IA générative circulent déjà sur les plateformes de streaming, certains ayant été produits à partir d’outils entraînés sur des œuvres d’artistes sans autorisation.
« Il est important de continuer à célébrer le succès de ces artistes remarquables, tout en créant l’espace nécessaire à des formes d’innovation nouvelles et émergentes », explique Rawan Al-Dabbas, directrice régionale de l’IFPI MENA. Selon elle, ces nouvelles règles doivent permettre aux classements de continuer à refléter « une véritable réussite artistique », tout en autorisant le recours à des services d’IA générative dûment autorisés.
La démarche s’accompagne d’un autre chantier : l’identification des morceaux ayant recours à cette technologie. Des créateurs et entreprises de l’industrie musicale ont récemment adopté une approche commune d’étiquetage volontaire distinguant les contenus « générés par IA » de ceux « assistés par IA », afin d’informer plus clairement les utilisateurs des plateformes de streaming.
L’IFPI ne ferme donc pas la porte à l’intelligence artificielle dans la production musicale. Elle cherche plutôt à en encadrer l’usage dans les classements, en faisant de l’apport humain, du respect des droits et de l’authenticité des écoutes les conditions centrales pour qu’un morceau puisse y être reconnu.