Économie

Al Moutmir : les itinéraires techniques optimisés dopent les rendements des céréales et légumineuses

Porté par l'Université Mohammed VI Polytechnique (UM6P), le programme Al Moutmir dresse un bilan positif de sa campagne agricole 2025-2026. Grâce à ses plateformes de démonstration déployées dans 25 provinces, les agriculteurs ayant adopté des itinéraires techniques optimisés ont enregistré des gains de rendement pouvant atteindre 26% pour les céréales et 42% pour les légumineuses, tout en améliorant la rentabilité de leurs exploitations.

10 Juillet 2026 À 08:45

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Après plusieurs campagnes marquées par la sécheresse, le retour de conditions climatiques plus favorables a permis de mesurer pleinement l'impact des pratiques agricoles innovantes promues par Al Moutmir. L'initiative, portée par l'Université Mohammed VI Polytechnique (UM6P) à travers son Collège de l'Agriculture, a présenté les résultats de son offre de plateformes de démonstration consacrées aux céréales et aux légumineuses pour la campagne 2025-2026.

Déployées dans 25 provinces, ces plateformes constituent de véritables laboratoires à ciel ouvert où sont testés, dans des conditions réelles d'exploitation, des itinéraires techniques intégrés associant fertilisation raisonnée, protection des cultures, gestion de l'eau et accompagnement technique personnalisé. Au total, 1.152 plateformes ont été installées, couvrant huit cultures et bénéficiant directement à plusieurs centaines d'agriculteurs, tandis que plus de 9.400 producteurs ont été formés à travers des écoles aux champs, des journées techniques et des outils numériques.



Les résultats annoncés témoignent d'un gain significatif de productivité. Selon Al Moutmir, les plateformes de démonstration ont permis d'améliorer les rendements de 12 à 42% par rapport aux parcelles conduites selon les pratiques habituelles. Les céréales affichent des gains pouvant atteindre 26%, tandis que les légumineuses enregistrent des progressions allant jusqu'à 42%. Au-delà des volumes récoltés, la rentabilité des exploitations s'est également améliorée, avec des marges bénéficiaires supérieures de 19 à 40% grâce à une meilleure maîtrise des intrants et à une optimisation des coûts de production.

Le programme met également en avant les performances du semis direct, considéré comme un levier stratégique de la transition agroécologique. Durant la campagne 2025-2026, plus de 30.000 hectares répartis dans 21 provinces ont été couverts par cette approche, au bénéfice de plus de 4.300 agriculteurs et de plus de 70 organisations professionnelles, avec la mobilisation de 68 semoirs spécialisés. Plus de 548 plateformes de démonstration ont été consacrées à cette technique afin d'en évaluer les performances sur le terrain.

Si les performances du semis direct n'ont dépassé que de 2 à 6% celles du semis conventionnel cette année, Al Moutmir souligne que ces écarts relativement modestes s'expliquent par une campagne exceptionnellement favorable sur le plan pluviométrique. Selon le programme, cette technique révèle généralement tout son potentiel lors des années de déficit hydrique, en renforçant la résilience des systèmes de production face aux aléas climatiques.

Le bilan n'a toutefois pas été uniforme sur l'ensemble du territoire. Les fortes pluies enregistrées dans les plaines du Gharb et du Loukkos ont provoqué des inondations ayant affecté plusieurs plateformes de démonstration dans les provinces de Kénitra, Sidi Kacem et Larache. Certaines parcelles ont subi des pertes totales de récolte en raison de la submersion prolongée des sols, qui a entraîné une dégradation de leur structure, des maladies racinaires et un lessivage des éléments fertilisants. Malgré ces difficultés localisées, Al Moutmir estime que les résultats nationaux demeurent largement positifs grâce à la bonne répartition des précipitations sur la majorité des bassins de production.

En parallèle de la présentation de ces résultats, la 20ᵉ édition de l'Al Moutmir Open Innovation Lab a réuni, le 9 juillet, près d'une centaine de représentants d'institutions publiques, de centres de recherche, du monde académique, d'organisations professionnelles, de partenaires industriels et d'agriculteurs. Les échanges ont porté sur les perspectives de développement durable des filières céréalières et légumineuses, avec un accent particulier sur le rôle de la recherche scientifique, de l'innovation et du conseil agricole dans l'amélioration durable de la productivité et de la résilience des exploitations.
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