Culture

L’Arabie saoudite déploie ses ambitions littéraires à au SIEL 2026

Au SIEL 2026, le pavillon saoudien attire l’attention par une présence soignée où se croisent auteurs, institutions et dialogues d’idées. Entre tradition littéraire et ouverture contemporaine, le Royaume y met en avant une scène éditoriale en pleine évolution, portée par la Commission de la littérature, de l’édition et de la traduction relevant du ministère de la Culture d’Arabie saoudite.

06 Mai 2026 À 15:05

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Alors que la brise de l’Atlantique souffle sur le Salon international de l’édition et du livre (SIEL) 2026, un parfum de bois d’Oud et de papier fraîchement imprimé semble s’échapper du pavillon saoudien. Dans une Rabat auréolée de son titre de Capitale mondiale du livre par l’Unesco, Riyad ne se contente pas de figurer parmi les exposants : le Royaume y affirme une présence culturelle soigneusement mise en scène. Le pavillon, piloté par la Commission de la littérature, de l’édition et de la traduction relevant du ministère de la Culture d’Arabie saoudite, se présente comme un pont entre la tradition séculaire de la péninsule et une modernité en pleine affirmation. L’espace saoudien dévoile cette année une dynamique nouvelle. Quatorze auteurs, choisis pour refléter le renouveau des lettres saoudiennes, y présentent des œuvres allant de la poésie lyrique aux essais contemporains.
Pour le Dr Abdullatif Alwasel, directeur général de la Commission, l’enjeu dépasse la simple promotion d’ouvrages. «Ce pavillon est une invitation adressée au monde pour découvrir la profondeur de notre pensée créative», explique-t-il. Dans ses propos transparaît la volonté de faire de l’écosystème culturel saoudien un moyen d’inscrire durablement ses productions intellectuelles dans les échanges internationaux.

Le dialogue des idées

Le SIEL 2026 n’est pas seulement une foire commerciale ; c’est aussi un espace de réflexion. Entre les rayonnages, le programme saoudien se distingue par une série de tables rondes et de soirées poétiques où le dialogue prime sur l’exposition. Les échanges entre intellectuels saoudiens et marocains, notamment autour des enjeux de la traduction et de la numérisation, traduisent une volonté de collaboration culturelle accrue. La transformation numérique, axe majeur de la Commission depuis sa création en 2020, se lit également dans l’organisation du pavillon, qui interroge la manière dont les nouvelles technologies accompagnent une industrie du livre en pleine mutation. En réunissant plusieurs institutions publiques autour de cet espace, la présence saoudienne illustre la place croissante accordée à la culture dans les orientations nationales du Royaume.

Un enjeu de soft power

La présence remarquée de l’Arabie saoudite à Rabat cette année n’a rien d’anodin. Alors que la capitale marocaine attire l’attention internationale sous l’égide de l’Unesco, le Royaume saisit cette tribune pour affirmer son positionnement culturel. Au-delà des enjeux économiques, il s’agit aujourd’hui de faire entendre des voix littéraires capables de toucher un public international. Alors que le salon se poursuit jusqu’au 10 mai, le pavillon saoudien s’impose comme l’un des espaces les plus fréquentés de cette 31e édition, rappelant qu’au-delà des frontières, les livres continuent de voyager librement d’une rive à l’autre.
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