«Palestiniennes» : Belmou et Ajmaa unissent leurs arts contre le génocide et l’oubli
À travers le recueil «Palestiniennes», le poète Mohamed Belmou et l’artiste Mustapha Ajmaa font dialoguer le vers et le trait. Publié aux éditions Dar Al-Manahil à Rabat, cet ouvrage de 109 pages se dresse comme un rempart artistique face à la tragédie d’un peuple, plaçant la femme palestinienne au cœur d’un témoignage nécessaire et d’une esthétique de la résistance.
LE MATIN
14 Mars 2026
À 23:47
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C’est à travers des lettres et des mots que Mohamed Belmou et Mustapha Ajmaa se sont unis, chacun à sa manière, pour exprimer leur amour indéfectible pour la Palestine : ce nom marqué par les blessures, où les larmes se mêlent au sang et à la dévastation. Ensemble, ils proclament la persévérance et l’espoir de libération comme seules voies possibles. Ici, l’écriture devient un acte de résistance face aux vestiges de l’oubli, et les mots, de véritables armes contre le génocide.
C’est dans ce contexte qu’un recueil de poésies et d’art intitulé «Palestiniennes» voit le jour. Les poésies de Mohamed Belmou y dialoguent avec les calligraphies et les dessins de Mustapha Ajmaa, offrant un témoignage vibrant sur le sort de la Palestine en tant que patrie, peuple et esprit. Un hommage particulier est rendu aux femmes palestiniennes : véritables piliers de la résistance, elles sont ici célébrées comme le berceau d’un peuple confronté à l’extermination, sous le regard d’un monde dénoncé pour sa complicité et son silence. Ce livre de petit format de 109 pages, publié par les éditions Dar Al-Manahil à Rabat, se compose de huit textes puissants : «Cent jours des morts», «Assiettes volantes», «Courrier des cadavres», «Vous n’arrêterez pas votre feu», «L’enfant migrant», «La vision du peuple de la caverne et de la lumière», «Prétentieux, je mène les caravanes des morts» et «Femmes palestiniennes». Dans son introduction à l’ouvrage, le critique Mohamed Dihaji souligne la force de cette collaboration : «Il n’y a aucun doute que l’association de la poésie et des arts plastiques au sein d’une même œuvre constitue une union artistique qui mêle la beauté du langage à la structure visuelle, créant ainsi une expérience artistique complète et unique».
Pour Dihaji, ce dialogue transcende les frontières traditionnelles. La valeur de l’œuvre réside dans ce jeu entre les mots et les illustrations, ces dernières jouant un rôle essentiel en amplifiant le sens et en transmettant ce que le langage seul peine parfois à exprimer. L’harmonie entre les vers et les dessins correspondants offre une compréhension visuelle active, rendant l’expérience de lecture particulièrement riche.
Ainsi, la fusion de la poésie et de la peinture, à travers le pont thématique de la cause palestinienne, confère au recueil une portée globale. Cette union enrichira inévitablement l’interaction du lecteur avec le texte, créant une expérience littéraire profonde qui dépasse les barrières linguistiques pour entrer dans un univers de pure sensation et de beauté engagée.